Le Serpent, l’Arbre de la Connaissance du Bien et du Mal, et l’Arbre de la Vie, sont tous des symboles transplantés du sol de l’Inde. L’Arasa-Maram, l’arbre banyan, si sacré chez les Hindous, puisque Vichnou, pendant une de ses incarnations se reposa à son ombre et y enseigna à l’humanité la philosophie et les sciences, s’appelle l’Arbre de la Connaissance et l’Arbre de la Vie. Sous l’ombre protectrice de ce roi des forêts, les Gourous enseignent à leurs disciples les premières leçons d’immortalité et les initient aux mystères de la vie et de la mort. On dit que les Yava-ALEIM du Collège Sacerdotal, dans la tradition Chaldéenne, enseignaient aux fils des hommes à devenir comme l’un d’eux. De nos jours, Foh-tchou (737) qui habite dans son Foh-Maëyu, ou temple de Bouddha, au sommet du Kouin-long-sang (738c), la grande montagne, produit ses plus grands miracles religieux sous un arbre nommé en chinois, Sung-Ming-Shü, ou Arbre de la Connaissance et Arbre de Vie, car l’ignorance c’est la mort, et seule la connaissance confère l’immortalité. Ces exploits merveilleux ont lieu tous les trois ans, lorsqu’un immense concours de Bouddhistes Chinois se rassemble en pèlerinage dans ce saint lieu.
Ilda-Baoth, le « Fils des Ténèbres », et créateur du monde matériel, habitait, prétend-on, la planète Saturne, ce qui l’identifie encore mieux avec le Jéhovah des Juifs, qui était lui-même Saturne, suivant les Ophites, lesquels lui refusent son nom Sinaïtique. D’Ilda-Baoth émanent six esprits, qui habitent respectivement avec leur père dans les sept planètes. Celles-ci sont : Tsabaôth, ou Mars ; Adonaïos-Sol (739c) ou le Soleil ; Iao, la Lune ; Eloaios, Jupiter ; Astaphaios, Mercure (l’esprit de l’eau) ; et Horaïos, Vénus (l’esprit du feu) (740c).
Telles que nous les donnons, ces sept planètes ou sphères, sont identiques quant à la description et leurs fonctions avec les Sapta-Loka des Hindous, les sept régions ou sphères, autrement dit, les mondes supérieurs et inférieurs ; car ils représentent les sept sphères cabalistiques.
Pour les Ophites ils appartiennent aux sphères inférieures. Les monogrammes de ces planètes gnostiques sont les mêmes que ceux des Bouddhistes, et ces derniers ne diffèrent que fort peu de ceux des « maisons » astrologiques usuelles. Dans les notes explicatives qui accompagnent le diagramme, les noms de Cerinthus (le disciple de Simon le Magicien), de Menandre et de certains autres gnostiques dont on ne trouve pas les noms dans les ouvrages des Pères, sont souvent mentionnés ; par exemple celui de Parcha (Ferho) (741c).
L’auteur de ce diagramme réclame, en outre, pour sa secte, la plus haute antiquité, en donnant pour preuve, que leurs « ancêtres » bâtirent tous les temples « Dracontia », même ceux d’au-delà « des grandes eaux ». Ils affirment que « Le Juste » qui était le porte-parole de l’Eternel Æon (Christos) envoya, lui-même, ses disciples de par le monde en les mettant sous la double protection de Sigé, (le Silence, le Logos) et d’Ophis, l’Agathodaemon. Sans doute, l’auteur fait allusion à l’expression favorite de Jésus, « soyez sages comme les serpents et inoffensifs comme les tourterelles ». Dans le diagramme, Ophis est représenté comme le Cnuphis ou Kneph égyptien, appelé Dracontia. Il apparaît comme un serpent se dressant sur sa queue, avec une tête de lion, couronnée et auréolée de rayons, qui portent à chaque extrémité une des sept voyelles grecques, le symbole des sept sphères célestes. Cette image est familière à tous ceux qui connaissent les bijoux gnostiques (742) ; elle est empruntée aux Livres Hermétiques égyptiens. La description donnée dans l’Apocalypse, de celui « qui était comme le Fils de l’Homme » avec ses sept étoiles, et qui est le Logos, est une autre représentation d’Ophis.
Sauf dans le changement des noms, le diagramme Nazaréen est identique à celui des Gnostiques, qui, évidemment, lui empruntèrent leurs notions, en y ajoutant quelques noms des systèmes de Basilide et de Valentin. Afin d’éviter des répétions nous les reproduisons plus bas l’un en regard de l’autre.
