QUELQUES MYSTERES DE LA NATURE – partie 7

Blavatsky – Isis Dévoilée – Volume 1 – Chapitre VIII – QUELQUES MYSTERES DE LA NATURE

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« La science véritable », dit le Dr Fenwick, dans Strange Story de Bulwer-Lytton « n’a pas de croyances ; elle ne connaît que trois états d’esprit : la négation, la conviction, et le vaste intervalle entre les deux, qui n’est pas la foi, mais la suspension du jugement. » Telle était peut-être la science au temps du Dr Fenwick. Mais la véritable science de nos temps modernes procède d’autre façon ; elle nie catégoriquement, sans la moindre investigation préliminaire, ou bien elle s’assoit dans l’intervalle, entre la négation et la conviction et, dictionnaire en main, elle invente de nouveaux termes gréco-latins pour désigner des genres d’hystérie inexistants.

Que de fois des clairvoyants puissants ou des adeptes du magnétisme ont décrit des épidémies et des manifestations physiques (bien qu’invisibles pour les autres) que la science attribuait à l’épilepsie, à des désordres hémato-nerveux, et que sais-je encore ? Manifestations d’origine somatique, qu’ils voyaient clairement, grâce à leur lucidité, dans la lumière astrale. Ils affirment que les « ondes électriques » étaient dans un état de perturbation violente et qu’ils discernaient une relation directe entre ce trouble de l’éther et l’épidémie mentale ou physique, qui faisait rage alors. Mais la science ne les a pas écoutés, et elle a continué son travail encyclopédique, qui consiste à donner des noms nouveaux à de vieilles choses.

« L’histoire », nous dit M. Du Potet, le prince des mesmériseurs français, « ne conserve que trop bien les tristes enregistrements concernant la sorcellerie. Les faits n’étaient que trop réels et donnaient lieu à d’affreux abus, à des pratiques monstrueuses ! … Mais comment ai-je trouvé cet art ? Où l’ai-je appris ? Dans mes idées ? Non ; C’est la nature elle-même qui me l’a fait connaître. Et comment ? En produisant sous mes yeux, sans que je les cherchasse d’abord, des faits indubitables de sorcellerie et de magie. Qu’est-ce, en effet, que le sommeil magnétique ? Un résultat de la puissance magique. Et qui détermine ces attractions, ces penchants subits, ces faveurs, ces antipathies, ces crises, ces convulsions que l’on peut rendre durables si ce n’est le principe même que nous employons, l’agent trop certainement connu des hommes du passé ! Ce que vous appelez fluide nerveux ou magnétisme, les anciens l’appelaient puissance occulte ou pouvoir de l’âme, sujétion, MAGIE ! »

« La Magie est fondée sur l’existence d’un monde mixte, placé en dehors de nous ; et avec lequel nous pouvons entrer en communication, par l’emploi de certains procédés et de certaines pratiques… Un élément existant dans la nature, inconnu de la plupart des hommes, s’empare de quelqu’un, le flétrit et le terrasse, comme un terrifiant ouragan le fait d’un jonc ; il éparpille au loin les hommes, les frappe en mille endroits à la fois, sans qu’il leur soit permis d’apercevoir l’ennemi invisible ou d’être capables de se protéger… tout cela est démontré. Mais que cet élément puisse choisir des amis et adopter des favoris, qu’il obéisse à leurs pensées, qu’il réponde à la voix humaine et comprenne le sens de signes tracés, voilà ce que les gens ne peuvent réaliser, et ce que leur raison rejette, et c’est ce que j’ai vu et, je le dis résolument, ce qui est pour moi un fait et une vérité à jamais démontrée (463). »

« Si j’entrais dans de plus longs détails, on pourrait aisément comprendre qu’il existe autour de nous, comme en nous-mêmes, des êtres mystérieux, qui ont un pouvoir et une forme ; Qui entrent et sortent à volonté, malgré les portes les mieux closes (464). » En outre, le grand magnétiseur nous apprend que la faculté de diriger ce fluide est une « propriété physique résultant de notre organisation… il passe à travers tous les corps… toute chose peut être employée comme un conducteur pour les opérations magiques, et peut conserver le pouvoir de produire, à son tour, des effets »… Cette théorie est commune à tous les philosophes hermétiques. Le pouvoir de ce fluide est tel « qu’il n’est point de force physique ou chimique capable de le détruire… Il y a une très petite analogie entre les fluides impondérables connus des physiciens, et ce fluide magnétique animal (465). »

Si nous nous reportons maintenant au moyen âge, nous trouvons, entre autres, Cornélius Agrippa, qui nous dit précisément la même chose : « La force universelle toujours changeante, « l’âme du monde » peut féconder quoi que ce soit en lui infusant ses propriétés célestes. Préparés suivant la formule enseignée par la science, ces objets reçoivent le don de nous communiquer leur vertu. Il suffit de les porter, pour les sentir aussitôt opérer sur l’âme, aussi bien que sur le corps… L’âme humaine possède, par le seul fait d’être de même essence que toute la création, un pouvoir merveilleux. Celui qui en possède le secret, peut s’élever dans la science et les connaissances humaines aussi haut que son imagination peut atteindre ; mais il ne le peut qu’à la condition de devenir intimement uni à cette force universelle… La vérité, voire même l’avenir, peuvent être rendus présents aux yeux de l’âme ; et ce fait a été bien des fois démontré par des événements qui se sont accomplis, tels qu’ils avaient été vus et décrits d’avance… le temps et l’espace disparaissent devant le regard d’aigle de l’âme immortelle… son pouvoir est sans limites… elle frappe à travers l’espace, et enveloppe de sa présence un homme, quelle que soit la distance, elle peut plonger en lui, et le pénétrer entièrement, et lui faire entendre la voix de la personne à qui elle appartient comme si cette personne était dans la chambre (466). »

