Une voie vers la perfection de la connaissance de Soi – ATMAJNANOPADESAVIDHI – PREMIÈRE PARTIE

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PREMIÈRE PARTIE

  1. Comme il n’y a pas de plus haute découverte que celle de l’Atman, nous expliquerons, pour le bénéfice de ceux qui désirent la libération, qui ont foi et qui ont renoncé aux actions du monde et qui n’ont aucun attachement, comment la connaissance de l’Atman reçue d’un maître peut devenir parfaitement convaincante.
  2. Il est bien connu du monde que le vu est distinct de celui qui voit. On doit maintenant se demander ce qu’est l’Atman.
  3. Le corps n’est pas l’Atman car il est perçu comme possédant des couleurs, des formes, etc. Tout comme des jarres et autres choses possédant des formes etc. sont perçues par les moyens des sens de connaissance, tel l’œil, etc., de même aussi le corps, possédant des formes etc., est perçu comme « ceci » au moyen des mêmes sens.
  4. Tout comme le feu, qui a la nature des choses brûlantes et lumineuses, est distinct du bois et autres choses qui sont brûlées, de même on conclut que l’Atman qui est le voyant est distinct du corps qui est vu.
  5. L’Atman est distinct du corps pour cette raison aussi que le sommeil profond, la mort, etc. sont vus.
  6. Quand l’atman pénètre le corps, celui-ci, comme le bois, devient capable d’actions et de mouvements mais quand il quitte le corps il devient inerte comme le bois et autres choses. C’est pourquoi l’on conclut que l’atman est distinct du corps.
  7. Comme il est un instrument pour percevoir couleurs et formes, comme une lampe, l’œil non plus n’est pas l’atman.
  8. Tout comme les formes sont vues à l’aide d’une lampe qui est un instrument, de même les formes sont perçues à l’aide de l’œil qui doit aussi être un instrument.
  9. De même le sont aussi les autres sens.
  10. Le manas, étant un objet de la conscience et un instrument comme une lampe, n’est pas non plus l’atman.
  11. La buddhi, étant un objet de conscience et un instrument comme une lampe, n’est pas non plus l’atman.
  12. Comme il n’y a pas de conscience dans le prana lors du sommeil profond, le prana n’est pas non plus l’atman.
  13. À d’autres moments que le sommeil profond on ne connaît pas à qui est cette conscience, au prana (ou à l’atman), ainsi que serviteur et maître non distingués l’un de l’autre.
  14. Mais au moment du sommeil profond le prana est perçu comme dépourvu de conscience.
  15. Si vous dites que la non-existence de conscience dans le prana est due à la cessation des fonctions des sens, je dis « non ». Le prana qui est leur seigneur, fonctionnant, les sens ne peuvent cesser de fonctionner, tout comme les officiers d’un roi ne cessent pas de travailler tandis qu’il est occupé. C’est pourquoi les sens n’appartiennent pas au prana. Ils doivent appartenir à ce qui se tient dépourvu de conscience spéciale lorsque les sens cessent de fonctionner du fait du sommeil profond.
  16. Quand l’être sort et se tient au-dessus des sens, tous ceux-ci pénètrent dans leurs propres objets particuliers. Il quitte le sommeil profond lorsque l’action causant l’état de veille prévaut.
  17. Quand cela cesse, il tire lui-même tous les sens par la réflexion de la Conscience causée par la liaison de la buddhi, son adjonction, avec lui, et il expérimente le rêve ou le sommeil profond.
  18. Ainsi subit-il les trois états l’un après l’autre, sans cessation.
  19. Ces allées et venues de la part de l’être (manasa) sont dues aux actions faites par lui du fait de l’ignorance et du désir.
  20. Il expérimente les états de rêve et de veille. Il retourne aussi au sommeil profond de telle sorte que la fatigue due aux actions qui causent les deux états de veille et de rêve puisse être ôtée.
  21. Tout comme dans l’état de veille, le prana, selon sa nature, fonctionne dans les états de rêve et de sommeil profond afin de préserver le corps de telle sorte que celui-ci puisse ne pas être pris pour un corps mort.

22-24. Un objet de perception, exactement comme des jarres et autres choses, qui a une exception à son existence pendant le sommeil profond, qui est doué de qualités diverses telles que le plaisir et la peine et qui possède des qualités du monde, comme le corps qui a les qualités de minceur, corpulence et autres, de même que l’ego, bien que regardé comme (étant) l’atman par tous ceux-là qui sont dépourvus de discrimination entre l’atman et le non-atman, n’est pas l’atman.

  1. On demandera pourquoi le corps et autres choses sont pris pour l’atman bien qu’ils ne le soient pas. C’est du fait qu’il n’y a pas de discrimination entre le voyant et le vu.

Ici se termine la Première Partie – Lire la deuxième partie

Shri-Shankaracharya (8ième siècle) – à partir de la traduction de Gaura Krishna
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