Nous voyons, donc, que dans la Cosmogonie Nazaréenne les noms des puissances et des génies ont les relations suivantes avec ceux des Gnostiques :
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NAZAREEN |
GNOSTIQUE-OPHITE |
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PREMIERE TRINITE |
PREMIERE UNITE DANS LA TRINITE |
| Le Seigneur Ferho – la vie qui n’est pas la Vie – le Dieu Suprême. La Cause qui produit la Lumière, ou le Logos in abscondifo. L’Eau du Jordanus Maximus. – L’Eau de la Vie, ou Ajar, le principe féminin. L’Unité dans une Trinité, renfermée dans le ISH AMON. | IAO – le nom Ineffable de la Divinité Inconnue ; – Abraxas, et le « Soleil Spirituel et Eternel ». L’Unité renfermée dans l’abîme, Bythos, le principe féminin – le cercle sans bornes, dans lequel se trouvent toutes les formes idéales. De cette Unité émane la… |
| LA SECONDE TRINITE (Manifestation de la Première) | SECONDE TRINITE (Idem) |
| 1. Le Seigneur MANO. – Roi de la Vie et de la Lumière – Rex Lucis. La Première VIE, ou l’homme primitif. | 1. Ennoïa – la pensée. |
| 2. Le Seigneur Jourdain – Manifestation ou émanation de Jourdain Maximus – les eaux de la grâce. La Seconde VIE. | 2. Ophis, l’Agathodæmon. |
| 3. Le Père supérieur – Abatur. La Troisième VIE.
Cette Trinité engendre aussi une Dyade – le Seigneur Ledhoio, et Fétahil, le génie (le premier une émanation parfaite, le second une imparfaite). Le Seigneur Jourdain – « Le Seigneur de tous les Jourdains », manifeste NETUBTO (La Foi, sans les œuvres) (743c). |
3. La Sophia Androgyne – la sagesse ; qui, à son tour – fécondée par la Lumière Divine – donne naissance à
Christos et à Sophia-Achamoth (l’un parfait et l’autre imparfaite) comme émanation. La Sophia Achamoth émane Ilda-Baoth, le Demiurge, qui produit la création matérielle et sans âme. « Les Œuvres sans la Foi » (ou la grâce) (744c). |
En outre, les sept génies planétaires des Ophites, qui émanèrent les uns des autres, se retrouvent dans la religion des Nazaréens, sous le nom des « sept dæmons imposteurs » ou stellaires, qui « tromperont tous les fils d’Adam ». Ce sont Sol ; Spiritus Venereus (le Saint-Esprit dans son aspect matériel) (745c) la mère des « sept stellaires mal disposés », répondant à l’Achamoth des Gnostiques ; Nebu, ou Mercure, « un faux Messie, qui faussera l’ancien culte de Dieu (746c) » ; SIN (ou Luna, ou Shuril) ; KHIYUN (Saturne) ; Bel-Jupiter ; et le septième Nerig, Mars (Codex Nazareus, I, p. 39).
Le Christos des Gnostiques est le chef des sept Æons, les sept esprits de Dieu, de saint Jean ; les Nazaréens ont aussi leurs sept génies, ou bons Æons, dont le chef est Rex Lucis, MANO, leur Christos. Les Sapta Rishis, les sept sages de l’Inde, habitent dans les Sapta-Poura ou les sept cités célestes.
Que trouvons-nous de plus ou de moins dans l’Ecclesia Universelle, jusqu’à l’époque de la Réforme, et dans l’Eglise Romaine Papale après la séparation ? Nous avons comparé la valeur relative de la Cosmogonie hindoue ; de la Cabale Chaldéo-Zoroastrienne-Judaïque ; ainsi que celle des prétendus Hérétiques. Un diagramme exact de la religion Judaïco-CHRETIENNE fournirait la meilleure preuve de l’identité des deux ; on dépense annuellement des sommes énormes pour faire adopter cette religion par les païens qui l’ont fournie à l’origine ; toutefois la place nous manque pour le faire et nous jugeons inutile de prouver ce qui a déjà été surabondamment démontré.
