Blavatsky – Isis Dévoilée – Volume 1 – Chapitre XV – L'INDE BERCEAU DE LA RACE
| Partie 1 | Partie 2 | Partie 3 | Partie 4 | Partie 5 | Partie 6 | Partie 7 |
| Partie 8 | Partie 9 | Partie 10 | Partie 11 | Partie 12 | Partie 13 |
Nous avons déjà vu que suivant les traditions universelles, acceptées par tous les peuples de l’antiquité il y a eu plusieurs races d’hommes antérieures à nos races actuelles. Chacune de ces races était distincte de celle qui l’avait précédée ; et chacune disparaissait dès que la suivante faisait son apparition. Dans Manou se trouvent clairement mentionnées six de ces races comme s’étant succédé l’une après l’autre.
« De ce Manou Svayambhouva [le moindre, et correspondant à Adam Kadmon], issu de Svayambhou, ou l’Etre existant par lui-même, descendent six autres Manous [hommes symbolisant les aïeux], et chacun d’eux donna naissance à une race d’hommes… Ces Manous, tout puissants, desquels Svayambhouva est le premier, ont chacun, dans son époque, (anfara), produit et dirigé ce monde composé d’êtres mobiles et immobiles ». (Manou, liv. 1).
Dans le Siva Pourana (574b) l’auteur s’exprime ainsi :
« O Siva, toi, dieu du feu, puisses-tu détruire mes péchés, comme l’herbe sèche de la jungle est détruite par le feu. C’est sous ton souffle puissant qu’Adhima [le premier homme] et Heva [le complément de la vie, en sanscrit], les ancêtres de cette race d’hommes ont reçu la vie et couvert le monde de leurs descendants ».
Il n’existait aucune communication avec cette belle île par mer, mais des passages souterrains, connus uniquement des chefs, communiquaient avec elle dans toutes les directions. La tradition parle de beaucoup de majestueuses ruines de l’Inde, Ellora, Elephanta, et les cavernes d’Ajunta (chaîne de Chandor), qui appartenaient autrefois à ces collèges, et avec lesquels ces voies souterraines étaient reliées (575). Qui pourra affirmer que l’Atlantide disparue, mentionnée aussi dans le Livre Secret, mais encore sous un autre nom prononcé dans le langage sacré, n’existait pas encore à cette époque ? Le grand continent disparu pourrait peut-être avoir été situé au Sud de l’Asie s’étendant de l’Inde à la Tasmanie (576). Si l’hypothèse si contestée aujourd’hui et même niée par quelques éminents auteurs qui la considèrent comme une plaisanterie de Platon, se trouve jamais vérifiée, peut-être alors les savants croiront-ils que la description du continent habité par les dieux n’était pas tout à fait une fable. Et ils comprendront alors que les insinuations voilées de Platon, et le fait d’en attribuer la relation à Solon et aux prêtres Egyptiens, n’était qu’une façon prudente de communiquer le fait au monde en combinant adroitement la vérité avec la fiction ; il se libérait ainsi de la responsabilité d’une histoire que les obligations imposées par son initiation lui interdisaient de divulguer.
Et comment le nom d’Atlanta lui-même aurait-il été inventé par Platon ? Atlanta n’est pas un nom grec, et sa construction n’a rien en elle-même d’hellénique. Brasseur de Bourbourg a essayé de le démontrer il y a des années, et Baldwin, dans son livre : Prehistoric Nations and Ancient America cite cet auteur, qui déclare que les mots Atlas et Atlantique n’ont pas d’étymologie satisfaisante dans un langage européen quelconque. Ils ne sont pas Grecs, et ne peuvent être rattachés à aucune langue connue de l’ancien monde. Mais dans le langage Nahualt [ou Toltec] nous trouvons immédiatement le radical a, atl, qui signifie eau, guerre, et le sommet de la tête… De là dérivent une foule de mots, tels que Atlan, sur le rivage de, ou parmi l’eau ; d’où naturellement nous avons l’adjectif Atlantique. Nous trouvons aussi Atlaca, combattre… Une cité nommée Atlan existait lorsque le continent fut découvert par Christophe Colomb, à l’entrée du golfe d’Uraba, dans le Darien, avec une bonne rade. Elle est maintenant réduite à un pueblo [village] peu important, nommé Acla (577).
