STIMULANTS ET NARCOTIQUES

Lors de l’un de mes premiers entretiens avec le Gardien en Chef et l’Officier en Chef, je leur ai dit qu’ils ne devaient en aucune façon se retrouver dans des situations qui les mettraient en contact direct avec ceux qui, entre tous, nécessitaient le plus leur service : les personnes dépendantes d’un usage excessif de stimulants ou de narcotiques.

J’aimerais particulièrement porter à votre attention le fait que l’interdiction d’user de stimulants ou de narcotiques, imposée aux disciples par les Initiés de la Grande Loge Blanche, est une nécessité vitale. Jusqu’à ce jour, la raison principale pour laquelle cette interdiction existe n’a jamais été divulguée à un groupe de disciples des degrés inférieurs de la Loge. Ceci est dû à la mauvaise interprétation quasi inévitable s’appuyant sur notre approbation d’un fait pouvant être préjudiciable à l’esprit de ceux qui recherchent la licence ou la complaisance et qui, dans de bien trop nombreuses occasions au cours des ères antérieures, ont cru trouver cette licence dans un enseignement ésotérique d’un type particulier.

Cela a toujours été un mystère pour les extrémistes de constater que tant de gens de talent des deux sexes ont eu une prédilection pour les narcotiques et les substances toxiques dans le but de parvenir à effectuer un travail meilleur et supérieur ; et ces extrémistes ne peuvent réconcilier ce fait avec l’interdiction notoire donnée dans les enseignements des Initiés de la Grande Loge Blanche ainsi que dans d’autres enseignements religieux, scientifiques ou éthiques sur le sujet. Si maintenant je vous dis que les plans les plus élevés comme les plus inférieurs sont contactés par les personnes qui s’adonnent aux narcotiques et aux stimulants, et que beaucoup d’enseignements supérieurs concernant l’art et la religion ont été donnés au monde sous l’effet de stimulations de ce genre, vous devez être attentifs à la manière dont vous rejetez ou critiquez à tort mes paroles.

C’est un fait bien établi que la glande pinéale et la glande pituitaire sont des véhicules transmettant les forces spirituelles les plus élevées. Tout ce qui stimule les molécules de ces véhicules de façon à accroître la vitesse de leur action vibratoire va ouvrir un plan intérieur aux sens psychiques, que la cause en soit une aspiration spirituelle élevée, un grand amour de l’humanité, une forte impulsion pour échapper aux limites de la matière ou aux inévitables peines et douleurs du corps dont souffre le genre humain. C’est par conséquent une chose que tout être humain normal recherche ardemment. Si la réponse à la prière, à la consécration et aux efforts ne vient pas aussi rapidement que désirée à une personne hautement développée et d’un naturel sensible, dont le système nerveux est fermement tendu, cette dernière est tout à fait capable de rechercher une autre méthode pour obtenir satisfaction. Dans d’autres cas, l’environnement, les associations de personnes, etc. conduisent les gens à céder à ces moyens qui, malheureusement, ouvrent temporairement les portes de quelque plan intérieur. En d’autres termes, cela accroît l’action vibratoire de la glande pinéale, ce qui suscite certains changements dans les organes des sens qui mènent à des formes de sensation plus grossières.

Mais, il faut garder à l’esprit que l’objectif fondamental est le même dans tous les cas, c’est-à-dire l’obtention d’une vibration supérieure ou plus rapide des molécules des glandes pinéale et pituitaire. Les effets obtenus sont cependant diamétralement opposés. Dans le premier cas, la prière, la consécration et un bon travail conduisent à un développement normal de ces glandes ainsi qu’à une activité vibratoire qui pourra être maintenue indéfiniment, ce qui permettra finalement de contacter des plans d’activité toujours plus élevés, jusqu’à ce que l’unité entre le mental et l’Esprit soit enfin réalisée. Dans le dernier cas, ces glandes ne sont pas suffisamment développées, physiquement parlant, pour résister à la pression de ces vibrations plus rapides pendant une longue période de temps. Elles s’arrêtent alors brutalement, laissant uniquement la possibilité de contacter les plans inférieurs de l’être, jusqu’à ce que la mort mette fin à la lutte sur le plan physique. C’est cette condition qui est la principale responsable du délire, car une fois brisées les enveloppes physiques de la pinéale et de la pituitaire, le mystérieux système nerveux de l’ensemble du corps se détériore et rend inopérant l’ensemble de la structure de l’organisme qui est alors assujetti aux élémentaux inférieurs.

