UNE LETTRE DU MAÎTRE

Mes enfants,

Il y a parmi vous quelques disciples qui pourraient bénéficier d’un petit conseil que je me sens obligé de donner. Comme bien d’autres âmes spirituellement assoiffées et chaleureuses, ils courent le danger d’être exploités par ces démons d’apparence humaine utilisés par les magiciens noirs qui mentent continuellement et qui sont toujours aux aguets pour trouver de nouvelles victimes de leur fourberie et de leur avarice.

Je me réfère à ces personnes nommées à tort « enseignants de l’occultisme » qui prétendent recevoir des directives de quelque force spirituelle supérieure ou directement des Initiés de la Grande Loge Blanche, et qui débitent des volumes de platitudes en langage fleuri ou abstrus dans le but précis de tromper les nouveaux disciples inexpérimentés. Ils agissent ainsi le temps de compromettre ces disciples ou de les rendre psychologiquement dépendants avant que leurs motifs ne deviennent apparents. Malheureusement, lorsque cela se produit, les avertissements préventifs ne servent plus à grand-chose.

Établissez une barrière infranchissable entre vous-mêmes et les personnes qui vous offrent un développement spirituel RAPIDE, ou des pouvoirs occultes pratiques ne nécessitant que peu ou pas d’effort de votre part, ou encore qui vous enseignent les secrets pour atteindre ce développement à un prix donné.

Si vous êtes familiers avec Le livre des préceptes d’Or1 ou tout autre ouvrage fiable d’occultisme pratique, vous saurez qu’il existe certaines lois inviolables auxquelles on doit se conformer et certaines conditions inaltérables à remplir avant qu’il ne vous soit possible de faire le premier pas sur le « sentier secret » – le sentier du pouvoir. Si vous êtes fortement attirés dans cette direction, je vous suggère de lire et d’assimiler complètement les informations que l’on peut trouver dans tout livre authentique sur le sujet. Puis, avec l’aide de votre Soi Supérieur, de votre conscience, de votre connaissance de votre soi personnel, de vos caractéristiques dominantes, créez en vous-mêmes un miroir mental devant lequel vous placerez le soi personnel. Puis, avec le désir sincère d’être éclairés, questionnez ce miroir quant aux probabilités que votre être puisse respecter ces règles, remplir ces conditions et se conformer aux réponses reçues.

Demandez à la forme réfléchie dans le miroir qu’elle est l’étendue de sa force de volonté, de sa capacité d’endurance et de son aptitude au sacrifice – le genre de sacrifice qui est exigé du véritable néophyte ? Dans neuf-cent-quatre-vingt-dix-neuf cas sur mille la réponse sera : « Ni mon pouvoir ni mes capacités ne sont à la mesure de la demande ». Ici, méfiez vous de crainte qu’une série « d’images-désirs » – expressions d’une intense aspiration, souvenirs de sacrifices précédemment consentis – ne se forment immédiatement à la surface de ce miroir, images qui obsèdent généralement l’esprit auquel on refuse son plaisir. Petit à petit, les « lions sur le sentier » sembleront disparaître ; la faiblesse de volonté et d’esprit ainsi que les limitations physiques sembleront de peu d’importance, jusqu’à ce que finalement rien ne demeure excepté une image du soi inférieur réduit à une lamentable soumission, et du Soi Supérieur triomphant. Tel est le pouvoir du soi inférieur s’il est séparé même temporairement de cette lumière du Soi Supérieur. Si vous permettez au mirage émotionnel du désir inférieur de vous rendre aveugles aux avertissements reçus ainsi qu’aux injonctions de la conscience, une fausse sensation de paix s’ensuivra, accompagnée du désir d’annoncer aux autres que vous croyez finalement être sur le sentier du pouvoir illimité. Vous serez alors devenus un sujet idéal pour l’exploiteur qui sera très susceptible de se manifester, et à moins d’avoir la chance d’être sous la protection d’un véritable Initié, vous serez amèrement déçus. Bien trop de victimes ignorantes d’exploiteurs de ce genre ont été forcées de rejeter complètement toute vérité, à enfouir tout espoir et toute foi après avoir compris qu’elles avaient été volontairement dupées par quelque faux enseignant assisté par les désirs du mental inférieur.

