Vous qui soutenez que l’amour dépend du respect, vous ne connaissez pas, vous ne pouvez jamais connaître ce qu’est l’amour, et par conséquent de quoi il se nourrit, tant que votre tête n’a pas été rabaissée et votre âme traînée dans la fange du mépris du monde pour l’amour. Vous ne pouvez pas non plus comprendre pourquoi les hommes et les femmes se couchent sur le bûcher funéraire du mépris et de la condamnation de soi en commettant des actions qu’ils condamneraient chez d’autres – des actions qui, ils le savent, reviendront devant leur propre âme pour y être enregistrées – et tout cela pour l’amour.
Pour comprendre, vous devez connaître quelque chose des forces qui sont actives en vous et autour de vous, vous devez connaître quelque chose des vies miniatures qui composent ces forces et qui sont suffisamment puissantes pour conquérir tout, sauf la volonté spirituelle.
En général, l’homme ne sait pas qu’il se rend esclave, par ses actions, de divers ordres de vie distincts, dont les membres sont aussi réels, aussi individuels que toute autre créature des royaumes de la nature. Son ignorance concernant sa puissance créatrice dans les domaines intérieurs de la vie le laisse souvent à la merci de ses propres créations.
Cette ignorance le rend incapable de contrôler ces entités. Son mépris de ce qu’il croit être les superstitions du passé et sa confiance absolue dans les découvertes de la science moderne lui nuisent beaucoup. Il ne sait pas que les anciens ont commencé à étudier la vie au niveau que la science moderne vient tout juste d’atteindre, et ont poursuivi leurs recherches dans des domaines que les scientifiques modernes n’ont pas encore découverts. Les anciens ont appris que ce qu’on appelle maintenant des degrés de force et d’énergie sont des ordres distincts de vie intelligente, avec leurs gouvernements et leurs lois propres, et que ces vies infinitésimales sont indissolublement liées à tous les autres ordres de vie, grands et petits.
Un grand nombre de gens admettront qu’un orage électrique a sur eux un effet particulier, déprimant ou stimulant, selon le cas. Mais essayez de leur dire que les effets qu’ils sentent sont causés par un contact direct avec une quantité innombrable de vies de feu, les élémentaux. Chaque éclair, chaque chatoiement du ciel les révèle partiellement. Ce sont des créatures conscientes, qui frappent sans cesse sur leurs nerfs, et y ajoutent ou en retirent la force de feu qui est leur support naturel. En vous écoutant, vos auditeurs auront certainement pour vous un sourire condescendant.
Vous avez peut-être déjà vu une immense volée d’oiseaux destructeurs atterrir sur un verger ou sur un champ de grains et le laisser parfaitement nu, ou un nuage d’insectes passer sur une grande section de terre, et la laisser complètement dépouillée de toute verdure. Bien que la dévastation ne soit pas si perceptible à l’œil humain, le passage sur une race ou une nation d’êtres humains de milliards de ces élémentaux de feu de qualité négative a un effet assez semblable. Les membres de cette race perdent inévitablement une grande partie de leur vitalité physique et de leur force nerveuse. La volonté et l’esprit humains peuvent neutraliser une bonne partie de l’action de ces vies inférieures, mais il se produit toujours une perte notable de force nerveuse, qui doit ensuite être remplacée, faute de quoi la victime demeure plus sensible à l’action des autres forces ennemies.
Ces forces inférieures ne constituent qu’un seul rang de soldats parmi les innombrables légions engagées dans la grande bataille de la vie. On ne doit ni les craindre ni les mépriser, mais simplement les garder sur leur propre côté de la ligne de bataille.
Elles sont aussi sujettes aux lois universelles que l’être humain, et sont sensibles aux mêmes influences. Elles sont sans âme, et par conséquent irresponsables, et elles sont soumises à l’esprit et à la volonté des ordres supérieurs de vie. Elles causent un grand nombre d’épidémies. Lorsqu’elles sont poussées par un désir malveillant, conscient ou inconscient, d’un être humain, elles peuvent exercer une terrible pression sur les nerfs et la matière grise du cerveau de la victime. Tout ceci étant, n’est-il pas utile de les étudier et de se protéger contre elles lorsque cela est possible ?
Ceci me ramène à mes phrases du début. Plus un attribut est élevé sur l’échelle de la vie, plus il est puissant pour le bien ou le mal. L’aspect négatif de l’amour attire les activités les plus cruelles, les plus aveugles, les plus égoïstes, les plus destructives des élémentaux de feu de ce niveau.
L’aspect positif de cet attribut est son inverse à tous égards. Les vies inférieures qui se manifestent suite à l’activité de l’aspect positif de l’amour sont tenaces, généreuses et lucides. Quel que soit l’objet, la chose ou la personne qui a suscité l’amour d’un être humain, celui-ci est sujet à un bombardement constant de ces vies inférieures. Par conséquent, il se produit chez lui une augmentation continuelle en force et en puissance des qualités qui sont particulièrement actives, chez les élémentaux, de l’aspect positif de l’amour, ce qui réduit la force de la volonté et de l’esprit de l’homme inférieur.
Ce dernier ne peut pas briser cette sujétion à la personne ou à la chose même s’il le souhaite. C’est pour cette raison que le caractère, les qualités ou les limites de l’objet de l’amour, si peu digne soit-il de cet amour, n’ont rien à voir avec la véritable question.
Lorsque la force qui active ces vies inférieures est épuisée, soit par le temps ou par l’action d’une volonté spirituelle éveillée, et que l’âme est par conséquent libérée de son enchantement, le pouvoir de l’aspect positif du grand principe d’amour est transféré de l’individu au groupe, et la satisfaction égoïste que la personne ressentait jusque-là dans son amour pour un seul objet est énormément multipliée.
C’est alors que l’âme éveillée découvre ce qu’est l’amour.
HILARION - Temple 1 - Leçon 116


