Si vous désirez véritablement servir ceux qui sont dans le besoin, faites attention de ne pas perdre de vue « l’aide à apporter » quand vous tomberez en admiration devant votre capacité de servir. Vous pouvez détruire avec un seul mot beaucoup plus que ce que vous pouvez construire avec plusieurs mots. Il faut de la grandeur d’âme pour échanger la première personne du singulier contre la première personne du pluriel, pour renoncer au « je » pour le « nous ».
Il n’y a pas de plus sûr moyen de soulever le doute dans l’esprit de quelqu’un concernant votre sincérité et votre véracité si, lorsque vous faites étalage de quelque pouvoir spirituel imaginaire, vous passez votre temps à mentionner que vous n’y êtes pour rien. Lorsque la faim de posséder une qualité enviable déchire votre âme à force de désir, faites attention de crainte que votre prétention à la posséder ne vous mène sur des sentiers où cette qualité des plus désirables ne saurait être trouvée. La faim insatisfaite de l’âme, tout comme celle du corps, peut mener à la dissolution si elle n’est pas maîtrisée par la volonté.
En effet, pour celui dont les pieds foulent le sentier de l’illumination, la distance entre admirer un attribut spirituel désirable et s’imaginer qu’on le possède est très courte. La descente depuis la hauteur atteinte sur ce sentier est faite de longues et dures périodes, jusqu’à ce que l’Ego ait saisie la différence entre « désirer » et « posséder ».
Pourtant, le néophyte doit parcourir les deux premières étapes du sentier de l’illumination, celles du désir et de l’admiration, s’il veut parvenir aux deux étapes suivantes, l’effort et la possession. C’est pendant qu’il franchit la troisième étape que son épreuve suprême lui est présentée, car alors il fait face au Gardien du Seuil – son moi. Poussé en avant par l’ambition, c’est à partir de cette troisième étape que le néophyte tombe, retombe, et retombe encore et encore, jusqu’à ce qu’il ait découvert son « bâton de grimpeur » – le discernement – et qu’il l’utilise continuellement par la suite.
Pour un grand musicien, il est vraiment triste de devoir supporter patiemment et avec humilité les critiques de certains de ses élèves pour son exécution de gammes élémentaires. Pourtant, le plus grand Musicien de tous, le Seigneur Dieu tout-puissant, ne supporte pas seulement la critique de la part de la moindre de ses créations – l’égotiste abject – mais aussi la condamnation de ses méthodes de création et des lois qui les gouvernent.
Un petit enfant peut conduire un adulte si la personne est aveugle. De même, celui dont les yeux spirituels sont ouverts, même s’il manque d’instruction, peut enseigner à un homme instruit des choses ayant plus de valeur que ne pourrait le faire toute méthode extérieure d’éducation, si cet homme est aveugle à ses propres limitations ou à ses propres faiblesses de caractère.
Est vraiment sage la personne qui peut cacher sa connaissance sous les apparences de la simplicité.
HILARION - Temple 2 - Leçon 271