Si on comprenait pleinement et si on acceptait le fait que les narcotiques et les stimulants ouvrent en réalité les royaumes supérieurs de la sagesse et de la connaissance à l’âme affamée, même le fait de savoir que cela n’est que temporaire et doit inévitablement conduire à la dégénérescence et au délabrement ne dissuaderait pas les hommes et les femmes à l’esprit faible ou vicieux de céder à la tentation. Pour cette raison, ce profond mystère demeure l’un des secrets de l’occultisme.

Vous avez sans doute entendu ou lu que, à des époques lointaines et même actuelles, lors des célébrations qu’on supposait à tort être des « mystères sacrés », l’utilisation de puissants narcotiques et stimulants était courante. Les magiciens noirs de ces époques savaient très bien, de même que ceux d’aujourd’hui, ce qui adviendrait aux victimes de leur avarice et de leur fourberie ; mais comme leur objectif était la destruction des attributs supérieurs de l’homme ainsi que l’entretien de la sensualité et de l’obscénité, ils cachèrent ce savoir à leurs néophytes et les poussèrent vers différentes formes de dépravation jusqu’à ce qu’il ne reste, autrefois comme aujourd’hui, plus rien d’autre à faire pour la Grande Loge Blanche que de permettre la destruction de toute vie sur la planète, exception faite des vestiges laissés pour le germe de la nouvelle race.

Sachant ces choses, il ne vous est sûrement pas difficile de comprendre à quel point il est saint et élevé l’appel auquel répond tout homme qui décide de bloquer les efforts de la fraternité noire en guérissant les maladies engendrées par ces méthodes avant que la destruction de ces importants véhicules de transmission – les glandes pinéale et pituitaire – ne soit complète et que l’âme ne soit irrémédiablement perdue.

Les soi-disant mouvements de prohibition ou de tempérance de l’époque actuelle1 ne peuvent rien faire d’autre que de pallier les effets des causes déclenchées dans les corps et les âmes de ceux qu’ils sont censés sauver. Dans bien trop de cas, les partisans de cette mesure ne font qu’augmenter le danger parce qu’ils réveillent l’esprit naturel de rébellion contre l’autorité imposée. La volonté qui essaie de se libérer elle-même des limites de la matière se rebelle contre tout ce qui tend à l’astreindre par encore plus de liens, que la nature de ces liens soit bonne ou mauvaise. Les mesures de contrôle tendent à pousser la victime à encore plus de complaisance envers elle-même juste pour prouver qu’elle a le pouvoir de défier la pression exercée par ce contrôle. Ces mouvements ne vont pas assez loin. Ils œuvrent en surface, alors que la maladie qu’ils essaient de vaincre est trop profondément ancrée pour qu’ils puissent la toucher et la soigner, sauf dans les cas où les aspirations supérieures ont été éveillées et qu’elles ont eu pour résultat une certaine diminution de l’activité vibratoire.

La volonté humaine s’est alors subordonnée à la volonté divine, mais les causes réelles de ces effets apparents sont inconnues et restent insoupçonnées de la majorité de ceux qui travaillent dans ce domaine. Ils ne réalisent pas que les molécules des enveloppes physiques des glandes mentionnées doivent atteindre un certain degré de délabrement avant d’être cautérisées par l’un des « feux sacrés » pour que la victime puisse être sauvée. Ceci peut être fait au moyen des élémentaux du feu confinés dans certains médicaments, ou par des degrés supérieurs d’élémentaux asservis aux seules exigences de la Volonté divine, comme c’est le cas par exemple lorsque la cure – la cautérisation – est accomplie par les feux d’une aspiration élevée, de la prière et de l’effort. Le mystère impliqué, le manque de compréhension et d’un enseignement correct, ainsi que l’incapacité des masses d’établir le rapport entre les aspects physiques et les aspects et formes de vie d’ordre astral et spirituel sont en grande partie responsables de l’incapacité de l’homme d’aborder sainement cette phase très importante du problème qu’affronte l’humanité en ce moment.

