MOUVEMENT ET VIBRATION

Ces derniers temps, pendant que les partisans de ce qu’on appelle communément les sciences exactes ont atteint la limite de leurs recherches dans les spécialités où ils puisent la matière concrète et palpable de leurs travaux, une autre classe de chercheurs se lève qui, tout en étant disposée à accepter les découvertes des scientifiques les ayant précédés, tant que ces dernières font appel à la raison et aux cinq sens, ne veulent pas en rester là. Le sixième sens qui se développe maintenant a déjà donné des preuves indubitables d’un ou plusieurs champs de recherche insoupçonnés jusqu’à ce jour ou encore acceptés comme de simples hypothèses.

La découverte de plusieurs éléments jusqu’ici inconnus de l’ensemble de l’humanité – mais connus de longue date des Initiés de la Grande Loge Blanche sous d’autres noms que ceux utilisés par les scientifiques contemporains – a eu pour résultat d’ouvrir plusieurs portes conduisant à la solution de certains des mystères de la vie ; et la recherche dans ces domaines particuliers a conduit à l’acceptation définitive des déclarations des dits Initiés par la classe de chercheurs précédemment mentionnée, parmi lesquels se trouvent des admirateurs des anciens alchimistes.

Ces nouveaux champs de recherche approchent de très près les forces subtiles de la nature, face auxquelles l’homme aux cinq sens ne peut que garder une certaine distance.

L’intuition et la coordination, deux des qualités du sixième sens, peuvent sauter la barrière des cinq sens inférieurs et atteindre quelque point de démarcation entre l’Esprit et la Matière ; mais, c’est seulement le septième sens, le sens de synthèse, qui peut sur l’arc ascendant dépasser ce point et ainsi pénétrer les royaumes spirituels. Et c’est parce que ces Initiés ont développé ce sens de synthèse au plus haut degré qu’ils sont capables de formuler les vérités absolues concernant les royaumes spirituels. Lorsque l’un de ces grands Maîtres des hommes et des choses établit de façon non équivoque que toute vie manifestée – toute forme de vie – est le résultat du mouvement et de la vibration, il s’ensuit naturellement que ceux qui peuvent accepter ces déclarations désirent en savoir un peu plus sur la nature de ce qui est mis en mouvement et en vibration ainsi que sur le principe fondamental en cause.

L’occultiste moyen vous dira d’étudier La doctrine secrète ou des travaux similaires pour obtenir cette connaissance. Mais, alors que cette connaissance est indispensable à un certain stade de vos efforts, je vous dirais d’utiliser tout d’abord quelques rudiments de ce sixième sens que vous avez déjà développé afin de chercher l’idée-force de ce mouvement qui vous unit inséparablement à la conscience de la Divinité ; cette idée-force est le Christos – le Christ – qui fait résonner cette note dans votre âme de crainte que vous ne vous perdiez dans un labyrinthe de généralités mentales confuses ne possédant aucune sortie.

Mais, considérez en premier lieu cette déclaration : ce qui est mis en mouvement et en vibration est le vêtement du Christos – le Christ – en vous, en moi, en chaque chose et en chaque créature vivante, le Christ qui règne de manière suprême sur toute chose, le Christ qui tisse pour lui-même un vêtement au moyen de cette force vitale que les anciens nommaient « Akasha » ou « Archée ». Dans le premier chapitre de l’Évangile selon saint Jean, on peut vérifier la déclaration mentionnée plus haut : « Au commencement était le Verbe et le Verbe était avec Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement avec Dieu. Toutes choses furent faites par Lui, et rien de ce qui fut fait ne le fut sans Lui. » Le Verbe, le Fils premier-né de Dieu, l’Absolu, est le Christos. Ce que nous exprimons faiblement par les termes « le noumène de l’électricité », ce grand mystère de la science, est le Verbe – Fohat dans la philosophie occulte –, le Christos, le pouvoir et la puissance de toute énergie et de toute force en manifestation. Et lorsque le mouvement per se commence à produire la vibration, le point de démarcation entre l’Esprit et la Matière est atteint. Le Christos commence alors à construire une forme pour sa manifestation, la forme de l’Homme Céleste, le modèle pour l’humanité –, et il la construit au moyen de la vibration. Et la forme de l’Homme Céleste est le siège de la vibration – le Soleil Central.