N’est-il pas extraordinaire, pour ne pas dire plus, de trouver en Amérique une ville, mentionnée sous un nom qui contient un élément purement local, étranger d’ailleurs à toute autre contrée, dans la prétendue fiction d’un philosophe qui vivait 400 ans avant Jésus-Christ ? On pourrait en dire autant du nom d’Amérique, qu’il serait plus juste de rapporter au mont Merou, le mont sacré, au centre des sept continents, d’après la tradition hindoue, qu’à celui d’Amerigo Vespucci. Nous avons les raisons suivantes en faveur de notre thèse :
1 – « Améric, Amérrique ou Amérique est le nom donné dans le Nicaragua à une chaîne de montagnes ou hauts plateaux, qui se trouvent entre Juipalpa et Libertad, dans la province de Chontales, et qui s’étendent d’un côté sur le territoire des Indiens Carcas et de l’autre sur celui des Indiens Ramas (578) ».
Ic ou ique comme terminaison a la signification de grand, comme Cacique, etc…
Christophe Colomb, dans son quatrième voyage mentionne le village de Cariai, probablement Caîcai. Cette localité était remplie de sorciers ou hommes de médecine ; et c’était la région de la chaîne Améric, haute de 3.000 pieds.
Toutefois il omet d’en mentionner le nom.
Le nom America Provincia parut pour la première fois sur une carte publiée à St-Dié en 1507. Jusqu’à cette date, on avait cru que cette région faisait partie de l’Inde. Cette année-là, le Nircaragua fut conquis par Gil Gonzales de Avila.
2 – « Les northmen qui visitèrent le continent au Xème siècle (579), trouvèrent une côte, plate et basse, couverte d’épaisses forêts, qu’ils nommèrent Markland de Mark forêt. La lettre r devait être roulée comme dans marrick. On trouve un nom analogue dans la région de l’Himalaya, et le nom de Montagne du Monde. Merou, est prononcé Meruah dans certains dialectes avec la lettre h fortement aspirée. L’idée qui se présente naturellement à l’esprit est de rechercher comment deux peuples peuvent avoir accepté un mot d’une consonance semblable, en l’employant chacun dans leur propre sens, et en l’appliquant au même territoire.
« Il est fort plausible, dit le professeur Wilder, que l’Etat de l’Amérique Centrale où nous trouvons le nom Americ « qui signifie [de même que le mot hindou Merou] grande montagne, ait donné son nom à ce continent. Vespucci lui aurait donné son nom de famille s’il avait eu l’intention de donner un titre à un continent. Si la théorie de l’abbé Brasseur de Bourbourg, donnant Atlan comme la racine d’Atlas et d’Atlantique, était reconnue exacte, les deux hypothèses pourraient parfaitement s’accorder. Comme Platon n’a pas été le seul écrivain qui ait parlé du monde au-delà des colonnes d’Hercule et comme l’Océan est encore peu profond et porte des plantes marines sur toute la partie tropicale de l’Atlantique, il n’est nullement étrange d’imaginer que ce continent s’élevait là, ou qu’il y avait un monde insulaire sur cette côte. Le Pacifique aussi offre des indices qui font penser qu’il a été le populeux empire insulaire des Malais ou des Javanais sinon un continent entre le Nord et le Sud. Nous savons que la Lémurie dans l’Océan Indien est un rêve des savants ; et que le Sahara et le désert qui coupe l’Asie au milieu furent probablement une fois le fond de mers ».
