LES VEDAS ET LA BIBLE – partie 15

Il faut donner sept tours à cette clé avant de pouvoir divulguer le système tout entier. Nous allons lui en donner un, et permettre ainsi aux profanes de jeter un regard sur le mystère. Bien heureux celui qui le comprendra dans son ensemble !

Roue d'Ezechiel

Il suffit, pour expliquer la présence de Jodheva (ou de Yodheva), ou ce qu’on nomme généralement le tétragramme יהוה , et celle d’Adam et d’Eve, de rappeler au lecteur les versets suivants de la Genèse, avec leur signification exacte entre parenthèses :

  1. « Dieu [Elohim] créa l’homme à son [leur] image… il les [le] créa mâle et femelle » (ch. I, 27).
  2. « Il les [le] créa mâle et femelle… il les [l’] appela du nom d’ADAM » (ch. V, 2).

Lorsque le ternaire est pris au commencement du tétragramme, il est l’expression de la création divine, au sens spirituel, c’est-à-dire sans péché charnel ; de l’autre côté du tétragramme il est pris dans ce dernier sens ; il est alors féminin. Le nom d’Eve se compose de trois lettres ; celui de l’Adam primitif, ou céleste, s’écrit avec une seule lettre, Jod ou Yodh ; il ne doit, par conséquent, pas se prononcer Jehovah, sinon Yeva, ou Eve. L’Adam du premier chapitre est l’Adam spirituel, et partant, pur androgyne, c’est l’Adam-Kadmon. Lorsque la femme est tirée de la côte gauche du second Adam (de poussière) la Vierge pure se sépare et, par sa chute « dans la génération », ou sur le cycle descendant, elle devient le Scorpion (157d), l’emblème du péché et de la matière. Tandis que le cycle ascendant a trait aux races purement spirituelles, les dix patriarches anté-diluviens (les Pradjâpatis et les Séphiroth) (158d) sont conduits par la Divinité créatrice elle-même, qui est Adam-Kadmon ou Yodheva ; le cycle inférieur est celui des races terrestres, conduites par Enoch ou la Balance, le septième, qui parce qu’il est moitié divin, moitié terrestre, fut enlevé, dit-on, au ciel, en pleine vie. Enoch, ou Hermès, ou la Balance ne font qu’un. Tous trois représentent la balance de l’harmonie universelle ; la justice et l’équilibre sont placés au point central du Zodiaque. Le grand cercle céleste, si bien décrit par Platon dans son Timée, est le symbole de l’inconnu en tant qu’unité ; et les cercles plus petits qui constituent la croix, par leur division sur le plan de l’anneau zodiacal, sont le symbole de la vie, à leur point d’intersection. Les forces centripètes et centrifuges, comme symboles du Bien et du Mal, de l’Esprit et de la Matière, de la Vie et de la Mort, sont aussi ceux du Créateur ou du Destructeur – Adam et Eve, ou Dieu et le Diable, comme on dit en langage vulgaire. Dans les modes subjectifs, aussi bien que dans les mondes objectifs, ce sont les deux pouvoirs qui, par leur opposition éternelle entretiennent l’harmonie dans l’univers de l’esprit et de la matière. Ils obligent les planètes à poursuivre leur course et les maintiennent dans leurs orbites elliptiques, traçant ainsi la croix astronomique dans leur révolution à travers le Zodiaque. Si, dans la lutte, la force centripète venait à avoir le dessus, elle pousserait les planètes et les âmes vivantes dans le soleil, le type du Soleil spirituel invisible, le Paramatna ou la grande Ame universelle son progéniteur ; tandis que la force centrifuge chasserait les planètes et les âmes dans l’espace solitaire, loin du luminaire de l’univers objectif, loin du royaume spirituel du salut et de la vie éternelle, et dans le chaos de la destruction cosmique finale et de l’annihilation individuelle. Mais la balance est là, toujours sensible au point d’intersection. Elle règle l’action des deux combattants, et l’effort combiné des deux fait que les planètes et les « âmes vivantes » poursuivent une double ligne diagonale dans leur révolution à travers le Zodiaque et la Vie ; c’est ainsi qu’elle entretient une stricte harmonie dans le ciel et la terre, visibles et invisibles, l’unité forcée des deux réconciliant l’esprit avec la matière, et Enoch apparaît comme le « Métatron » devant Dieu. En comptant en descendant depuis lui jusqu’à Noe() et ses trois fils, chacun d’eux représente un nouveau « monde », c’est-à-dire que notre globe, qui est le septième (159d), après chaque période de transformation géologique, donne naissance à une nouvelle race distincte d’hommes et d’êtres.