Si, nous ne voulons pas chercher nos preuves ou nos renseignements dans la philosophie hermétique du moyen âge, nous pouvons aller plus avant encore dans l’antiquité, et choisir dans la grande pléiade des philosophes des siècles qui ont précédé notre ère, quelqu’un qui puisse le moins être accusé de superstition et de crédulité : Ciceron. Parlant de ceux qu’il appelle des dieux et qui sont des esprits humains ou des esprits atmosphériques, il dit : « Nous savons que de tous les êtres vivants, l’homme est le mieux formé, et comme les dieux sont de ce nombre, ils doivent avoir la forme humaine… Je ne veux pas dire que les dieux ont corps et sang en eux ; je dis qu’ils semblent avoir des corps avec du sang… Epicure, pour qui les choses cachées étaient aussi tangibles que s’il les eût touchées du doigt, nous apprend que les dieux ne sont pas généralement visibles, mais qu’ils sont intelligibles ; qu’ils ne sont pas des corps solides… mais que nous pouvons les reconnaître par leur image qui passe ; Que, comme il y a assez d’atomes dans l’espace infini pour produire de telles images, celles-là se produisent devant nous…, et nous donnent une idée de ce que sont ces bienheureux être immortels (467). »

« Lorsqu’un initié », dit à son tour Eliphas Levi, « est devenu tout à fait lucide, il communique et dirige à volonté les vibrations magnétiques dans la masse de la lumière astrale… Transformée en lumière humaine au moment de la conception, elle (la lumière) devient la première enveloppe de l’âme ; par combinaison avec les fluides les plus subtils, elle forme un corps éthéré ou le fantôme sidéral, qui n’est entièrement dégagé qu’au moment de la mort (468). » Projeter ce corps éthéré à n’importe quelle distance ; le rendre plus objectif et tangible en condensant, sur sa forme fluidique, les ondes de son essence mère, voilà le grand secret de l’adepte-magicien.

La magie théurgique est la dernière expression de la science psychologique occulte. Les Académiciens la repoussent, comme une hallucination de cerveaux malades, ou la flétrissent de l’opprobre du charlatanisme. Nous leur contestons, de la façon la plus formelle, le droit d’exprimer leur opinion sur un sujet qu’ils n’ont jamais étudié. Ils n’ont pas plus le droit, dans l’état actuel de leurs connaissances, de juger la magie et le spiritisme, qu’un indigène des îles Fidgi de hasarder son avis, sur les travaux de Faraday ou d’Agassiz. Tout ce qu’ils peuvent faire un jour, c’est de corriger leurs erreurs du jour précédent. Il y a près de trois mille ans, antérieurement à Pythagore, les anciens philosophes professaient que la lumière était pondérable, et par conséquent de la matière, et que la lumière était une force. La théorie corpusculaire, par suite de certains échecs de Newton() pour en rendre compte, fut tournée en ridicule, et la théorie ondulatoire, qui proclame que la lumière est impondérable, fut acceptée. Et maintenant, voilà le monde stupéfait de voir M. Crookes peser la lumière avec son radiomètre. Les Pythagoriciens soutenaient que ni le soleil ni les étoiles n’étaient les sources de la chaleur ou de la lumière ; que le premier n’était qu’un agent ; Mais les écoles modernes enseignent le contraire.

On en peut dire autant de la loi de gravitation de Newton(). Suivant strictement la doctrine de Pythagore, Platon professait que la gravitation n’est pas simplement la loi de l’attraction magnétique des corps moindres par les corps plus grands, mais bien une répulsion magnétique des semblables et une attraction des contraires. « Les choses réunies, contrairement à la nature, se font naturellement la guerre et se repoussent mutuellement (469). » Cela ne veut pas dire que la répulsion a lieu nécessairement entre des corps de propriétés dissemblables, mais que, lorsque des corps naturellement en antagonisme sont mis en contact, ils se repoussent réciproquement. Les recherches de Bart et de Schweigger ne laissent que peu ou point de doutes sur le fait que les anciens étaient bien au courant des attractions mutuelles du fer et de l’aimant, aussi bien due des propriétés positives et négatives de l’électricité, quels que soient les noms qu’ils lui donnaient. Les relations magnétiques réciproques des globes planétaires, qui sont tous des aimants, étaient pour eux un fait démontré, et les aérolithes, non seulement étaient nommés par eux pierres magnétiques, mais encore étaient employés dans les Mystères, pour les usages auxquels maintenant nous employons les aimants. Par conséquent, lorsque le professeur Mayer de l’Institut de Technologie de Stevens disait en 1872, au Club Scientifique de Yale, que la terre est un grand aimant, et qu’ « à la moindre agitation, survenant soudainement à la surface du soleil, le magnétisme de la terre éprouve une perturbation profonde d’équilibre, imprimant des secousses aux aimants de nos observatoires, et produisant ces grands jaillissements de lumière polaire dont les flammes brillantes dansent au même rythme que l’aiguille instable (470) », il ne faisait que redire, en bon anglais, ce qui avait été dit en bon dialecte Dorique, nombre de siècles avant que le premier philosophe chrétien n’ai vu le jour.

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