PHÉNOMENES PSYCHO-PHYSIQUES – partie 7

Blavatsky – Isis Dévoilée – Volume 1 – Chapitre VI – PHÉNOMENES PSYCHO-PHYSIQUES

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Déjà, en 1856, un homme considéré alors comme un savant, le Dr Jobard de Paris, avait certainement les mêmes idées que les auteurs de Unseen Universe au sujet de l’éther, lorsqu’il étonna la Presse et le monde scientifique par la déclaration suivante : « J’ai fait une découverte qui m’effraye : Il y a deux sortes d’électricités ; l’une brutale et aveugle, est produite par les métaux et les acides ; » (La purgation grossière). « l’autre est intelligente et CLAIRVOYANTE ! … L’électricité s’est dédoublée dans les mains de Galvani, Nobili et Matteuci. La force brutale du courant a suivi Jacobi, Bonelli et Moncal, tandis que la force intelligente s’est rangée du côté de Bois-Robert, Thilorier et du chevalier Duplanty. La boule électrique ou électricité globulaire contient une pensée qui n’obéit point à Newton() ni à Mariotte, et ne suit que ses propres impulsions. Nous avons, dans les Annales de l’Académie, des milliers de preuves de L’INTELLIGENCE de l’étincelle électrique. Mais je m’aperçois que je deviens indiscret. Un pas de plus et j’allais vous dévoiler la clé qui nous permettra de contempler l’esprit universel (322). »

Ce qui précède, ajouté aux étonnantes confessions de la science et à ce que nous venons de citer de l’Unseen Universe, jette un jour nouveau sur la sagesse des âges depuis longtemps disparus. Dans un des chapitres précédents nous avons fait allusion à une citation de la traduction des Anciens Fragments par Cory dans laquelle on voit qu’un des Oracles Chaldéens exprime exactement la même idée sur l’éther et dans un langage qui ressemble à celui des auteurs d’Unseen Universe. Il dit que toutes choses dérivent de l’æther et que toutes y retourneront ; que les images de toutes choses y sont imprimées de façon indélébile, et qu’il est l’entrepôt des germes et des restes de toutes les formes visibles et même des idées. On dirait que cette circonstance corrobore singulièrement notre assertion que quelles que soient les découvertes que l’on fasse aujourd’hui, elles ont été devancées de plusieurs milliers d’années, par nos « candides ancêtres. »

Au point où nous sommes parvenus, l’attitude prise par les matérialistes à l’égard des phénomènes psychiques étant parfaitement définie nous pouvons affirmer sans crainte que si la clé du problème était posée au seuil de « l’abîme », pas un de nos Tyndalls daignerait se baisser pour la ramasser.

Combien timides paraîtraient à certains Cabalistes ces vains efforts pour résoudre le GRAND MYSTÈRE de l’éther universel ; Quoique bien en avance sur tout ce que les philosophes contemporains ont proposé, les théories mises en avant par les intelligents observateurs de l’Unseen Universe étaient déjà une science familière pour les maîtres de la philosophie hermétique. Pour eux l’éther n’était pas un simple pont reliant les côtés visibles de l’univers, mais en traversant son arche, leur pied hardi suivait la route qui conduit aux portes mystérieuses, que nos penseurs modernes ne veulent ou ne peuvent pas ouvrir.

Plus les recherches des explorateurs modernes sont profondes et plus ils se trouvent en présence des découvertes des anciens. Élie de Beaumont, l’éminent géologue français, ose-t-il risquer une allusion à la circulation terrestre, relativement à quelques éléments de la croûte de la terre, il se trouve devancé par les anciens philosophes. Si nous demandons aux technologistes distingués quelles sont les plus récentes découvertes, au sujet de l’origine des dépôts métallifères, nous voyons l’un d’eux, M. Sterry Hunt, en nous prouvant comment l’eau est le dissolvant universel, énoncer la doctrine professée et enseignée par Thales il y a plus de deux douzaines de siècles, à savoir que l’eau est le principe de toutes choses. Puis, le même professeur, s’appuyant sur l’autorité de de Beaumont, nous expose la circulation terrestre et les phénomènes chimiques et physiques du monde matériel. Tout en lisant avec plaisir qu’il « n’est point disposé à admettre que, dans les procédés chimiques et physiques, réside tout le secret de la vie organique« , nous notons avec encore plus de satisfaction la loyale confession suivante : « À bien des égards, nous pourrions comparer les phénomènes du monde organique à ceux du règne minéral ; et nous apprenons en même temps que ces deux domaines sont tellement connexes et dépendants l’un de l’autre, que nous commençons à entrevoir une certaine vérité dans les connaissances de ces philosophes de l’antiquité, qui étendaient au monde minéral la notion d’une force vitale, ce qui les amenait à parler de la terre comme d’un grand organisme vivant, et à considérer les divers changements dans son air, ses eaux et ses gouffres rocheux, comme autant de processus appartenant à la vie de notre planète. »