Cain est la tête de la ligne ascendante, ou Macrocosme, car il est le fils du « Seigneur », et non d’Adam (Genèse, IV, 1). Le « Seigneur » c’est l’Adam-Kadmon, Cain est le fils de la pensée coupable, et non la progéniture de la chair et du sang ; Seth d’autre part, est le chef des races terrestres, car il est le fils d’Adam, engendré « à sa ressemblance selon son image (Genèse, V, 3) » Cain, c’est Kenu, l’Assyrien, qui veut dire l’aîné, tandis que le mot hébreu קין veut dire un forgeron, un artisan.

Notre science établit la preuve que notre globe a passé par cinq phases géologiques distinctes, caractérisées chacune par une couche différente, lesquelles, par ordre inverse, en commençant par la dernière sont :

1° la période Quaternaire, dans laquelle l’apparition de l’homme constitue une certitude ;

2° la période Tertiaire, dans laquelle la présence de l’homme est possible ;

3° la période Secondaire, celle des sauriens gigantesques, les mégalosaures, les ichtyosaures, et les plésiosaures – sans aucun vestige de l’homme ;

4° la période Paléozoïque, celle des crustacés gigantesques ;

5° (ou la première) la période Azoïque, pendant laquelle la science affirme que la vie organique n’avait pas encore fait son apparition sur la terre.

Et n’y a-t-il aucune possibilité qu’il y ait eu une période, voire même plusieurs périodes, dans lesquelles l’homme aurait existé, sans être cependant un être organique, et n’aurait pu, par conséquent, laisser un vestige quelconque pour la science exacte. L’Esprit ne laisse derrière lui ni squelettes ni fossiles, et, néanmoins, rares sont ceux, qui doutent, ici-bas, que l’homme puisse vivre à la fois objectivement et subjectivement. De toutes manières, la théologie des Brahmanes, d’une antiquité incalculable, qui divise les périodes de formation de la terre en quatre figes, et qui place entre chacun de ceux-ci un intervalle de 1.728.000 années, s’accorde bien mieux avec la science officielle et les découvertes modernes, que les absurdes notions chronologiques promulguées par le concile de Nicée et de Trente.

Les noms des patriarches ne sont pas des noms hébreux, bien qu’ils aient été hébraïsés, par la suite ; ils ont, sans contredit, une origine assyrienne ou aryenne.

Ainsi Adam, dans la Cabale commentée, nous apparaît comme un nom convertible, qui peut s’appliquer à presque tous les autres patriarches, de même que chaque Sephiroth s’applique à chaque Sephira, et vice versa, Adam, Cain et Abel() constituent la première triade parmi les douze. Ils correspondent à la Couronne, la Sagesse et l’Intelligence, dans l’arbre séphirothique ; et, en astrologie aux trois trigones de feu, de terre et d’air ; si nous pouvions consacrer plus de place à l’élucidation de ce fait, nous verrions peut-être que l’astrologie mérite le nom d’une science, aussi bien que n’importe quelle autre. L’Adam (Kadmon) ou Ariès, (le bélier), est identique au dieu égyptien à la tête de bélier Amun, qui façonne l’homme sur un tour de potier. Par conséquent, son double, l’Adam de poussière, est également Ariès, Amon, lorsqu’à la tête de ses générations, il façonne également les mortels « à sa ressemblance ». En astrologie la planète Jupiter correspond à la « première maison » (le Bélier). La couleur de Jupiter ainsi qu’on le voit dans les « étages de sept sphères » sur la tour de Borsippa, ou de Birs-Nimrod, est le rouge (160d) ; et, en hébreu, Adam, אדם veut dire « rouge » en même temps qu’ « homme ». Le dieu hindou Agni, qui préside au signe des Poissons, voisin de celui du Bélier dans leur relation avec les douze mois (Février et Mars) (161d), est teinté de rouge foncé, avec deux figures (mâle et femelle), trois jambes et sept bras ; le tout composant le nombre de douze. De même, aussi, Noe() (les Poissons), qui apparaît dans les générations comme le douzième patriarche, en comptant Cain et Abel, est, de nouveau, Adam sous un autre nom, car il est l’ancêtre d’une nouvelle race d’humanité ; et, avec ses « trois fils », un méchant, l’autre bon, et un participant des deux qualités, est la réflexion terrestre de l’Adam super-terrestre et de ses trois fils. On représente Agni monté sur un bélier, coiffé d’une tiare surmontée d’une croix (162d).

