UNE LETTRE DU MAÎTRE

Mes enfants,

Dans les mois et les années à venir, chacun de vous connaîtrez de nombreux moments où, en raison de la pression des forces non assimilées qui vous entourent actuellement, votre vie vous semblera presque intolérable ; des moments où il vous semblera que vous êtes en un sens coupés de moi. Or, mon désir est que chaque fois que ces moments surviendront vous sortiez la présente lettre et que vous fassiez l’effort de prendre conscience du fait que ce qui est dit maintenant restera vrai en tout temps et pour toute l’éternité.

« Je ne vous quitterai jamais.
Je ne vous abandonnerai jamais. »

Si vous ne ressentez pas de façon aiguë la pression de ces forces d’évolution qui ont été mises en action en vue de votre développement ultime, cela prouve à l’évidence qu’elles ne vous aident pas à grimper aussi rapidement que cela serait possible pour vous. La croissance a pour corollaire la souffrance, qu’il s’agisse de la croissance du corps ou de l’âme. La mère qui se contente de regarder la douleur infligée à son enfant pour son propre bien souffre en réalité plus que l’enfant, mais pour cette raison elle est peut-être incapable d’atténuer cette souffrance.

Aucune douleur n’est plus difficile à supporter en silence et avec patience que l’agonie mentale des longues heures épuisantes de solitude qui succèdent invariablement aux moments d’illumination que connaissent tous les vrais aspirants. L’essence spirituelle discernable en ces moments a, en quelque sorte, la saveur d’un fruit délicieux, tandis que les périodes plus longues de solitude sont typiques des processus d’assimilation des nutriments de la matière brute de ce fruit et de leur transmutation en sang et en tissus dans le corps physique.

Vous devez aussi vous efforcer de prendre conscience du fait que quels que soient votre relation avec moi ou le caractère approprié de la demande que vous m’adressez, mon devoir m’amène à passer beaucoup de temps et à consacrer beaucoup de travail dans d’autres directions. Or, ni le désir ni les sentiments ne sont des guides sûrs dans l’accomplissement du devoir.

Vous faites votre devoir envers la Grande Loge Blanche aussi sûrement par un acte de bonté ou un acte désintéressé envers un membre nécessiteux de votre propre famille que par l’exécution d’un acte semblable envers ou pour un membre du Temple.

 À mesure que le travail extérieur grandira et que les dirigeants seront de plus en plus sollicités en termes de temps et de forces, chacun de vous aura aussi beaucoup d’occasions de faire preuve d’abnégation. Vous avez été placés par la loi karmique au plus fort de la bataille. Il est inutile de dire que vous n’êtes pas faits pour ce travail ou pour ce sacrifice. Vous devez devenir « faits pour ce travail » et pour tout ce qui va vous placer au cœur des choses et des gens. Vous devrez à l’occasion « aller dans la montagne pour prier », mais la plus grande partie de votre temps et de vos efforts devrait être consacrée, tout comme c’est le cas pour les Maîtres, parmi la multitude, sur les basses terres, jusqu’à ce que la multitude monte avec nous sur les hauteurs.

La spiritualité n’est pas un ascétisme égoïste, elle est unité désintéressée.

Chaque fois que vous permettez au « Désintégrateur » de vous convaincre que je vous ai abandonnés, vous projetez un inquiétant reflet sur ma bonne foi et sur ma capacité de remplir ma promesse. À moins que vous ne puissiez me faire confiance dans l’ombre autant qu’en plein soleil, votre foi ne fournira jamais assez de combustible au moteur de l’amour auquel vous êtes reliés pour vous permettre de recevoir et disséminer les influences de la Loge.

Lorsque vous souffrez d’une indigestion mentale ou d’autres effets provoqués par des énergies non assimilées, faites quelque chose pour quelqu’un d’autre. Cela évacuera la vieille force dormante, neutralisera tous les effets nocifs et fera de la place pour la nouvelle énergie qui s’efforce de trouver un accès et de s’exprimer.

Il arrive souvent que vous ne parveniez pas à voir les effets de vos aspirations, et que vous soyez découragés des résultats qu’elles amènent. À certains moments d’exaltation, vous offrez à la Loge, à Dieu, à ce qu’il y a de plus élevé que vous puissiez imaginer, tout ce que vous êtes, tout ce que vous avez, tout ce que vous espérez être. Vous n’appréciez pas suffisamment le fait que votre offre a été acceptée et enregistrée dans le « Livre de la Vie », et que dès cet instant des agents précis ont été mis à pied d’œuvre pour vous éprouver et vous tester, et qu’il est très possible que votre ami le plus intime soit le véhicule inconscient par lequel ils agissent. Or, trop souvent, lorsque les résultats de ces aspirations commencent à se manifester ainsi, vous vous retirez comme un misanthrope dans votre coquille et vous ne percevez pas les causes sous-jacentes à votre souffrance.

J’aimerais que vous vous efforciez de comprendre et d’apprécier le pouvoir que vous éveillez par votre aspiration et vos prières, car une fois éveillé, vous ne contrôlez plus son action. Par conséquent, je dis : Attention ! Assurez-vous que vous êtes prêts à endurer les effets qui pourraient découler de tout acte de consécration, et assurez-vous que vous en êtes capables.

MES enfants, pendant plus d’un long cycle de sept ans (dans le passé), j’ai attendu ne serait-ce qu’une seule expression d’espoir et d’encouragement, expression qui ne s’est jamais manifestée avant que je ne décide d’abandonner même le désir de cela.

HILARION - Temple 3 - Leçon 521
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