RESULTATS COMPARES DU BOUDDHISME ET DE LA CHRETIENTE – partie 06

Isis Dévoilée – Volume 2 – Chapitre XI - Résultats comparés du Bouddhisme et de la Chrétienté

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Calvin promulgua des notions sanguinaires de partialité divine tout aussi horribles. « La race humaine, radicalement corrompue par la chute d’Adam, porte en elle le stigmate et l’impuissance du péché originel ; sa rédemption ne peut s’effectuer que par une incarnation et une propitiation ; la grâce qui choisit peut seule faire participer l’âme à cette rédemption, et cette grâce, une fois donnée, ne peut plus être perdue ; cette élection ne peut venir que de Dieu, et elle ne comprend qu’une partie de la race, l’autre étant abandonnée à la perdition ; élection et perdition (horrible decretum) sont toutes deux prédestinées dans le plan Divin ; ce plan est un décret, et ce décret est éternel et immuable… la justification est le résultat de la foi seule, et la foi est un don de Dieu. »

O, divine justice, que de blasphèmes ont été prononcés sur toi ! Malheureusement, pour toutes les spéculations de cette nature, la croyance dans l’efficacité propitiatoire du sang répandu, peut se retracer à travers les plus anciens rites. Il n’y a peut-être pas une seule nation qui l’ait ignorée. Chaque peuple a offert aux dieux des sacrifices animaux et même humains, dans l’espoir d’écarter par ce moyen une calamité publique, et de conjurer le courroux d’une divinité vengeresse. Il y a des exemples de généraux grecs et romains offrant leurs vies pour le succès de leurs armées. César s’en plaint, et traite cela de superstition gauloise. « Ils se vouent à la mort… persuadés que si la vie n’est pas donnée pour une autre vie, les dieux immortels ne peuvent être apaisés », écrit-il. « Si un malheur doit tomber sur ceux qui sacrifient en ce moment, ou sur l’Egypte, qu’il retombe sur cette tête », disaient les prêtres égyptiens en sacrifiant un de leurs animaux sacrés. Et l’on criait des imprécations sur la tête de la victime expiatoire, autour des cornes de laquelle on enroulait une bande de byblus (339d). On emmenait généralement l’animal dans une région aride, consacrée à Typhon, dans ces âges primitifs, alors que cette divinité fatale jouissait encore d’une certaine considération parmi les Egyptiens. C’est cette coutume qui est à la base du « bouc émissaire », des Juifs, lesquels, lorsque l’âne-dieu rouge fut répudié par les Egyptiens, offrirent leurs sacrifices à une autre divinité, « la génisse rouge ».

« Que tous les péchés commis en ce monde retombent sur moi, afin que le monde soit libéré », s’écrie Gautama, le sauveur hindou, des siècles avant notre ère.

Nul ne prétendra en notre temps que ce furent les Egyptiens qui empruntèrent quoi que ce soit aux Israélites, comme on accuse aujourd’hui les Hindous de le faire. Bunsen, Lepsius, Champollion, ont depuis longtemps établi la précédence de l’Egypte sur les Israélites, aussi bien en ancienneté, que, pour tout ce qui a trait aux rites religieux que nous constatons encore chez « le peuple élu ». Il n’est pas jusqu’au Nouveau Testament qui ne fourmille de citations et de répétitions du Livre des Morts, et Jésus, si tout ce que lui attribuent ses quatre biographes est vrai, doit avoir eu connaissance des Hymnes Funéraires égyptiens (340d). Dans l’évangile selon Matthieu, nous retrouvons des phrases entières de l’ancien Rituel sacré qui précéda notre ère de plus de 4000 ans. Voyons la comparaison (341d).

L’ « âme » soumise aux épreuves est amenée devant Osiris, le « Seigneur de Vérité », qui est assis, orné de la croix égyptienne, emblème de la vie éternelle, et tenant dans la main droite le Vannus ou le fouet de justice (342d). L’esprit commence, dans la « Salle des deux Vérités » une ardente supplique, en énumérant toutes ses bonnes actions, supporté par les réponses des quarante-deux assesseurs, ses actions incarnées et ses accusateurs. S’il se justifie, on s’adresse alors à lui comme Osiris, lui donnant ainsi le nom de la divinité de laquelle procède son essence divine, et les mots suivants, pleins de majesté et de justice, sont alors prononcés ! « Laissez partir l’Osiris ; vous voyez il est sans tache… Il a vécu de vérité, il s’est nourri de vérité… Le dieu lui a donné la bienvenue comme il le désirait. Il a nourri mes affamés, il a donné à boire à ceux qui avaient soif, il a donné des vêtements à ceux qui n’en avaient pas… Il a fait de la nourriture sacrée des dieux, l’aliment des esprits. »