Cain, présidant au signe du Taureau, du Zodiaque, est également fort suggestif. Le Taureau appartient au trigone de terre et à ce sujet il n’est pas superflu de rappeler au lecteur une allégorie de l’Avesta persane. Suivant la légende, Ormazd produisit un être – source et type de tous les êtres universels – appelé La VIE, ou le Taureau dans le Zend. Ahriman (Cain) tue cet être (Abel) de la semence (Bette) duquel naissent de nouveaux êtres. Abel(), en langue assyrienne, veut dire fils, mais en hébreu חבל , il signifie quelque chose d’éphémère, ce qui n’a pas une longue vie, ce qui est sans valeur, et aussi une « idole païenne (163d) », car Cain est une statue hermaïque (une colonne, le symbole de la génération). Dans cet ordre d’idées, Abel() est la contre-partie féminine de Cain (le mâle) car ce sont des jumeaux, et probablement androgynes ; celui-ci correspond à la Sagesse, et celui-là à l’Intelligence.

Il en est de même de tous les autres patriarches. Enos, שונא , est encore Homo, l’homme ou le même Adam, et Enoch par-dessus le marché ; et ,ןניק Kaïn-an, est l’égal de Cain. Seth תש , est Tette, ou Thoth, ou Hermès ; et voilà, sans doute, la raison pourquoi Josephe, dans son premier livre (chap. III) fait voir Seth si bien versé en astrologie, en géométrie et dans toutes les autres sciences occultes. Prévoyant le déluge, il dit qu’il grava les principes fondamentaux de son art sur deux piliers de briques et de pierres ; Josephe affirme « avoir vu ces piliers en Syrie de son temps ». C’est pour cette raison que Seth est encore identifié avec Enoch, auxquels les cabalistes et les franc-maçons attribuent le même trait ; et, en même temps avec Herniés ou Kadmus, car Enoch est identique à celui-là ; ןונח , HE-NOCH veut dire un instructeur, un initiateur ou un initié ; dans la mythologie grecque c’est Inachus. Nous venons de voir le rôle qu’on lui fait jouer dans le Zodiaque.

Mahalaleel, si nous partageons le nom en הלחמ , ma-ha-la, veut dire doux, miséricordieux ; on le fait correspondre avec la quatrième Sephira, l’Amour ou la Pitié, émanée de la première triade (164d) Irad, דרי , ou Iared, est (moins les voyelles) justement le même. S’il dérive du verbe ri, il signifie descendance ; si c’est de דרי , arad, il veut dire progéniture ; il correspond donc parfaitement, aux émanations cabalistiques.

Lamech, ךמל , n’est pas hébreu, mais grec. Lamach signifie Lam – le père, et Ou-Lom-Ach est le père de l’âge ; ou le père de celui (Noe()) qui inaugure une nouvelle ère ou période de création après le pralaya du déluge ; Noe() étant le symbole d’un nouveau monde, le Royaume (Malchuth) des Séphiroth, par conséquent son père, qui répond à la neuvième Séphiroth, est la Fondation (165d). De plus, aussi bien le père que le fils correspondent dans le Zodiaque au Verseau et aux Poissons ; c’est ainsi que le premier appartenant au trigone de l’air, et le second à celui de l’eau, ils viennent clore la liste des mythes bibliques.

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