Je fus conduit dans la grande salle où les prêtres avaient pris leur repas du matin. Elle était pour ainsi dire déserte maintenant ; mais Agmahd et Kamen, causant à voix basse et étouffée, restèrent auprès d’une des fenêtres, tandis que deux novices me conduisaient à une place à la table, et m’apportaient des gâteaux à l’huile, des fruits et du lait. C’était étrange pour moi d’être servi par ces jeunes garçons qui ne me parlaient pas et que je regardais avec une crainte respectueuse comme ayant plus d’expérience que moi-même des terribles mystères du temple. Je me demandais, tandis que je mangeais mes gâteaux, pourquoi jusqu’à présent aucun des novices que j’avais vus ne m’avait parlé ; mais, en jetant un regard en arrière sur le court espace de temps que j’avais passé dans le temple, je me souvins que je n’avais jamais été laissé seul avec l’un d’eux. Même maintenant, Agmahd et Kamen demeuraient dans la pièce, si bien que, je le vis, un silence de peur scellait les lèvres des jeunes gens qui me servaient, et j’imaginai que cette peur n’était pas le genre de crainte que pourrait inspirer un maître d’école qui se servirait de ses yeux à la façon des mortels ordinaires, mais plutôt une crainte comme celle que ferait éprouver quelque magicien à double vue qu’on ne saurait tromper. Je ne voyais nulle trace d’expression sur le visage d’aucun de ces jeunes gens. Ils agissaient comme des automates.
L’épuisement qui avait encore envahi mon être disparaissait à mesure que je mangeais, et, quand j’eus terminé, je me levai allègrement pour regarder par la fenêtre et voir si Seboua était dans le jardin. Mais Agmahd s’avança entre moi et la fenêtre et me fixa avec ce regard immuable qui me faisait le redouter si profondément.
« Venez », dit-il. Il se retourna et se mit à marcher. Je le suivis, la tête baissée, et toute ma nouvelle énergie, tout mon espoir disparurent, pourquoi, je ne le savais pas ; je ne pourrais dire pourquoi je regardais la bordure brodée du blanc vêtement, qui semblait glisser si doucement devant moi avec l’impression que je suivais mon destin.
Mon destin ! Agmahd, le prêtre du temple, le vrai chef parmi les grands prêtres. Mon destin !
À sa suite, je traversai de vastes corridors, puis la large galerie qui, de la porte du temple, conduisait au Saint des Saints. Un sentiment d’horreur s’empara de moi à cette vue, malgré les rayons du soleil qui inondaient la galerie à travers le porche et semblaient se railler de ses indicibles ombres. Cependant, si profonde était ma terreur d’Agmahd que, demeuré ainsi seul avec lui, je le suivais en silence avec une parfaite obéissance, et chacun de mes pas hésitants me rapprochait de cette terrible porte, d’où j’avais vu, dans l’obscurité de la nuit, émerger la hideuse forme. Je scrutais la muraille avec la même terreur que pourrait éprouver un esprit tourmenté en face des affreux instruments de sa torture spirituelle. Aussitôt qu’avec les yeux ouverts on considère quelque sort menaçant, il est impossible que le regard n’y demeure pas rivé sans que la crainte même puisse l’en détourner. C’est ainsi que, dans mon aveugle frayeur, je fixais les murs du long corridor qui, dans mon imagination, à mesure que nous nous y enfoncions, me semblaient se refermer sur nous et nous séparer de tout l’univers brillant et superbe, dans lequel j’avais vécu jusqu’alors.
En regardant avec attention ces terribles murailles, j’aperçus, comme nous en approchions, une petite porte qui était placée à angle droit de la porte du sanctuaire. Elle aurait échappé à toute observation qui n’aurait pas été surnaturellement intense ; car l’obscurité, à cette extrémité du corridor, était vraiment profonde, par contraste surtout avec les brillants rayons de soleil que nous avions laissés à l’entrée.