Dans la parabole du Royaume des Cieux, (Matthieu XXV) le Fils de l’Homme (Osiris est également appelé le Fils) assis sur trône de sa gloire, jugeant les nations, dit aux justifiés : « Venez, vous qui êtes bénis de mon père (le Dieu) prenez possession du royaume… Car j’ai eu faim et vous m’avez donné à manger ; j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire, j’étais nu et vous m’avez vêtu » (343d). Et afin de compléter la ressemblance, (Matthieu, III, 12) Jean décrit le Christ comme Osiris, « Il a son van (ou vannus) dans la main, il nettoiera son aire, et il amassera son blé dans son grenier. »

Il en est de même pour les légendes bouddhiques. Dans Matthieu IV, 19, on fait dire à Jésus : « Suivez-moi, et je vous ferai pécheurs d’hommes », au cours d’une conversation entre lui, Simon, Pierre et son frère André.

Dans Der Weise and der Thor de Schmidt (344d), ouvrage plein d’anecdotes sur le Bouddha et ses disciples, le tout pris dans les textes originaux, on dit d’un converti à la nouvelle religion, « qu’il avait été attrapé par l’hameçon de la doctrine, de même qu’un poisson est retiré de l’eau au moyen de l’appât et de la ligne ». Dans les temples du Siam, l’image du Bouddha à venir, le Maïtreya Bouddha, est représenté ayant en mains un filet de pêcheur tandis que dans le Tibet il tient une sorte de piège. L’explication qu’on en donne est la suivante : « Il (le Bouddha) répand sur l’Océan de la naissance et de la mort, la fleur de Lotus de la loi bienfaisante comme un appât ; au moyen du filet de la dévotion, qui n’est jamais tendu en vain, il ramène les êtres vivants comme des poissons, et il les emporte sur l’autre rive du fleuve, où existe la véritable compréhension » (345d).

Si les savants archevêques Cave, Grabe et le Dr Parker, qui luttèrent si vaillamment, de leur temps, pour qu’on admît les Epîtres de Jésus-Christ et d’Abgarus, roi d’Edessa, dans le Canon des Ecritures, avaient vécu à notre époque de Max Müller et de sanscritisme, nous doutons fort qu’ils eussent agi comme ils le firent. La première mention de ces Epîtres fut faite par le célèbre Eusèbe. Ce pieux évêque paraît s’être donné la tâche de fournir au Christianisme les preuves les plus inattendues pour en corroborer les fantaisies les plus abracadabrantes. Nous ne savons si nous devons comprendre parmi les nombreux talents de l’évêque de Césarée la connaissance du cingalais, du pahlavi, du tibétain et d’autres idiomes ; mais il est certain que les lettres de Jésus et d’Abgarus, ainsi que le récit du portrait du Christ, reproduit sur un morceau d’étoffe, qui servit pour lui essuyer le visage, ont été transcrits par lui du Canon bouddhique. Sans doute, l’évêque déclara qu’il avait trouvé, lui-même, la lettre écrite en langue syriaque et conservée parmi les registres et les archives de la cité d’Edessa, où régnait d’Abgarus (346d). Rappelons ici les paroles de Babrias : « Le Mythe, ô fils du roi Alexandre, est une ancienne invention humaine des Syriens, qui vivaient, jadis, sous Ninus et Bélus. » Edessa était une des anciennes « cités saintes ». Les Arabes la vénèrent encore aujourd’hui et on y parle l’arabe le plus pur. Ils lui donnent encore son ancienne appellation d’Orfa, anciennement la ville Arpha-Kasda (Arphaxad), siège d’un collège de Chaldéens et de Mages ; dont le missionnaire nommé Orphée, transporta en Thrace les Mystères Bacchiques. Eusebe, tout naturellement, y trouva les récits qu’il incorpora dans l’histoire d’Abgarus, ainsi que dans celle du portrait reproduit sur une toile, de même que celui de Bhagavat, ou du bienheureux Tathagatâ (le Bouddha) (347d) obtenu par le roi Binbisara (348d). Le Roi l’ayant apporté, Bhagavat y projeta son ombre (349d). Le « morceau d’étoffe miraculeuse » et son ombre, sont encore conservés, disent les Bouddhistes ; mais l’ombre, elle-même, est rarement visible. »