Chaque forme et chaque degré de matière sont créés par quelque mode ou taux vibratoire, et ils répondent à une note ou clé bien définie, à la fois en provenance du haut et du bas. Un Maître de l’un des degrés supérieurs de la vie possède en lui-même le pouvoir de changer le cours de chaque onde vibratoire à l’intérieur d’un cercle défini ou sphère d’opération. Il possède en lui-même le diapason, pour parler de manière figurative, au moyen duquel il peut trouver la clé de la vibration du son, de la lumière, de la chaleur ou de l’électricité. Ce diapason correspond quelque peu à l’émetteur et au récepteur d’un appareil sans fil, bien que ce dernier soit très en deçà du diapason humain lorsqu’il atteint sa perfection. Avec un appareil sans fil parfaitement développé, un opérateur pourrait modifier la direction des ondes de chaleur en changeant les vibrations à l’intérieur d’une zone déterminée. Il pourrait faire se réfracter les ondes transversales et les transformer en ondes rectilignes ou horizontales1, et ainsi geler et solidifier tout ce qui se trouverait dans cette zone. Il pourrait faire la même chose avec les rayons de lumière, et aucun rayon lumineux ne pourrait pénétrer l’obscurité de cette zone. Il pourrait changer le cours des ondes électriques et aucun son ne pourrait pénétrer ce périmètre. Il pourrait en accroître la puissance, et toute créature présente serait instantanément électrocutée. En possession du pouvoir de changer la course ou d’arrêter les vibrations de chacune des quatre énergies constructrices et destructrices de vie – les filles de Fohat –, il pourrait faire disparaître toute manifestation de vie dans un certain secteur de la Terre, pour autant que la vie sur le plan physique soit concernée, et il pourrait faire tout cela en manipulant quelques clés accordées à celles des ondes vibratoires de l’éther et de l’air.

Lorsque l’homme parvient à prendre conscience de ces grandes vérités, sa « ressemblance avec Dieu » devient évidente.

Même maintenant, il utilise inconsciemment, dans le domaine de sa propre aura, le pouvoir du diapason humain mentionné plus haut, et ce jusqu’à un certain degré. Chaque acte conscient motivé par une bonne ou une mauvaise intention change le cours de quelque onde vibratoire et ainsi crée, change ou désintègre quelque forme de substance dans cette sphère aurique – le vêtement akashique du Christ –, le Christ dont la conscience animera le corps Nirmanakaya lorsque l’Ego, votre être réel, aura mérité ce corps après un labeur prolongé. Réfléchissez quelques instants à ce qu’une semblable destinée de l’être humain signifie, quand, dans vos heures d’abattement, d’aversion et de découragement, vous examinez les manifestations du mal en vous-même et chez les autres, et que vous ne pensez plus au pouvoir qui peut inverser ce mal.

Si même la plus légère prise de conscience de ce qui précède survient dans ces moments-là, vous ne direz plus jamais que la vie ne vaut pas la peine d’être vécue.

Note : l’intuition, la coordination, l’imagination, la compassion, la volonté, l’appréhension2, sont les qualités du sixième sens.

PLANCHE I

Planche-1

La planche I montre les intervalles musicaux obtenus par l’oscillation d’un pendule double3, au bout duquel est placé un entonnoir en verre rempli de sable fin. La longueur relative de chacune des tiges retenant les masses peut être modifiée.

Si la longueur de la tige la plus courte fait le quart de la plus longue, la première exécutera le double d’oscillations dans une même période de temps. Ceci est en accord avec la loi qui veut que le nombre d’oscillations de n’importe quel pendule varie de façon inversement proportionnelle à la racine carrée de la longueur de la tige. Mais, dans le pendule double, la masse inférieure ne peut suivre deux directions à la fois. Par conséquent, son mouvement s’établira le long d’une course intermédiaire entre les deux lignes droites théoriques, et le résultat sera la combinaison des deux oscillations en une parabole (figure « A » de la planche I). La mesure du rythme des oscillations des deux masses dans le cas considéré suit un rapport de 1 à 2 (1 : 2), et ce rapport exprime également l’intervalle de « l’octave ». La figure « A » de la planche I est par conséquent la courbe qui correspond à cet intervalle.