Nous étions près de cette porte. Comme je l’ai dit, elle était à angle droit de la muraille du sanctuaire. Elle en touchait l’entrée, mais elle était dans le mur du corridor.
Il me semblait maintenant marcher sans que mon propre vouloir intervînt ; certainement ma volonté m’aurait ramené en arrière vers la lumière du soleil qui, avec les fleurs, rendait le monde si beau et faisait de la vie une glorieuse réalité et non un rêve hideux dépassant l’imagination.
Pourtant la porte était là, et Agmahd s’arrêta, sa main posée dessus. Il se tourna et me regarda.
« N’ayez point peur, dit-il de sa voix calme, égale. Notre sanctuaire est le centre de notre demeure, et son proche voisinage suffit pour nous remplir de force. »
J’éprouvai la même impression que lorsque la première fois Agmahd m’avait encouragé de la voix. Je levai avec effort mes yeux sur les siens, afin de voir si je trouverais le même encouragement qu’alors sur son magnifique visage. Mais tout ce que je vis fut le calme inexorable de ses yeux bleus ; ils étaient sans pitié ; mon âme frappée de stupeur perçut pleinement en eux à ce moment-là la cruauté de la bête de proie.
Il se détourna et ouvrit la porte ; puis, passant devant moi, il la tint ouverte pour que je pusse le suivre. Je le suivis, oui, bien que mes pas semblassent se dérober sous moi et me conduire aux abîmes.
Nous entrâmes dans une chambre au plafond bas, éclairée par une large fenêtre placée haut dans le mur. Elle était tendue et drapée de riches étoffes ; le long d’un des côtés de la chambre se trouvait une couche basse, en l’apercevant je reculai, pourquoi, je ne sais pas, mais je pensai tout de suite que c’était sur cette couche que j’avais dormi la nuit précédente. Je ne pouvais regarder rien d’autre, quoiqu’il y eût beaucoup de belles choses à regarder, car la chambre était luxueusement ornée. Je m’étonnais seulement, avec un cœur tremblant, que cette couche eût été enlevée de la chambre dans laquelle j’avais dormi.
Tandis que je la regardais, perdu en conjectures, je devins soudain conscient de silence, de silence complet et de solitude.
Je me retournai soudain, alarmé.
Oui ! j’étais seul. Il était parti, Agmahd, le prêtre redouté. Il était parti sans un mot et m’avait laissé dans cette chambre.
Qu’est-ce que cela pouvait signifier ?
J’allai à la porte et essayai de l’ouvrir. Elle était hermétiquement close et barrée.
J’étais prisonnier. Je regardai tout autour de moi les massives murailles de pierre, je levai les yeux vers la haute fenêtre, je songeai au voisinage immédiat du sanctuaire et je me jetai sur le lit en me voilant la face.
J’imagine que je dois être resté étendu là des heures. Je n’osais ni me lever, ni faire le moindre bruit. Je ne pouvais en appeler à rien qu’aux yeux bleus, sans pitié, du prêtre Agmahd. Je gisais sur ma couche, les yeux hermétiquement clos, n’osant envisager l’aspect de ma prison, et priant que la nuit pût ne jamais venir.
C’était encore la première phase du jour, de cela j’étais sûr, bien que ne sachant pas combien de temps j’avais passé dans le jardin avec Seboua. Le soleil était haut et inondait ma fenêtre. Je m’en aperçus quand, après un long temps écoulé, je me retournai et jetai autour de ma chambre un rapide regard alarmé. J’avais l’impression d’une présence, mais, à moins qu’elle ne fût cachée derrière les rideaux, aucune forme visible n’était dans la chambre.
Non, j’étais seul. Et, comme je rassemblais mon courage pour regarder en haut, vers la lumière du soleil qui faisait de ma fenêtre une chose resplendissante, je commençai à réaliser que cette lumière existait encore véritablement et que, en dépit de mes récentes et hideuses expériences, je n’étais rien d’autre qu’un jeune garçon qui aimait l’éclat du soleil.