Pour continuer la tradition, nous devons ajouter que la classe des hiérophantes était divisée en deux catégories distinctes : celle qui avait été instruite par « les fils de Dieu » de l’Ile et initiée dans la doctrine divine de la révélation pure, et celle qui habitait l’Atlantide disparue, si tel doit être son nom ; celle-ci, étant d’une autre race, était née avec une vue qui embrassait toutes les choses cachées, et était indépendante des lois de la distance aussi bien que des obstacles matériels. En un mot, ceux-ci appartenaient à la quatrième race d’hommes, mentionnée dans le Popul Vuh, dont la vue était illimitée et qui savaient toutes choses aussitôt. C’était, peut-être, ce que nous appellerions maintenant des médiums naturels de naissance, qui n’avaient ni à lutter ni à souffrir pour obtenir leurs connaissances, qu’ils acquéraient sans aucun sacrifice. C’est pourquoi, tandis que les premiers marchaient sur les traces de leurs divins instructeurs, et, acquérant par degrés leur science, apprenaient en même temps à discerner le mal du bien, les adeptes de naissance de l’Atlantide suivaient aveuglément les insinuations du grand et invisible « Dragon », le roi Thevetat (le serpent de la Genèse ?). Thevetat n’avait ni appris ni acquis ses connaissances, mais, pour emprunter une expression du Dr Wilder relativement au Serpent tentateur, il était « une sorte de Socrate qui savait sans avoir été initié ». Ainsi, sous les mauvaises inspirations de leur démon, Thevetat, la race de l’Atlantide devint une nation de magiciens mauvais. Par suite de cela, une guerre fut déclarée, dont l’histoire serait trop longue à raconter ; la substance de ce récit se trouve dans les allégories dénaturées de la race de Cain, les géants, et de celle de Noe(), et de sa famille juste. Le conflit se termina par la submersion de l’Atlantide ; celle-ci a été imitée par les récits des déluges Babylonien et Mosaïque : les géants et les magiciens moururent « ainsi que toute chair, et tout homme ». Tous, sauf Xisuthrus et Noe(), qui, en substance, étaient identiques au grand Père des Thlinkitiens dans le Popul Vuh, ou livre sacré des Guatemaliens, qui raconte aussi qu’il se sauva dans une grande barque, comme le Noe() hindou, Vaivasvata.
Si nous devons en croire la tradition, il faut ajouter foi à l’histoire qui suit, d’après laquelle des alliances entre les descendants des hiérophantes de l’île et ceux du Noe() Atlante est issue une race mixte d’hommes justes et de méchants. D’une part, le monde eut ses Enoch(s), ses Moise(s), ses Gautama-Boudhas, ses nombreux « Sauveurs », et ses grands hiérophantes ; d’autre part, il eut ses « magiciens naturels » qui, n’étant pas retenus par le pouvoir de lumières spirituelles, et à cause de la faiblesse des organisations physiques et mentales, profanèrent involontairement leurs précieux dons en de mauvais usages. Moise n’eut pas une parole de blâme pour ces adeptes de la prophétie et autres facultés qui avaient été instruits dans les collèges de la sagesse ésotérique, mentionnés dans la Bible (580b). Ses anathèmes étaient réservés pour ceux qui, sciemment ou non, dégradaient le pouvoir qu’ils avaient hérité de leurs ancêtres Atlantes, en le mettant au service de mauvais esprits, pour nuire à l’humanité. Sa colère s’enflammait contre l’esprit de Ob et non pas contre celui de OD (581b1) (581b2) (581b3) (581b4) (581b5).
Les ruines qui couvrent les deux Amériques, et que l’on trouve dans beaucoup d’îles des Indes Occidentales sont toutes attribuées aux Atlantéens submergés. Comme le faisaient les hiérophantes de l’ancien monde, lequel, au temps de l’Atlantide, était relié au nouveau par une langue de terre, les magiciens de la contrée aujourd’hui engloutie, avaient un réseau de passages souterrains courant dans toutes les directions. Parlant de ces mystérieuses catacombes nous donnons ci-après une curieuse histoire, qui nous a été racontée par un Péruvien, mort depuis longtemps, au cours d’un voyage fait ensemble à l’intérieur de son pays. Il doit y avoir du vrai dans ce récit, car il nous a été confirmé plus tard par un Italien qui avait vu les lieux, et qui, s’il n’en avait été empêché faute de moyens et de temps, aurait vérifié lui-même le fait, du moins en partie. Cet Italien tenait la chose d’un vieux prêtre, auquel le secret avait été divulgué en confession par un Indien du Pérou. Nous pourrions ajouter, que le prêtre fut forcé d’en faire la révélation, parce qu’il se trouvait à ce moment complètement sous l’influence magnétique du voyageur.
Lire la suite … partie 6


