Il y vient un temps dans la vie de tout être humain normal où son évidente faiblesse et son incompétence – comparativement à la puissance et à la grandeur des lois et des forces omnipotentes de la Nature – l’enveloppent d’un sentiment de désespoir sur l’inutilité apparente du formidable combat qu’il doit mener pour maintenir ensemble son corps et son âme. « Pourquoi ? », se demande-t-il. Il tourne alors le regard vers le ciel, puis, à la vue des étoiles, il songe aux immensités de l’espace, gardant à la pensée les distances vertigineuses séparant ces innombrables points lumineux ; il pense aussi à ces millions de mondes, sans aucun doute habités par d’innombrables races d’êtres, tout comme l’est son propre monde. Il laisse ensuite sa pensée errer vers les vastes étendues de l’océan, il réfléchit à ses profondeurs et à la vie organisée qui s’y trouve, toutes ces vies dont seulement une faible partie est venue à la surface pour être observée par l’homme. Il pense aussi à l’inestimable richesse des bijoux, à l’argent, à l’or et à d’autres métaux précieux, ainsi qu’à toutes les créations animées et inanimées, aux beautés invisibles et cachées de la nature qui se trouvent depuis des temps immémoriaux sous la croûte terrestre sur laquelle il se tient. Alors, une indescriptible solitude, un désespoir infini descend sur lui et, angoissé, il s’écrie : « Que suis-je ? Il semble que je ne suis qu’un grain de poussière dans tout ce vaste univers ! Pas même un Dieu ne tiendrait compte de moi ! »
Bien des âmes ont connu l’obscurité la plus totale en un moment semblable, dans leur désir d’un peu de connaissance, d’une conviction intuitive que leur cri a été entendu et que la nostalgie de leur cœur a été remarquée, désir aussi de l’assurance d’une reconnaissance définitive par un Être supérieur, plus sage qu’elles-mêmes. Moi, qui vous parle, je vous dis que cette certitude peut être vôtre. Pour ce faire, je vais vous donner un aperçu de la « loi des correspondances », la plus divine de toutes les lois divines, afin de vous montrer que je vous dis la vérité.
Depuis les temps immémoriaux, le Fils divin a parlé de temps à autre à ceux qui avaient évolué au point d’être capables d’entendre sa voix et d’interpréter son langage. Dans chaque message ainsi donné à l’homme, quelle qu’ait été sa forme, la formulation a toujours été la même : « Je suis Dieu. Tu es en moi et je suis en toi. »
Le concept de « l’Homme Céleste » nous est parvenu depuis des temps immémoriaux ; et le corps, l’âme, la substance, la force, l’Esprit-Matière de cet Homme Céleste sont faits de chacun des atomes de la matière et de la force manifestée et non manifestée. Chaque forme de vie organisée est une cellule, un organe, une partie du corps de cet « Homme Céleste », tout comme chaque pensée, chaque instinct, chaque sens, développé ou non, est une partie du mental et de l’âme du même « Grand Être ».
Ne pourriez-vous pas vous imaginer avec un corps aussi parfaitement développé dans chacun de ses atomes, de ses cellules et de ses organes, avec un esprit si aiguisé, si intelligent, si vaste et si compatissant qu’il pourrait regarder la merveilleuse création de chacune de ses parties individuelles et pourrait réaliser que le simple fait de la croissance continue et de la subsistance de chacune des parties préfigure une vie consciente indépendante ?
Si vous pouviez observer la perfection et la beauté de chaque goutte de sang, de chaque muscle, de chaque attribut du corps, et si vous pouviez comprendre la corrélation parfaite, la force d’amour qui doit exister et se manifester entre tous ces milliers d’êtres qui travaillent ensemble dans un but commun, ce but étant la plus haute évolution de chacun, alors peut-être que vous pourriez vous imaginer tout ce que l’amour pour chacun de ces êtres conscients pourrait vous apporter, et combien chaque action, chaque effort de ces êtres inférieurs pour aider et soutenir un autre être ou organe vous remplirait d’appréciation, de tendresse et d’amour pour tous ces « tout petits » qui continuent de combattre si bravement sans espérer de récompense particulière ?
S’il s’agissait de votre corps, vous pourriez voir combien spontanément votre cœur invoquerait l’amour de ces beaux êtres altruistes en retour du vôtre ? Dans les circonstances et conditions que j’ai décrites, pensez-vous que vous pourriez rester indifférents à un appel à l’aide ou à n’importe quelle requête du plus petit de ces êtres ? Pouvez-vous imaginer qu’il puisse se passer quelque chose d’important entre deux de ces êtres, quels qu’ils soient, sans que cela n’attire votre attention ou ne vous conduise à produire un effort pour modifier les mauvaises conditions ou en créer de meilleures, de sorte que ceux-ci puissent poursuivre leur travail heureux, utile et affectueux ?
Croyez-vous que toutes vos pensées et tous vos soins seraient uniquement dirigés vers les organes importants ou les gros muscles qui sont si développés qu’ils pourraient travailler presque sans soins particuliers de votre part ? Ah non ! Si vous étiez pareil à la personne que j’ai décrite plus haut, ces petits êtres, les démunis, les solitaires, ceux qui jusqu’ici n’ont pu développer qu’un seul principe, le principe du désir – le désir de faire « votre volonté » dans toute la mesure où ils sont capables de la comprendre – seraient ceux qui évoqueraient ce qu’il y a de meilleur en vôtre être. En raison de leurs limitations, ces êtres ne seraient peut-être pas capables de percevoir que vous leur offrez le meilleur de votre être, mais vous sauriez que ce n’est qu’une question de temps et d’effort avant qu’ils puissent le réaliser.
Ce que vous seriez pour ces petits êtres dans votre corps, c’est ce que Dieu, votre Soi Supérieur, est pour vous, mes enfants. Vous n’avez qu’à vous aligner par la foi pour que le Père divin vous enseigne à vous, ses enfants, la réalité derrière toute illusion, derrière la forme que j’ai si faiblement décrite.
Ne vous permettez pas de passer à côté du réconfort et de l’aide qui pourraient être vôtres parce que vous passez trop de temps à une réflexion exagérée sur « la Cause Première », « le Non-Manifesté éternel », « l’Inconcevable ». Vous pourrez atteindre un certain degré de connaissance du « Cela » dans la mesure où elle est possible à travers les vies manifestées ; et la première de ces manifestations est votre Père et le mien.
HILARION - Temple 2 - Leçon 272