Gardez attentivement à l’esprit qu’aucune des règles données pour vous guider n’est inutile, qu’aucune indication n’est superflue et qu’aucun sacrifice demandé n’est vain. Rappelez-vous qu’un corps et qu’un esprit parfaitement sains sont essentiels pour l’occultiste pratique. Sans ces deux éléments, il lui serait impossible de passer les tests physiques requis. Vous rappelant toutes ces choses, soyez heureux de fouler le sentier du cœur, le sentier de l’enfant, en attendant de posséder le pouvoir d’avancer sur le sentier plus difficile. Si vous n’avez pas encore acquis ce pouvoir, acceptez et soyez satisfaits d’être guidés par « ceux qui savent », jusqu’à ce que, à leurs yeux et non aux vôtres seulement, vous soyez capables de franchir le prochain pas en toute sécurité. La paix qui viendra à vous en raison de cette soumission sera durable, aussi graves que soient les luttes autour de vous. Vous serez satisfaits d’attendre la reconnaissance d’autrui plutôt que de la réclamer comme un dû. Vous reconnaîtrez le visage de votre Père, la main de votre Mère, et n’aurez plus le désir d’errer dans d’étranges endroits. La vision de l’âme, l’intuition, viendra, et avec elle le pouvoir du discernement.

Mes enfants, tenez ce miroir mental et assurez vous de ce que sont votre soi, votre force, votre pouvoir de servir correctement, et ne vous mettez pas par ignorance entre les mains de quelqu’un qui pourrait vous conduire dans le grand abîme plutôt qu’au sommet de la montagne.

Si vous trouvez aujourd’hui les hauteurs inaccessibles, rappelez vous que d’autres jours vont suivre. Rappelez-vous également que le premier pas doit être fait par chaque être humain, et qu’il doit donc être fait par vous. Ne vous découragez pas et ne soyez pas consternés si vous trébuchez en le faisant.

Rappelez-vous qu’en tant que membre du Temple, vous avez demandé à la Grande Loge Blanche une chance de commencer l’ascension. Ayant fait cette demande, vos pieds ont été placés sur le premier barreau de l’échelle. Tenez bon, ne laissez rien vous voler cette occasion, et tout ira bien pour vous.

1 – N.D.É. Voici ce que dit H.P. Blavatsky dans son introduction au livre La voix du silence concernant Le livre des préceptes d’Or qui a aussi servi d’inspiration pour les stances du Livre de Dzyan et La doctrine secrète :

« […] Le livre des préceptes d’Or se réclame d’une même origine que celle de la grande œuvre mystique appelée Paramârtha qui, selon la légende de Nâgârjuna, aurait été donnée au grand Arhat par les Nâga ou “Serpents” (mot qui, en réalité, désigne les anciens Initiés). Cependant, les idées et les maximes de ce livre, si nobles et si originales qu’elles soient, se rencontrent souvent sous des formes différentes dans des ouvrages en langue sanskrite [ou apparentée], tel le Jñâneshvari, ce superbe traité mystique où Krishna décrit à Arjuna en couleurs éclatantes l’état d’un Yogi entièrement illuminé ; on les trouve également dans certaines Upanishad. Et c’est bien naturel, vu que parmi les plus grands Arhats qui furent les premiers disciples de Gautama le Bouddha – et surtout ceux qui émigrèrent au Tibet – la plupart (sinon tous) étaient des Indiens et des Aryens, et non des Mongols. À elles seules, les œuvres laissées par Aryasamgha sont fort nombreuses.

« Les préceptes originaux sont gravés sur des rectangles minces, leurs copies très souvent sur des disques. Ces disques, ou ces plaques, sont généralement conservés sur les autels des temples attachés aux centres où sont établies les Écoles dites “contemplatives” du Mahâyâna (Yogâchâra). Ils sont rédigés de façons variées, parfois en tibétain, mais surtout en idéogrammes. La langue sacerdotale (le senzar), qui possède son propre alphabet, peut aussi être rendue par différents modes d’écriture, en caractères symboliques qui tiennent plus du mode idéographique que syllabique. […]

« Le Livre des Préceptes d’Or – dont certains préceptes sont antérieurs au bouddhisme historique, et d’autres plus récents – contient environ 90 petits traités distincts. J’en ai appris 39 par cœur, il y a des années. Pour traduire ce qui n’en est pas présenté ici, je devrais recourir à des informations dispersées parmi bien trop de papiers et de notes prises pour mémoire pendant ces dernières années (sans jamais les classer) pour que la tâche soit en rien une entreprise facile. D’ailleurs, ces traités ne pourraient tous être traduits et offerts à un monde trop égoïste et trop attaché aux objets des sens pour être prêt de quelque manière à accueillir une éthique aussi sublime dans l’esprit convenable. Car à moins de persévérer sérieusement dans la poursuite de la soi-connaissance, l’homme ne prêtera jamais une oreille attentive à des conseils de cette nature. […] »

HILARION - Temple 2 - Leçon 148
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