De la même manière, l’auteur gnostique de l’Evangile selon saint Jean, copia et métamorphosa la légende d’Ananda qui demandait un peu d’eau à une femme de Matangha – le pendant de la femme rencontrée par Jésus au puits (350d1)(350d2), qui lui dit qu’elle appartenait à une caste inférieure, et ne pouvait rien avoir à faire avec un saint moine. « Ma sœur, je ne te demande, répond Ananda, ni de quelle caste tu es, ni quelle est ta famille ; je ne te demande qu’un peu d’eau, si tu peux m’en donner. » Cette femme de Matangha, charmée et émue jusqu’aux larmes, se repentit, et entra dans l’ordre monastique de Gautama, où elle devint une sainte, sauvée d’une vie de désordre par Sakya-muni. Beaucoup de ses actes subséquents furent empruntés par les plagiaires chrétiens pour en parer Marie-Madeleine et d’autres femmes saintes et martyres.

« Et quiconque donnera seulement un verre d’eau à l’un de ces petits parce qu’il est mon disciple, je vous le dis en vérité, il ne perdra point sa récompense », dit l’Evangile (Matthieu, X, 42). « Quiconque, avec un cœur pur et croyant, offre seulement une goutte d’eau, ou la présente devant l’assemblée spirituelle, aux besogneux, ou à une bête ou la donne à boire aux pauvres, des champs ; cette action Méritoir ne sera pas perdue dans les siècles sans nombre », dit le Canon « Bouddhique (351d).

Au moment de la naissance du Bouddha 32.000 merveilles eurent lieu. Les nuages s’arrêtèrent dans les cieux, les eaux des fleuves cessèrent de couler ; les fleurs suspendirent leur éclosion ; les oiseaux émerveillés retinrent leur chant ; toute la nature ralentit sa course et demeura dans l’attente. « Une lumière surnaturelle se répandit sur le monde ; les animaux s’arrêtèrent de manger ; les aveugles virent ; les boiteux et les muets furent guéris », etc. (352d).

Voyons, maintenant, ce que dit le Protevangelion :

« Au moment de la Nativité comme Joseph regardait en l’air, « Je vis, dit-il, les nuages émerveillés et les oiseaux de l’air s’arrêter dans leur vol… Et je vis les brebis dispersées… et néanmoins les brebis étaient immobiles ; et regardant la rivière, je vis les agneaux la bouche près de l’eau, la touchant, mais ne buvant pas.

« Un nuage resplendissant couvrit alors la grotte. Mais tout à coup, le nuage devint une grande lumière à l’intérieur de la grotte, de sorte que les yeux ne purent pas la supporter… La main de Salomé, qui était flétrie, fut guérie incontinent… Les aveugles virent ; les boiteux et les muets guérirent  » (353d).

Lorsque le jeune Gautama fut envoyé à l’école sans jamais avoir étudié auparavant, il éclipsa tous ses compétiteurs ; non seulement en calligraphie mais en arithmétique, en mathématiques, en métaphysique, à la lutte, au tir à l’arc, en astronomie, en géométrie, et finalement confondit même ses professeurs, en donnant la définition de soixante-quatre sortes d’écritures qui étaient inconnues de ses maîtres eux-mêmes (354d).

Et voici ce que, de son côté, dit l’Évangile de l’Enfance :

« Et lorsqu’il (Jésus) eut atteint l’âge de douze ans… un certain rabbin principal lui demanda : As-tu lu des livres ? et un astronome demanda au Seigneur Jésus s’il avait étudié l’astronomie… Et le Seigneur Jésus lui donna l’explication… des sphères… de la physique et de la métaphysique. Il les entretint également de choses que la raison humaine n’avait jamais déchiffrées… La constitution du corps, comme l’âme opérait dans le corps… etc. Le maître en fut si surpris qu’il s’écria : « Je crois que cet enfant a dû naître avant Noé…, il est plus érudit que tous maîtres » (355d).

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