Dans les bijoux Ophites des Gnostics de King() (747c), nous trouvons, souvent répété, le nom de Iaô, et confondu avec celui de Ievo, tandis que celui-ci représente simplement un des génies antagonistes d’Abraxas. Nous donnerons sans plus tarder l’explication de ce nom afin qu’on ne le confonde pas avec le nom de Jéhovah juif. Il nous semble fort étrange que tant de savants archéologues aient si peu insisté pour prouver qu’il y a plus d’un Jéhovah, et qu’il a commencé avec Moise. Iaô est, sans contredit, un des titres de l’Etre Suprême, et appartient en partie au Nom Ineffable ; mais son origine ne date pas de la nation juive et elle n’en peut pas non plus revendiquer la propriété. Même s’il avait plu à Moise de donner ce nom à « l’Esprit » tutélaire, le protecteur et la divinité nationale du « peuple élu d’Israël », il n’y a pas de raison pour que d’autres peuples soient obligés de Le reconnaître comme le Dieu Suprême et Unique. Mais nous nions d’emblée cette supposition. En outre, il est un fait que Yaho ou Iaô était dès le début un « nom des mystères » ; הוהי et הי ne furent jamais employés avant l’époque du roi David(). Avant son temps, peu ou point de noms propres ne furent composés avec les syllabes de iah ou yah. Il semblerait plutôt, que David(), ayant séjourné chez les Tyriens et les Philistins (II. Samuel()) en ait apporté ce nom de Jéhovah. Il nomma Zadok grand-prêtre, et c’est de là que vint le nom de Zadokites ou Saducéens. Il vécut et régna en premier lieu à Hébron ןורבח , Habir-on, ou cité Habirienne, où l’on célébrait le rite des quatre (dieux des mystères). Ni David(), ni Salomon ne reconnurent Moise et ils n’acceptèrent pas non plus sa loi. Ils aspiraient à élever un temple à הוהי , comme les édifices érigés par Hiram à Hercule et Vénus, Adon et Astarté.
Voici ce que dit Furst : « Le très ancien nom de Dieu, Yâho… en grec Ιαω, à part son étymologie, paraît avoir été un ancien nom mystique de la Divinité Suprême des Sémites. (C’est ainsi qu’il fut révélé à Moise pendant son initiation à HOR – EB. – la caverne, sous la direction de Jethro, le Prêtre Caïnite de Midian). Dans une ancienne religion (les Chaldéens, dont on trouve les restes chez les Néo-Platoniciens, la divinité suprême intronisée au-dessus des sept ciels, représentant le Principe Spirituel de la Lumière [nous] (748c) et conçu également, comme le Demiurge (749c), était appelée Ιαω (750c) והי qui, de même que le Yâho des hébreux, était mystérieux ; on ne devait pas en faire mention et son nom n’était communiqué qu’aux initiés… Les Phéniciens avaient un Dieu Suprême dont le nom était (litera trina) trilitéral et secret, et il était Ιαω, (751c). »
Mais tandis que Furst maintient que ce nom est d’origine sémitique, il y a d’autres savants qui le font remonter plus loin que lui, et le classent bien au-delà des Caucasiens.
En sanscrit nous avons Jah et Jaya, ou Jaa et Ja-ga, et cela éclaire d’une vive lumière l’origine de la célèbre fête du char de Jagan-nâth, appelé communément Jaggernâth. Yavhe signifie « celui qui est » et le Dr Spiegel fait même remonter le nom Persan de Dieu, Ahura, à la racine ah (752c) qu’on prononce en sanscrit as, respirer, et asu devint, alors, par la suite le synonyme « d’Esprit » (753c). Rawlinson est fermement d’opinion que la mythologie primitive de Babylone a subi une influence Aryenne ou Védique. Nous avons donné, il n’y a pas longtemps, les preuves les plus indéniables de l’identité de Vichnou et de Dagon. On peut en dire autant du titre de Ιαω, et sa racine sanscrite se retrouve dans tous les pays. JU ou Jovis est le plus ancien nom latin pour Dieu. « En tant que mâle, c’est Ju-piter, ou Ju, le père, pitär étant le mot sanscrit pour père ; féminin c’est Ju – non ou Ju la consolatrice – הוי étant le mot phénicien pour le repos, le réconfort (754). » Le professeur Max Muller dit que, quoique Dyaus, le firmament, ne se trouve pas en langage sanscrit ordinaire, au masculin, on le trouve néanmoins dans le Véda, « ce qui est la preuve du culte primitif Aryen de Dyaus, le Zeus des Grecs » (The Veda).
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