Une voie vers la perfection de la connaissance de Soi – ATMAJNANOPADESAVIDHI – TROISIÈME PARTIE

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TROISIÈME PARTIE

  1. La veille, le rêve et le sommeil profond, états qualifiant la buddhi, sont dits appartenir à l’atman. Ils sont discutés (ici) afin de pouvoir y renoncer et que l’atman puisse être reconnu pur.
  2. La veille est l’état dans lequel, aidés par le soleil et autres dieux, l’œil, etc., les sens pénètrent leurs propres objets particuliers. Dans cet état, la buddhi aussi agit comme un instrument.
  3. Éclairée par la réflexion de la Conscience surimposée à l’atman le plus intérieur et apparaissant ainsi être consciente, la buddhi se transforme à la fois en voyant et en vu. Pourquoi le mot « atman » est-il qualifié par le mot « le plus intérieur » dans la phrase précédente ? C’est afin de montrer que les choses qui ont une exception à la continuité de leur persistance ne sont pas l’atman.
  4. Ainsi la buddhi, etc., les instruments. Bien qu’objets de connaissance comme des jarres et autres choses, ils sont regardés comme des « atmans » du fait de leur contact avec l’atman le plus intérieur, juste comme on regarde l’eau comme étant chaude du fait de son contact avec le feu. Comparés aux objets extérieurs ils sont regardés comme des « sois ». Mais l’atman ne devient pas le non-atman du fait de son contact avec ces instruments, tout comme le feu ne devient pas froid du fait de son contact avec la pluie.
  5. Mais à la différence de la buddhi et autres choses, l’atman, n’ayant rien d’autre en lui, est toujours le plus intérieur et n’est jamais autrement. C’est pourquoi il reçoit l’épithète « le plus intérieur ». Ainsi il devient clair que l’atman n’a aucune exception à son existence continuelle et à sa pure nature.
  6. Ainsi, éclairée par la réflexion de l’atman et apparaissant resplendissante comme lui, (la buddhi) est transformée en les formes de voyant et de vu. Connectée avec les objets, il assume leurs formes, comme le cuivre fondu ou autres métaux coulés dans un modèle (moule).
  7. Lorsqu’il en est ainsi, l’atman, qui est de la nature de la Conscience, dépourvu de tout changement, dépourvu de parties, omni-pénétrant comme le temps et l’espace, etc., et témoin à la fois du voyant et du vu, est dit être éveillé.
  8. Alors, doté des impressions des formes et autres choses qui sont les objets extérieurs, mais n’ayant aucune connexion avec eux, la buddhi assume la nature à la fois du voyant et du vu, comme un pot de fleurs produit l’impression de fleurs sans en avoir en lui. Dans les formes d’impressions seulement sous l’influence de l’Ignorance, du temps et des actions elle se tient comme un objet en présence de l’atman. Cette expérience (de la part de l’atman) est, pour ainsi dire, Son rêve, car l’atman imite la buddhi comme la lune imite l’eau.
  9. Puis encore, dépourvue de manifestation dans les formes de veille et de ses impressions, tirée dans l’atman et donc non-existante, la buddhi se tient identifiée à la cause commune non-manifestée de toutes les manifestations. Cela est le sommeil profond, comme un banyan dans un grain de blé.

Ici se termine la Troisième Partie – Lire la quatrième partie

Shri-Shankaracharya (8ième siècle) – à partir de la traduction de Gaura Krishna
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