Toute chose en ce monde doit avoir un commencement. Les savants ont poussé dernièrement les choses si loin, en matière de préjugé, qu’il est étonnant que l’on ait fait cette concession à la philosophie de l’antiquité. Les pauvres, honnêtes éléments primordiaux sont depuis longtemps exilés, et nos ambitieux hommes de science luttent à l’envi pour décider qui ajoutera un élément de plus à la couvée fraîche éclose des soixante-trois (ou plus) corps simples. En attendant, une véritable guerre se livre en chimie au sujet du vocabulaire. On nous conteste le droit de nommer ces substances des « éléments chimiques », parce qu’elles ne sont pas des « principes primordiaux, ou des essences indépendantes dont est formé l’univers (323) ». Ces idées associées au mot élément étaient assez bonnes pour « l’ancienne philosophie de la Grèce » mais la science moderne les repousse ; car, comme le dit M. Cooke, ce sont des « termes maladroits », et la science expérimentale « ne veut rien avoir à faire avec aucune espèce d’essences sinon celles que nous pouvons voir, sentir ou goûter. » Elle ne veut connaître que celles qu’on peut mettre sous les yeux, sous le nez ou dans la bouche ! Elle abandonne les autres aux métaphysiciens.

Aussi, quand Van Helmont nous dit que « bien qu’il soit possible de convertir artificiellement en eau une portion homogène de la terre élémentaire – tout en niant que la nature seule puisse le faire car nul agent naturel n’a le pouvoir de transformer un élément en un autre » ; Lorsqu’il donne pour raison que les éléments restent toujours les mêmes, nous devons croire qu’il est, sinon un ignorant, tout au moins un disciple attardé de la « philosophie surannée de l’ancienne Grèce ». Ayant vécu et étant morts dans la bienheureuse ignorance simples futurs, qu’auraient bien pu faire des soixante-trois corps lui ou son maître Paracelse ? Rien, naturellement, que des spéculations métaphysiques folles, présentées dans l’inintelligible jargon commun à tous les alchimistes de l’antiquité et du moyen âge. Néanmoins, en comparant les notes, nous trouvons ce qui suit dans le plus récent ouvrage sur la chimie moderne : « L’étude de la chimie a révélé une classe extraordinaire de substances, d’aucune desquelles on n’a pu extraire par un procédé chimique quelconque une deuxième substance pesant moins qu’elle. Il n’est point de processus chimique par lequel nous puissions tirer du fer, une substance pesant moins que le métal qui a servi à la produire. En un mot, du fer nous ne pouvons extraire que du fer (324). » Il apparaît en outre, suivant le professeur Cooke, qu’ « il y a soixante-quinze ans, on ne savait pas qu’il y eût une différence » entre les substances élémentaires et les substances composées, car dans l’antiquité les alchimistes n’avaient jamais conçu que « le poids est la mesure de la matière, et que, mesuré de la sorte, aucune matière ne se perd, mais au contraire, ils croyaient que dans des expériences (325) de ce genre, les substances employées subissaient une transformation mystérieuse… En un mot « on a gaspillé des siècles en vaines tentatives, pour transformer en or les métaux plus vils ».

Le professeur Cooke, si compétent en matière de chimie moderne, est-il aussi informé sur ce que savaient ou ne savaient pas les alchimistes ? Est-il certain de comprendre le sens du jargon des alchimistes ? Nous ne le sommes pas. Mais comparons ses idées exprimées ci-dessus avec de simples phrases écrites en anglais clair, quoique ancien, et tirées des traductions de Van Helmont et de Paracelse. Nous apprenons, par leurs propres indications, que l’Alkahest provoque les transformations suivantes :