L’attraction devint très forte, et finalement aboutit à un désir de grimper jusqu’à la haute fenêtre et de regarder. Je ne pourrais pas plus donner de raison de la passion qui me fit désirer si ardemment de le faire, que je n’en saurais donner de la plupart des mouvements curieux et volontaires d’un cerveau d’enfant. En tout cas, je me levai de ma couche, jetant au vent toute terreur de ce qui m’environnait, maintenant que j’avais un but suffisamment enfantin pour m’absorber. La muraille était parfaitement unie ; mais je pensais qu’en me tenant debout sur une table qui était au-dessous de la fenêtre, je pourrais atteindre le rebord, et ainsi me soulever pour voir au dehors. J’eus vite fait de monter sur la table, mais je pouvais à peine atteindre la fenêtre avec les bras étendus. Je m’élançai et, saisissant le rebord, je réussis à me soulever. Je suppose que cette partie de l’entreprise doit avoir été pour moi la partie délicieuse, car certainement je ne m’attendais pas à voir autre chose que les jardins du temple.
Ce que je vis, bien que cela n’eût peut-être rien de très effrayant, calma ma joie.
Les jardins n’étaient pas là. Ma fenêtre donnait sur un petit terrain carré, qui était entouré de hautes murailles nues. C’étaient bien les murailles du temple, mais ce n’étaient pas les murailles extérieures. Le terrain était enclos au cœur même du grand édifice, car je pouvais voir ses colonnes et ses dômes qui s’élevaient au-delà, de chaque côté, et les murailles étaient nues. Je n’aperçus pas d’autre fenêtre que la mienne.
J’entendis soudain un léger bruit dans la chambre et, me laissant vivement retomber, je restai debout sur la table, regardant tout autour, consterné. Le bruit paraissait venir de derrière une double draperie qui recouvrait à moitié un des murs. J’étais sans souffle et, même dans ce plein jour et ce soleil rayonnant, quelque peu effrayé de ce que je pourrais voir. Car je n’avais pas l’idée qu’il y eût aucune autre entrée que la porte par laquelle j’étais venu, de sorte que je n’osais guère m’attendre à une présence humaine favorable !
Ces craintes s’évanouirent bientôt cependant, car la draperie fut légèrement tirée en arrière et un novice en robe noire, que je n’avais jamais vu auparavant, se glissa hors de son abri. Je fus surpris de son allure furtive, mais je n’eus aucune crainte, car il tenait dans sa main une fleur resplendissante du royal lotus blanc. Je sautai de la table et avançai vers lui, mes yeux sur la fleur.
Quand je fus tout près, il parla très bas et vite.
« Cette fleur, dit-il, vient de Seboua. Chérissez-la, mais ne laissez aucun des prêtres la voir. Chérissez-la et elle vous aidera dans les heures où vous aurez besoin d’aide ; et Seboua vous supplie de vous rappeler toutes les paroles qu’il vous a dites et de vous fier par-dessus tout à votre amour pour ce qui est vraiment beau et à vos penchants et répugnances naturels. C’est là le message », dit-il, reculant vers la draperie. « Je risque ma vie ici pour plaire à Seboua. Faites attention de ne jamais venir près de cette porte ni de montrer que vous savez qu’elle existe ; elle donne dans la chambre particulière du grand prêtre Agmahd, dans laquelle nul ne peut entrer qu’au péril d’un effroyable châtiment. »
« Et comment avez-vous traversé ? » demandai-je avec curiosité.
