SAGESSE EGYPTIENNE – Partie 13

Blavatsky – Isis Dévoilée – Volume 1 – Chapitre XIV – SAGESSE EGYPTIENNE

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Or il est aisé de voir que les excavateurs d’Ellora, les constructeurs des anciennes pagodes, les architectes de Copan et des ruines de l’Amérique Centrale, ceux de Nagkon-Wat, et ceux des restes Egyptiens étaient, sinon de la même race, du moins de la même religion, celle que l’on enseignait dans les plus anciens mystères. De plus, les figures sur les murailles d’Angkor sont purement archaïques, et n’ont rien de commun avec les images et les idoles de Bouddha, qui sont probablement d’une origine beaucoup plus récente. « Ce qui donne un intérêt particulier à cette section, dit le docteur Bastian, c’est le fait que l’artiste a représenté les différentes nationalités dans tous leurs traits caractéristiques distinctifs, depuis le sauvage au nez plat, dans le vêtement orné de glands du Pnom et du Lao à cheveux ras, jusqu’au Rajapoute au nez droit avec l’épée et le bouclier, et le Maure barbu, formant un catalogue de nationalités, comme une autre colonne de Trajan, avec la conformation physique prédominante de chaque race. En résumé, il y a une telle prépondérance du type Grec dans les profils et les traits, de même que dans l’élégante attitude des cavaliers, que l’on pourrait supposer que, dans l’antiquité, Xe_nocrate, après avoir terminé ses travaux à Bombay, avait fait une excursion dans l’est (530) ».

C’est pourquoi si nous acceptons que les tribus d’Israël aient mis la main à l’édification de Nagkon-Wat, ce ne peut être celles qui furent dénombrées et envoyées à la recherche de la terre de Chanaan, dans le désert de Paran, mais bien leurs ancêtres, ce qui équivaut au rejet de ces tribus, comme conséquence de la révélation mosaïque. Mais où est la preuve historique que l’on ait entendu parler de ces tribus, avant la compilation de l’Ancien Testament, par Esdras ? Certains archéologues sont fermement convaincus que les douze tribus ne sont qu’un mythe (531), car il n’y a jamais eu de tribu de Siméon, et celle de Lévi était une caste. Le même problème reste encore à résoudre, à savoir si les Juifs ont jamais été en Palestine avant Cyrus. Depuis les fils de Jacob(), qui avaient tous épousé des Chananéennes, excepté Joseph(), dont la femme était la fille d’un prêtre Egyptien du Soleil, jusqu’au légendaire Livre des Juges, on reconnaît que les unions furent ouvertement pratiquées entre les dites tribus et les races idolâtres. « Et les enfants d’Israël habitèrent au milieu des Cananéens, des Hittites, des Amoréens, des Phéréziens, des Héviens et des Jébusiens ; ils prirent leurs filles pour femmes et ils donnèrent à leurs fils leurs propres filles, et ils servirent leurs dieux », dit le troisième chapitre des Juges… « et les enfants d’Israël… oublièrent le Seigneur leur Dieu et ils servirent Baal et les idoles ». Ce Baal était Moloch, M’Ich Karta ou Hercule. Il était adoré partout où allaient les Phéniciens. Comment les Israélites auraient-ils pu se maintenir en tribus puisque, sur l’autorité même de la Bible, nous voyons que des populations entières étaient d’année en année violemment enlevées par les Assyriens et autres conquérants ? « Et Israël a été emmené captif loin de son pays en Assyrie, où il est resté jusqu’à ce jour. Le Roi d’Assyrie fit venir des gens de Babylone, de Cutha, d’Awa, de Hameth et de Sépharvaim ; et les établit dans les villes de Samarie à la place des enfants d’Israël » (2 Rois, XVII, 23, 24) (532b).

Si le langage de la Palestine devint peu à peu sémitique, c’est à la suite de l’influence des Assyriens ; car la Phénicie en devint une dépendance dès l’époque d’Hiram, les Phéniciens ayant évidemment changé leur langue Chamitique pour la Sémitique. L’Assyrie était « la terre de Nemrod » (de Nimr le moucheté), et Nemrod, c’était Bacchus avec sa peau mouchetée de léopard. Cette peau de léopard est un accessoire sacré des « mystères » ; elle était employée à Eleusis, de même que dans les mystères de l’Egypte ; on la trouve sculptée dans les bas-reliefs des ruines de l’Amérique Centrale, couvrant le dos des sacrificateurs. Il en est fait mention dans les plus anciennes dissertations des Brahmanes sur la signification de leurs prières des sacrifices, l’Aytareya Brahmanam (533b). Elle est employée dans l‘Agnisthoma, les rites d’initiation du Mystère du Soma. Lorsque le néophyte doit « naître de nouveau », il est recouvert d’une peau de léopard, de laquelle il émerge comme du sein de sa mère. Les Kabires étaient aussi des dieux Assyriens. Ils avaient différents noms ; dans le langage commun ils étaient connus comme Jupiter et Bacchus, et quelquefois Achiochersos, Aschieros, Achiochersa et Casmilos (534) ; le peuple lui-même ne connaissait pas au juste le nombre de ces divinités. Dans le « langage sacré » ils avaient d’autres noms qui n’étaient connus que des hiérophantes et des prêtres ; et « il n’était pas permis de les divulguer ». Comment se fait-il donc que nous les trouvions reproduits dans les « postures » de Samothrace sur les murailles de Nagkon-Wat ? Comment se fait-il encore qu’on les prononce, quoique légèrement défigurés, dans ce même langage sacré au Tibet, au Siam et en Inde ?

