MAHA MAYA – LA DIVINE ILLUSION

De façon générale, l’égotisme naturel de l’homme fait en sorte qu’il est disposé à accepter le concept philosophique d’une « union de Dieu et de l’homme », du moins en tant qu’hypothèse de travail, mais il ne peut offrir aucune preuve satisfaisante de la vérité de ses conclusions à d’autres esprits.

Dans la mesure où il peut découvrir en lui-même les attributs dont il orne mentalement son Dieu idéal, il en arrive éventuellement à ce qui constitue pour lui une preuve de la proximité de Dieu. Cependant, son imagination ne peut concevoir une forme spirituelle qui puisse incarner ces attributs, une forme qui se trouverait être suffisamment élevée pour correspondre à son idéal de Dieu et, dans le même temps, qui ne ferait qu’un avec son corps physique.

Une union de ce genre implique la reconnaissance d’une relation ou d’un lien qui soit commun à Dieu et à l’homme, et ce, afin de pouvoir convaincre l’intellect de l’homme qu’une association entre l’Esprit et la Matière peut être trouvée dans le corps humain. Ce lien existe réellement dans l’homme, dans le principe de la conscience.

En dernière analyse, « Dieu en l’homme » se trouve être une extension ou un reflet de la conscience de Dieu. Toutes les formes de substance, de force et de matière sont des illusions du point de vue de l’Absolu. Elles n’ont aucune existence réelle et permanente en dehors de la conscience. L’espace et le temps, le mouvement – le son silencieux – et la lumière sont les quatre premières émanations de l’Absolu – la Divinité –, les premières créations de la Conscience cosmique ou divine afin de se manifester en tant qu’énergie universelle et, subséquemment, en tant que forme et substance.

La conscience conçoit toutes les formes, divines et humaines, et dirige les activités de ces créations cosmiques. Les différentes vitesses de mouvement permettent à la substance indifférenciée – la lumière – de se manifester en tant que formes de substance ou encore plans de mouvement.

L’homme ne peut comprendre que peu de choses des phénomènes de la nature qui l’entourent avant d’avoir acquis une idée de l’illusion divine de toutes les formes de vie manifestées. Il ne peut se fier à ses sens : ceux-ci le trompent continuellement quant aux causes fondamentales des effets de l’action qu’il perçoit autour de lui. Bien des objets visibles et audibles paraissent réels et massifs, mais le passage du temps et l’action des forces naturelles les désintègrent et ils disparaissent de la vue. Il ne peut découvrir au moyen de ses sens ce qui a produit ces changements.

L’âme dans son corps crie continuellement dans l’espoir d’être reconnue comme ce qu’il croit être la Divinité, mais tant qu’il ne réalisera pas qu’il existe une conscience commune entre l’Être divin et lui-même, conscience qui permet l’intercommunication entre cet Être et son âme, il ne saurait trouver de réponse à ces cris.

Lorsque ceci se produit, il commence à comprendre ce que signifie le mot « illusion » appliqué à la matière. La production scientifique d’un film fournit une bonne illustration du caractère illusoire de la substance, de la force et de la matière. La conscience du concepteur du scénario qui doit être produit, avec tous ses personnages et ses diverses scènes, donne une idée de la conscience de la Divinité qui a conçu le grand drame de la vie mis en scène par l’humanité dans le temps. Dans le cas d’un film et dans celui de la vie, la lumière est la source fondamentale du pouvoir de production, car la lumière est la substance électronique avec laquelle et par laquelle toutes les formes de vie sont d’abord créées. L’écran matériel sur lequel est projeté le film correspond au grand écran de l’espace dans toutes ses dimensions, écran sur lequel le drame de la vie est projeté. La lumière est la source fondamentale du pouvoir de production dans les deux cas, car la lumière est la substance avec laquelle et par laquelle toutes les formes de vie se développent et évoluent.

Toute énergie est principalement éveillée par le mouvement qui projette la lumière en vagues de densités et vélocités variables. En conséquence, l’énergie du moteur qui projette les images du film sur l’écran matériel et l’énergie qui projette le grand drame de la vie sur l’écran de l’espace découlent de la même source fondamentale. Mais tant le film que le drame sont des illusions : aucun n’est réel. Les deux sont des reproductions, les deux sont des images matérialisées de choses conçues dans la conscience de Dieu.

La conscience seule est réelle, éternelle, et elle inclut tout.

HILARION - Temple 3 - Leçon 405
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