Si ce mouvement devenait suffisamment fort pour mettre en action ses principes par la force ou en vertu d’un contrôle national, il se produirait inévitablement une réaction qui balaierait toutes les réformes passées, et de bien pires conditions en résulteraient. Il faut une période de temps considérablement longue et lassante pour que la pauvre nature humaine complaisante, violente et infatigable puisse apprendre cette vérité profonde : « Une véritable croissance est une croissance lente. » Un bourgeon peut s’ouvrir en une nuit, mais il a fallu à la plante de nombreuses nuits et de nombreux jours pour faire sortir son bourgeon et, même alors, ce bourgeon peut être détruit si on force son ouverture. Lorsqu’il s’ouvre naturellement, cela est dû au désir inhérent de la plante entière de saisir la lumière nourrissante du soleil pour qu’elle puisse produire des fruits. C’est un désir identique qui doit s’élever des masses de l’humanité pour les sauver des effets du mal sous toutes ses formes.

Une autre phase de ce même problème est responsable des nombreuses contradictions et des nombreux antagonismes suscités par toute personne extrémiste alors qu’elle entreprend d’introduire ses expériences personnelles lors d’un échange sur la question. C’est  malheureusement une phase qui doit être grandement ignorée, pour la même raison que celle qui rend inopportun de discuter de certains aspects de la sexualité, c’est-à-dire l’incompréhension et le malentendu.

Les questions concernant l’époque, les infirmités physiques, les effets karmiques généalogiques, les tendances raciales, tout cela doit être pris en considération. Si c’est le cas, on pourra modifier les opinions et établir des vibrations qui modifieront les points de vue et les conditions actuelles. Mais cela ne changera strictement rien aux causes originelles qui ont conduit l’homme à succomber à ses désirs et à continuer de le faire.

Des effets identiques à ceux de la « sur-stimulation », c’est-à-dire une désintégration moléculaire et finalement la mort du corps, peuvent être également obtenus par une « sous-stimulation ». Cela se produit dans les cas où des effets généalogiques et karmiques se manifestent et que des tendances raciales ou familiales établies doivent être dépassées avant que l’âme ne puisse se libérer de leurs causes premières. Vous avez sans doute été témoin de cas où un changement aussi complet que soudain est survenu chez un alcoolique que ni lui ni personne d’autre ne peut expliquer d’aucune façon rationnelle. Cet effet est généralement le résultat de la pleine libération de la totalité des dettes karmiques d’une ligne donnée. Avec le paiement de cette dette, le processus de cautérisation dont nous avons parlé survient en tant que résultat d’une action du Soi Supérieur. Si cette personne avait été forcée de réformer ses habitudes contre son désir, elle aurait inévitablement rechuté dès que les restrictions temporaires auraient été levées. Il s’agit de l’un des cas où le temps constitue un facteur majeur.

Dans d’autres cas, lorsque les organes du corps n’ont pas reçu suffisamment de stimulants chimiques pour maintenir leur action naturelle, ils sont constamment en quête de ce qui leur manque. Si toutefois on leur en fournit le moindrement, il n’y a plus de désir particulier de commettre des excès. Dans un cas semblable, tout changement dans la structure moléculaire des glandes pinéale et pituitaire est mis en échec, et si celui qui fait usage de stimulants ne meurt par d’autres causes avant d’atteindre une période définie de son cycle de vie, il se produira un changement qui éliminera son besoin.

Il y a encore d’autres exemples. Je fais référence à ceux qui ont pleinement développé ces corps de transmission dans le cerveau, au-delà de tout besoin ou encore sans risque d’être affectés de manière préjudiciable. Ils peuvent prendre des stimulants ou ne pas en prendre, selon leur choix. Ils préfèrent généralement ne pas en prendre, pour le bien d’autrui.

Si vous êtes capables d’embrasser dans leur totalité les questions que j’ai soulevées, vous serez bien plus à même de vous forger un jugement impartial sur l’ensemble du thème des stimulants. C’est un sujet vieux comme le monde : celui des extrêmes, et les extrêmes mènent à la désintégration et à la mort dans les deux directions.

1 – N.D.É. Prohibition de l’alcool dans les années 1920 aux États-Unis.

HILARION - Temple 2 - Leçon 145
image_pdfEnregistrerimage_printImprimer