« 1° L’alkahest ne détruit jamais les vertus séminales des corps qu’il a dissous ; Ainsi, par son action l’or est réduit en un sel d’or, l’antimoine en un sel d’antimoine, etc., ayant les mêmes vertus séminales, ou caractères, que la matière concrète originale ; 2° Le sujet exposé à son action est converti en ses trois principes, sel, soufre et mercure, et après, en sel seulement, qui devient volatil ensuite et se transforme, à la longue, entièrement en eau claire ; 3° Tout ce qu’il dissout peut être rendu volatil au bain de sable chaud ; et si, après avoir volatilisé le dissolvant, il en est extrait par distillation, le corps reste pur, sous forme d’eau insipide, mais toujours en quantité égale à son soi originel. »

Plus loin, nous constatons que Van Helmont, l’ancien, affirme que ce sel dissout les corps les plus réfractaires, en substances ayant les mêmes vertus séminales, « d’un même poids que la matière dissoute » ; et il ajoute : « Ce sel, lorsqu’il a été distillé plusieurs fois (ce que Paracelse indique par l’expression : sal circulatum), perd toute sa fixité, et finit à la longue par devenir une eau insipide, égale en quantité au sel duquel elle a été formée (326). »

L’objection que pourrait faire le professeur Cooke, aux expressions hermétiques, en faveur de la science moderne, pourraient également s’appliquer aux écritures hiératiques égyptiennes, à savoir qu’elles masquent ce qu’elles veulent cacher. S’il voulait profiter des travaux du passé, il devrait s’adresser à un cryptographe, et non à un satirique. Paracelse, comme tous les autres, a épuisé son génie à des transpositions de lettres et à des abréviations de mots et de phrases. Par exemple lorsqu’il écrit sutratur il veut dire tartre et par mutrin il veut dire nitrum, et ainsi de suite. Les prétendues explications de la signification de l’alkahest sont sans fin. Quelques-uns s’imaginaient que c’était un sel alcalin de tartre ; d’autres qu’il désignait l’Algeist, mot allemand, qui veut dire tout esprit ou spiritueux. Paracelse appelait habituellement sel « le centre de l’eau, dans laquelle les métaux doivent périr ». Cela a suscité les plus absurdes suppositions et quelques personnes, comme Glauber, ont pensé que l’alkahest était l’esprit du sel. C’est être bien téméraire que d’affirmer que Paracelse et ses collègues ignoraient la nature des corps élémentaires et des corps composés ; ils n’étaient peut-être pas désignés les mêmes noms qui sont de mode aujourd’hui, mais qu’ils les ont connus c’est un fait démontré par les résultats obtenus. Qu’importe le nom sous lequel Paracelse a désigné le gaz qui se dégage lorsque le fer est dissous dans l’acide sulfurique, puisqu’il est reconnu, même par nos princes de la science, comme l’inventeur de l’hydrogène (327) ? Son mérite est le même ; et quoique Van Helmont ait dissimulé sous le nom de « vertus séminales », sa connaissance du fait que des substances élémentaires ont leurs propriétés originales, que leur combinaison avec d’autres ne modifie que temporairement – et ne détruit jamais – il n’en est pas moins le plus grand chimiste de son temps, pouvant marcher de pair avec les savants modernes. Il affirmait que l’aurum potabile pouvait être obtenu avec l’alkahest, en convertissant la substance entière de l’or en sel, qui conserve ses vertus séminales et est soluble dans l’eau. Lorsque les chimistes apprendront ce qu’il entendait par aurum potabile, alkahest, sel et vertus séminales – ce qu’il entendait réellement, et non point ce qu’il prétendait vouloir dire ; ni ce que l’on a pensé qu’il entendait – alors, mais alors seulement, ils pourront avec sécurité, prendre ces airs dédaigneux qu’ils ont pour les philosophes du feu, et les anciens maîtres, dont ils écoutaient respectueusement les enseignements mystiques. Une chose est claire, en tout cas. Dans sa forme simplement exotérique, le langage de Van Helmont montre qu’il comprend la solubilité des substances métalliques dans l’eau, dont Sterry Hunt fait la base de sa théorie, des dépôts métallifères. Quels termes inventeraient nos savants contemporains pour dissimuler, tout en la révélant à moitié, leur audacieuse proposition, que le « seul Dieu de l’humanité est la matière périssable de son cerveau », si dans les caves de la Cour d’appel ou de la cathédrale, il y avait une chambre de torture, où le premier juge ou cardinal venu pourrait les envoyer à son gré.

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