Si nous modifions la longueur relative des deux tiges et lançons les masses de la même manière que précédemment, nous obtenons une configuration complètement différente. En utilisant le rapport de longueur de 4 à 9 (4 : 9) pour les deux tiges, le sable de l’entonnoir décrit la figure « B » (planche I). Les racines carrées de 4 et 9 sont respectivement 2 et 3. Par conséquent, alors que la masse attachée au fil le plus long exécute deux oscillations, celle attachée au fil le plus court en réalise trois. Le rapport de 2 à 3 (2 : 3) exprime l’intervalle de « quinte », et donc la figure « B » de la planche I peut être considérée comme l’expression visible de cet intervalle.

En utilisant les longueurs relatives de 9 et 16 (9 : 16) pour les tiges retenant les deux masses – dont les racines carrées sont respectivement 3 et 4 –, nous obtenons la figure « C » de la planche I, qui correspond à l’intervalle de « quarte ». De manière similaire, si nous utilisons les longueurs relatives de 16 et 25 (16 : 25), nous obtenons la figure « D » de la planche I. Les racines carrées de 16 et 25 sont respectivement 4 et 5. Ce rapport exprime donc l’intervalle de « tierce majeure ». La figure « D » de la planche I correspond par conséquent à cet intervalle.

De la même manière, en changeant la longueur relative des tiges, nous pourrions obtenir des figures correspondant à tous les intervalles connus en musique. Nous trouverions que les figures exprimant les intervalles deviennent de plus en plus complexes alors que les nombres représentant ces derniers deviennent de plus en plus grands.

Extrait tiré de Sound and Music

PLANCHE II

Planche-2

Expression visible des vibrations sonores composant l’accord de quinte (accord parfait).

PLANCHE III

Planche3

Expression visible des vibrations sonores composant l’accord de quarte (accord parfait).

PLANCHE IV

Planche4

Le tracé de la planche IV a été obtenu par une modification de la longueur relative des tiges d’un pendule double de façon à obtenir des intervalles musicaux.

Ce tracé a été obtenu au moyen d’un pendule double dont la longueur des tiges pouvait être modifiée. Il a été réalisé sur une plaque de verre noircie au moyen de fumée de camphre après avoir été déposée sur le condensateur d’une lanterne verticale. Le processus est décrit comme suit dans Sound and Music :

Les masses sont ajustées de manière à ce que l’une d’elles oscille deux fois pendant que l’autre oscille trois fois. Le lancement simultané des deux masses conduit la pointe traçante à décrire une courbe correspondant à l’accord musical de quinte. Une fois lancées, les masses révèlent instantanément, là où l’écran était noir l’instant d’avant, une belle courbe brillante qui devient de plus en plus complexe. La pointe traçante retourne finalement à son point de départ et la courbe délimitant l’accord de quinte est achevée.

Extrait tiré de Sound and Music

PLANCHE V

Planche5

Les images de la planche V ont été produites par la vibration du son transmise à une flamme.

L’image de la flamme correspondant à la note fondamentale4 de l’accord de douzième est illustrée par la figure 1 (planche V). Sur la figure 2 (planche V), l’image représente l’accord de douzième. Elle montre qu’il s’y trouve trois fois plus de vibrations que dans celle de la note fondamentale. Les deux flammes combinées donnent le rapport de 1 à 3 (1 : 3). La dernière image montre les constituants du son analysé comme si chacun des constituants était examiné séparément.

Extrait tiré de Sound and Music

PLANCHE VI

Planche-6

La planche VI montre une image remarquable caractérisant le son particulier de la lettre « r».

1 N.D.É. Une onde transversale vibre dans le plan perpendiculaire à sa direction de propagation. Elle anime par exemple une corde de guitare que l’on pince, et c’est aussi la forme que l’on accorde aux ondes électromagnétiques. Une onde rectiligne ou horizontale, également appelée onde longitudinale, oscille dans la direction de la propagation, d’avant en arrière, et correspond au mode de propagation du son.

2 N.D.É. Appréhension : fait de saisir par l’esprit.

3 N.D.É. Un pendule double est un pendule à l’extrémité duquel on accroche un autre pendule. On a donc deux tiges de longueur l1 et l2, de masse nulle, et deux masses, m1 et m2.

4 N.D.É. La note fondamentale d’un accord est celle qui sert de base à cet accord quelle que soit sa position au sein de celui-ci ; lorsque l’accord est parfait, la note fondamentale correspond à la basse.

HILARION - Temple 2 - Leçon 176
image_pdfEnregistrerimage_printImprimer