« Ils sont occupés aux cérémonies du matin, tous les prêtres, et j’ai réussi à m’échapper sans être vu pour venir vers vous. »
« Dites-moi, m’écriai-je, le saisissant au moment où il tentait hâtivement de franchir la porte, pourquoi Seboua n’est-il pas venu ? »
« Il ne peut pas ; il est surveillé de très près afin qu’il ne puisse faire aucune tentative pour vous approcher. »
« Mais pourquoi cela ? m’exclamai-je consterné et étonné. » « Je ne sais, dit le novice, arrachant son vêtement à mon étreinte. Rappelez-vous les paroles que j’ai dites. »
Il franchit la porte et la referma promptement derrière lui. Je me trouvai à moitié enveloppé dans la lourde draperie et, aussitôt que je fus revenu de ma stupéfaction causée par cette brusque apparition et disparition, je la soulevai et sortis de ses plis, la fleur dans la main.
Ma première pensée, même avant de me permettre de songer aux paroles dont je devais me souvenir, fut de placer ma précieuse fleur dans un endroit sûr. Je la tenais tendrement, comme si c’eût été la forme animée de quelqu’un que j’aimais, et je regardais anxieusement, autour de moi, me demandant où elle se conserverait tout en étant à l’abri des regards.
Après quelques instants employés à une inspection hâtive, je vis que, juste derrière la tête de ma couche, il y avait un coin où la draperie en tombant laissait un petit espace vide. Je pouvais tout au moins la mettre là pour le moment, elle aurait la place de respirer et ne serait pas vue, à moins qu’on n’écartât la draperie, et cette place derrière mon lit me paraissait moins susceptible qu’aucune autre d’être découverte. Je l’y plaçai en hâte, craignant de la garder à la main, au cas où les cérémonies étant terminées Agmahd entrerait dans ma chambre. Je la cachai donc, et je cherchai alors autour de moi quelque récipient d’eau dans lequel je pourrais la mettre, car je pensais que si je ne lui fournissais pas un peu de cet élément qu’elle aimait si tendrement, elle ne vivrait pas longtemps pour être mon amie.
Je trouvai une petite cruche en terre pleine d’eau et l’y plaçai, me demandant cependant ce que je ferais si les prêtres, découvrant son absence, me la demandaient. Je ne pouvais le dire à l’avance mais j’espérais que si la fleur était découverte, quelque inspiration me viendrait pour éviter de jeter un nouveau blâme sur Seboua ; car, bien que je ne pusse comprendre pourquoi, il était évident qu’il avait été blâmé pour quelque chose à mon sujet.
Je vins m’asseoir sur le lit pour être près de ma fleur aimée. Combien j’aurais désiré pouvoir la placer à la lumière du soleil et jouir de ses beautés !
Et le jour passa de cette manière, personne ne vint près de moi. J’observai le soleil qui s’éloigna de ma fenêtre. J’épiai les ombres du soir descendant sur elle. J’étais toujours seul. Je n’étais pas effrayé. Je ne me souviens pas que la nuit venant ait apporté avec elle aucune agonie de peur. J’étais pénétré d’un calme profond produit par les longues heures d’une journée paisible ou, mieux encore, par la présence de la superbe fleur, car, même cachée, elle était toujours devant mes yeux dans toute sa rayonnante et délicate beauté. Je n’avais aucune des intolérables visions que j’avais été impuissant à éloigner de moi durant la nuit précédente.
Il faisait tout à fait sombre quand la porte qui communiquait avec le corridor s’ouvrit, et Agmahd entra, suivi d’un jeune prêtre qui m’apportait de la nourriture et une coupe pleine d’un sirop étrange au doux parfum. Je n’aurais pas bougé de mon lit, n’eût été mon besoin de nourriture. Je n’y avais pas pensé auparavant, mais j’étais véritablement défaillant de faim. Je me levai donc vivement et, quand le jeune prêtre fut près de moi, je bus d’abord le sirop qu’il m’offrit d’ailleurs le premier, car mon épuisement me devint soudain sensible.
Agmahd me regardait tandis que je buvais. Quand j’eus reposé la coupe, je levai mes yeux vers les siens avec une assurance nouvelle.
