L’EXAMEN DE CONSCIENCE

Vous qui avez soif de pouvoir, d’influence, de possessions ; vous qui croyez que cette faim provient d’une motivation désintéressée envers le plus grand nombre ; vous qui croyez que votre vision particulière de la vie est la seule capable d’extraire l’ordre du chaos dans lequel, à vos yeux, le monde semble être maintenant plongé, et qui ne possédez pas la première chose requise pour remporter quelque succès au moyen du pouvoir, ou encore pour élaborer un plan par lequel vous pourriez gouverner votre propre personnalité ; je vous le dis, faites un examen de conscience honnête et apprenez ainsi quels sont les obstacles qui doivent être dépassés, non seulement en vous-même, mais aussi chez les autres.

Parce qu’un ferme examen de conscience révélera ces qualités qui sont en vous et que vous êtes si anxieux d’établir correctement chez les autres. Il se peut qu’elles ne soient pas si faciles à découvrir dans votre propre cas, mais elles sont là et attendent uniquement l’attraction d’un fort désir, ou l’environnement adéquat pour se manifester à pouvoir égal. Tant que vous n’aurez pas la volonté ni la capacité de faire cet examen, de reconnaître vos limitations et la responsabilité de vos erreurs, vous ne pourrez fournir l’effort suffisant pour les dépasser, pas plus que vous ne pourrez reconnaître les causes qui limitent votre voisin ni l’aider à se réajuster intérieurement.

L’une des premières découvertes que vous ferez dans votre effort apparaîtra comme une difficulté rencontrée pour convaincre les autres de votre clarté d’intention et de motif, ou de votre capacité d’exécuter vertueusement un jugement dans n’importe quel cas. Vous verrez qu’en raison du manque de volonté des uns et des autres de se regarder eux-mêmes tels qu’ils sont, leurs points de vue seront complètement différents des vôtres. Par conséquent, ils seront pour l’instant tout à fait incapables de travailler en parfaite harmonie avec vous ; ils ne pourront voir la nécessité d’action telle qu’elle s’est présentée à vous et, pour cette raison, vos prémisses leur paraîtront totalement fausses.

Prenons un exemple : imaginez que vous aimiez une cause ou une personne quelconque. En refusant de creuser profondément en vous pour trouver la motivation de cet amour, vous rendez possible une vision déformée de vos devoirs et obligations envers cette cause ou cette personne, et vous permettez qu’elles fassent de même à votre égard. Vous permettez à cet amour de se changer en tolérance, en indifférence, voire même en haine.

Vous marcheriez ainsi sur des charbons ardents pour remplir quelque devoir réel ou imaginaire, ou encore quelque désir égoïste qui vous semblerait suffisamment important, tandis que vous plongeriez une dague métaphorique dans le cœur de la personne bien-aimée par des demandes irréalisables, des protestations irraisonnées, et des manifestations de votre propre insignifiance, restant totalement ignorant du point de vue duquel l’autre serait contraint d’examiner ses actions.

L’examen de conscience vous aurait permis de voir cela et vous aurait apporté la motivation de changer. Vous devez atteindre les fondements mêmes du tempérament de l’être humain, choisir parmi ces fondements ceux que vous aimeriez cultiver et ceux que vous aimeriez supprimer, puis vous mettre au travail pour y parvenir avant de pouvoir vous élever au-dessus de votre présent environnement mental et physique. Vous pouvez toujours dire que vous avez ce pouvoir. Le problème est que vous essayez de saisir et de changer les effets de l’action déjà accomplie au lieu des causes premières de cette action. En règle générale, vous ignorez le formidable pouvoir de l’autosuggestion. Dès que vous aurez reconnu que vos motifs sont discutables, comme ils le sont dans la plupart des cas, cherchez le désir qui se cache derrière l’un d’entre eux, et si ce désir est égoïste, grossier ou malsain, parlez-lui avec tout le pouvoir de volonté concentrée que vous avez à disposition et dites : « Je ne désire pas cette chose bien que mon mental ou mon corps puissent la désirer. Elle n’est pas en accord avec la loi universelle, et par conséquent ce n’est pas là mon réel désir. »

Si vous faites cela suffisamment souvent et avec l’intensité nécessaire, vous verrez qu’un jour ce désir particulier se flétrira et partira. Vous en serez alors libéré et un désir supérieur aura pris sa place.

Dans l’examen de conscience, le motif découvert qui vous pousse à faire ou à ne pas faire une chose définie agira comme un indicateur et exposera le désir qui se trouve à l’arrière-plan. Si les dépôts laissés dans votre mental par les divers désirs sur lesquels vous vous êtes attardé deviennent si actifs et persistants que vous avez du mal à vous en débarrasser, cessez de leur résister – remplissez votre esprit de manière que rien d’autre ne pourra y trouver place, et ils seront obligés de disparaître.

HILARION - Temple 2 - Leçon 149
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