Le nom de Kabires serait peut-être un dérivé de אבר , Abir, grand ; חבר Hébir, astrologue, ou Habir un associé ; ils étaient honorés à Hébron, la cité des Anakim, les géants. Le nom d’Abraham, d’après le Dr Wilder, a une « apparence fortement Kabirienne ». Le mot Heber ou Gheber est peut-être la racine étymologique d’Hébreux, appliquée à Nemrod et aux géants de la Bible, dans le sixième chapitre de la Genèse, mais nous devons chercher son origine bien avant l’époque de Moise. Le nom de Phénicien apporte avec lui sa propre preuve. Ils sont appelés Φυινικες par Manethon, ou Ph’Anakes, ce qui prouve que les Anakes, ou Anakim de Chanaan, par lesquels le peuple d’Israël s’il n’était pas de race identique, avait fini par être absorbé, à la suite de mariages, étaient les Phéniciens ou les problématiques Hyk-sos, comme le dit Manethon, et que Josephe déclare avoir été les ancêtres directs des Israélites. Ainsi donc, c’est dans ce pêle-mêle d’opinions, d’autorités contradictoires, et cette olla podrida historique que nous devons chercher une solution du mystère. Tant que l’origine des Hyk-sos n’est pas positivement fixée, nous ne saurons rien de certain au sujet du peuple Israélite qui, soit volontairement, soit autrement, a enchevêtré sa chronologie et son origine dans un fouillis inextricable. Mais si l’on démontre que les Hyk-sos étaient les pasteurs Palis de l’Indus, qui se transportèrent en partie dans l’Est, et qui descendaient de tribus nomades Aryennes de l’Inde, on se rendra, alors, plus facilement compte du mélange existant entre les mythes Bibliques et les Dieux des Mystères des Aryens et des Asiatiques. Ainsi que le dit Dunlap : « Les Hébreux en sortant d’Egypte se mélangèrent aux Chananéens ; point n’est besoin de chercher leur trace au-delà de l’Exode. C’est là leur commencement historique. Il était très facile de masquer cet événement lointain par le récit de traditions mythiques, et de préluder par le récit d’une origine dans laquelle les dieux (patriarches) figuraient comme leurs ancêtres ». Mais ce n’est pas leur commencement historique qui est la question capitale pour les savants et les théologiens. C’est leur début religieux. Et si nous pouvons suivre la trace des Hyk-sos (des Phéniciens, des constructeurs Ethiopiens et des Chaldéens) pour savoir si c’est aux Hindous que ces derniers doivent leurs connaissances, ou bien si ce sont les Brahmanes qui doivent les leurs aux Chaldéens, nous aurons le moyen de reconnaître la source et l’origine de toutes les prétendues révélations d’affirmations dogmatiques de la Bible, origine qu’il faut rechercher dans la pénombre de l’aurore de l’histoire ; et cela avant la séparation des familles Aryennes et Sémitiques. Et comment le faire plus sûrement, sinon à l’aide des moyens fournis par l’archéologie ? L’écriture peinte peut être détruite, mais si elle survit, elle ne peut mentir ; et si nous retrouvons les mêmes mythes, les mêmes idées, les mêmes symboles secrets sur les monuments par tout le globe : et si, de plus, on peut prouver que ces monuments sont antérieurs aux douze tribus « élues », nous pourrons alors montrer, sans risque de nous tromper, qu’au lieu d’être une révélation directe divine elle n’est qu’une réminiscence, incomplète, une tradition se perpétuant dans une tribu, qui s’est identifiée et mélangée, des siècles avant l’apparition d’Abraham(), avec les trois grandes familles mondiales ; les nations Aryenne, Sémitique et Touranienne, si c’est ainsi que nous devons les nommer.

Les Théraphim, du père d’Abraham(), Terah, le « faiseur d’images », étaient les dieux Kabires, et nous voyons qu’ils ont été adorés par Micah, par les Danites et autres (535). Les Théraphim étaient identiques aux Séraphins, et ceux-ci étaient des images de serpent, dont l’origine en sanscrit est Sarpa (le serpent), un symbole consacré à toutes les divinités, comme emblème de l’immortalité. Kiyun, ou le dieu Khiyun adoré par les Hébreux dans le désert est Siva, le dieu hindou (536b), de même que Saturne (537b). L’histoire Grecque montre que Dardanus, l’Arcadien, les ayant reçus en dot, les emporta en Samothrace, et de là à Troie ; et ils furent adorés longtemps avant les jours de gloire de Tyr et de Sidon, bien que celle-là ait été bâtie 2.760 ans avant Jésus-Christ. D’où Dardanus les avait-il tirés ?

Il est facile d’assigner un âge aux ruines, sur la seule preuve extérieure des probabilités ; mais il est plus difficile de le prouver. En attendant, les travaux cyclopéens de Ruad, de Béryte, de Marathos ressemblent même extérieurement à ceux de Petra, de Baalbeck et d’autres édifices Ethiopiens. D’autre part les assertions de certains archéologues qui ne trouvent aucune ressemblance entre les temples de l’Amérique Centrale et ceux de l’Egypte et de Siam, laissent parfaitement indifférent le symbologiste versé dans le langage secret de l’écriture peinte. Il voit les points de repère d’une seule et même doctrine sur tous ces monuments, et il lit leur histoire et leur filiation dans des signes imperceptibles pour le savant non-initié. Il y a aussi les traditions ; et une de celles-ci parle du dernier des rois initiés – (qui n’étaient que rarement admis aux ordres les plus élevés des confréries de l’Orient) – qui régnait en 1670. Ce roi de Siam était celui que l’ambassadeur de France, de la Loubere, tournait en ridicule, en le traitant de fou parce que pendant toute sa vie il avait cherché la pierre philosophale.

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