« Je deviendrai fou, dis-je hardiment, si vous me laissez dans cette chambre seul. Je n’ai jamais été laissé seul aussi longtemps dans toute ma vie. »
Je parlais sous l’impulsion du moment. Quand j’avais passé de longues heures dans la solitude, elles ne m’avaient pas paru si terribles ; mais maintenant, avec une soudaine appréhension du mauvais côté de cet isolement, j’exprimais mon sentiment.
Agmahd dit au jeune prêtre :
« Posez là les aliments et apportez-moi le livre qui est sur la couche de ma chambre extérieure. »
Il partit pour sa mission. Agmahd ne me dit rien et moi, ayant dit ce que j’avais à dire, et n’ayant pas été anéanti pour cela, comme je m’y attendais presque, je pris sur le plateau un gâteau à l’huile et procédai à mon repas avec satisfaction.
Cinq ans plus tard je n’aurais pas pu braver Agmahd de cette manière. Je n’aurais pas pu manger devant lui en venant de lui parler comme je l’avais fait. Mais, à ce moment-là, j’étais exalté par l’ignorance et l’indifférence de la jeunesse. Je ne pouvais sonder les profondeurs de l’intelligence du prêtre, ni savoir jusqu’où pouvait aller sa froide cruauté. Comment l’aurais-je pu ? J’étais ignorant. Et, de plus, je n’avais pas d’indice de son mode de cruauté, de son but, de son intention. J’étais dans l’ignorance absolue. Mais je savais bien que ma vie dans le temple ne serait pas ce que j’avais pensé qu’elle devait être si elle continuait ainsi, et déjà je caressais des idées d’enfant pour y échapper (même à travers le terrible corridor), s’il me fallait vivre d’une manière aussi misérable. Je me doutais peu combien j’étais strictement gardé.
Agmahd ne dit pas un mot tandis que je mangeais et buvais, et voici que le jeune prêtre ouvrit la porte et entra portant dans ses mains un grand livre noir. Il le posa sur une table qu’Agmahd lui dit de mettre près de mon lit. Une lampe fut alors apportée par lui d’un coin de la chambre et placée sur la table. Il l’alluma et, ceci fait, Agmahd parla :
« Vous ne vous sentirez pas seul si vous regardez dans ce livre. »
Après ces paroles, il se retourna et quitta la chambre, suivi par le jeune prêtre.
J’ouvris le livre aussitôt. Jetant un regard en arrière sur cette époque, il me semble que j’étais tout aussi curieux que la plupart des jeunes garçons ; tout objet nouveau fixait mon attention au moins sur le moment. J’ouvris la couverture noire du volume et jetai un regard sur la première page. Elle était magnifiquement coloriée et je regardai un moment avec plaisir les couleurs avant de commencer à déchiffrer les caractères. Ils ressortaient sur un fond gris d’une manière si vive qu’ils paraissaient tracés en lettres de feu. Le titre était : les Arts et Pouvoirs de la Magie.
Cela n’avait aucun sens pour moi. J’étais un garçon relativement sans instruction, et j’étais étonné qu’Agmahd eût pensé qu’un pareil livre pût être pour moi une compagnie.
Je tournai machinalement les pages. Elles étaient toutes inintelligibles pour moi, en raison même des termes employés, sans parler du sujet. C’était une chose ridicule que de m’avoir envoyé ce livre. Je bâillais dessus considérablement et, le refermant, j’allais m’étendre de nouveau sur ma couche, quand je fus surpris de voir que je n’étais pas seul. De l’autre côté de la petite table sur laquelle étaient mon livre et la lampe, un homme vêtu de noir se tenait debout. Il me regardait attentivement, mais, quand je lui rendis son regard, il sembla s’éloigner. Je me demandais comment il avait pu entrer aussi silencieusement et s’approcher sans bruit aussi près de moi.
L’idylle du Lotus blanc - Livre 1 - Chapitre 6


