Relativement peu de gens parmi les nombreuses personnes qui occupent un poste d’autorité comprennent pleinement leur responsabilité personnelle dans l’échec de ceux qui se trouvent sous leur direction à être à la hauteur des principes qui leurs sont inculqués.
Très fréquemment, l’individu qui est la cause principale de la destruction de toutes les vibrations harmonieuses, de l’éclatement du foyer, de la nation ou de l’organisation est celui qui clame le plus fort son innocence et qui proteste contre l’injustice présumée de l’accusation voulant que la responsabilité de l’échec lui incombe ; et il croit ce qu’il dit, parce qu’il n’est pas conscient des limitations ou caractéristiques personnelles sur lesquelles ses méthodes sont fondées.
En général, l’homme moyen utilise trois méthodes d’application de son autorité – les trois menant éventuellement à l’échec –, et il est très rare que les instigateurs de l’une ou l’autre de ces méthodes reconnaissent la cause de leur incapacité à se faire obéir de leurs adhérents pendant une période de temps le moindrement longue. Par exemple, dans la méthode autoritaire, arbitraire et peu diplomatique – un désir évident d’obéissance forcée –, chaque directive ou ordre donné laisse, dans l’esprit de ceux qui y sont de quelque façon que ce soit assujettis, l’impression d’une attaque blessante, du ressentiment et de l’indignation, tout ceci étant clairement causé par un égotisme contrarié et un mépris inné de tous ceux qui ne correspondent pas à un modèle personnel créé de toutes pièces.
Rien ne peut retenir ensemble un groupe d’associés de ce genre, mis à part la lâcheté ou un amour suprême pour le foyer ou l’organisation, selon le cas. Quoi qu’il en soit, dans tous les cas, une semblable autorité possède une espérance de vie très limitée, car le plus parfait lâche va éventuellement se révolter une fois poussé aux limites de son endurance, et le plus grand amour succombera à l’injustice prolongée.
La deuxième méthode consiste en une faible capitulation devant les désirs et les exigences des éléments les plus forts du groupe, dans le but évident d’éviter les contretemps déplaisants et de prévenir les affrontements entre les esprits forts. Si cette méthode était mise en application, elle pourrait permettre la purification de l’atmosphère aurique et aussi de faire ressortir des qualités plus durables. Cependant, avoir la faiblesse d’opter pour une stratégie d’évitement pourrait aussi mener à l’éveil de jalousies mutuelles indignes et, finalement, à un si grand mépris de l’autorité en question que le groupe serait déchiré par la perte de son pouvoir de cohésion, tout ceci étant principalement dû à la mollesse, à la dévalorisation de soi et à la peur des résultats d’une action décisive.
La troisième méthode de contrôle est mise en application par un individu qui réfléchit continuellement et obstinément sur la manière d’établir une chaîne de rappels quotidiens de la position qu’il occupe et des obligations qui lui sont dues – qui sont dues à un personnage ayant une haute opinion de sa personne. Cette méthode est principalement le fruit des cogitations d’une personnalité rigide, sans souplesse, incapable de percevoir l’humour qui se trouve dans les conditions qu’elle met en place et qui ont pour résultat final, chez toutes les âmes qui se respectent dans leur sphère d’activité, le mépris ou la rébellion active contre cette manière d’exercer l’autorité.
Toutes ces manières de se conduire et toutes ces règles manquent des seules caractéristiques qui pourraient assurer le succès ultime de toute organisation, l’harmonie dans le foyer ou la paix dans une nation.
La surestimation, la dévalorisation ou l’inaction vont éventuellement soulever une rébellion active et empêcher à jamais l’unification d’un groupe – quel que soit le nombre de ses membres – en une organisation permanente.
Le soi peut être dominé par le désintéressement si les faits sont présentés d’une manière sage et qu’on si tient ou s’y attache d’une façon rigoureuse. Dans un cas semblable, une force irrésistible de soumission aux lois ou aux règles gouvernant une organisation peut être éveillée et appuyée par les membres actifs, une fois ces lois reconnues comme sages et bienfaisantes. Un foyer, une nation ou une organisation peuvent ainsi être rendus invulnérables.
Tant qu’on adhérera à ces principes et qu’on maintiendra ces conditions, le groupe ne pourra pas être brisé, car il est construit selon la « loi naturelle » sur un plan universel. Même si chaque troisième membre d’une organisation semblable était expulsé avec raison, il serait remplacé par une personne plus forte et mieux équipée. Mais vous pouvez être certains qu’aucun manque de loyauté et qu’aucune désobéissance volontaire ne peuvent être tolérés ni laissés impunis par le pouvoir gouvernant de cette organisation. La Loge Blanche est une organisation de ce genre.
Les êtres humains sont consciemment ou inconsciemment des candidats potentiels à l’admission dans cette organisation. Et vous pouvez être assurés qu’aucun candidat capable de trahir la confiance qu’on lui a accordée – à quelque niveau que ce soit –, capable de faussetés ou d’injustices volontaires, capable d’attaquer traîtreusement ses co-disciples ou d’ignorer ses obligations solennelles à son Soi Supérieur ne pourra éventuellement y obtenir la pleine initiation.
Le fait que l’âme sait qu’elle a fait ces choses, en raison de la faiblesse de la personnalité, l’amène à répéter les mêmes fautes dans son effort pour se justifier. Elle perd son pouvoir d’être juste, de dire la vérité et de se montrer miséricordieuse. Elle devient un véhicule qu’utiliseront les forces destructrices de la nature.
Elle devient l’équivalent le plus odieux et le plus proche, sur le plan humain, de l’oiseau qui pollue son propre nid et ses propres petits. Un homme ou une femme qui, par faiblesse ou par ignorance, se place dans un cet environnement ne peut éviter la contamination.
La personne qui se parjure volontairement, le faux ami, le traître ou le vautour humain ne font qu’éveiller en eux-mêmes la tendance à tuer les qualités qui leur ont permis d’être ce qu’ils sont. Ils agissent de la sorte suite au dévoilement de leur véritable place dans l’échelle de la vie, après que ceux qui méritent d’être respectés – ceux dont les actions révèlent les qualités opposées – aient protesté activement et résisté de façon décisive aux maux mentionnés plus haut.
Par conséquent, leur seule chance de réhabilitation – aux yeux des Dieux et des hommes, et à leurs propres yeux – réside dans l’attitude de leurs co-disciples envers ces offenses. C’est ce fait, et ce fait seulement, qui justifie la répudiation d’un homme par un autre, ou son expulsion d’un groupe par le pouvoir dirigeant de ce groupe. C’est la base de la « loi de Miséricorde ». Mais malheur à l’homme – ou au groupe – qui exécute une sentence pendant qu’il est lui-même souillé de la même boue, car aussi sûrement que les rayons du Soleil Spirituel Central touchent les frontières les plus reculées du cercle de manifestation, aussi sûrement le jugement tombera sur sa tête.
Malheur à l’homme qui, fier de sa propre intégrité, est sans merci pour le manque d’intégrité de son voisin.
La ligne qui sépare les deux est très mince, et l’homme sage trouvera cette ligne et s’y tiendra.
L’homme stupide l’ignorera ou niera son existence.
Cette ligne commence et se termine au point central de tout cycle d’action, et elle ne peut être trouvée qu’en cherchant la ligne de connexion entre tous les centres de tous les cycles de vie en manifestation, et en la suivant jusqu’au centre individuel requis.
HILARION - Temple 3 - Leçon 414


