LES PLANS DE LA FORME

Dans la nature, chaque forme est le symbole extérieur d’une vérité intérieure – d’une qualité et d’une force. Une condition est également une forme. Certains, dans leur ignorance, nient la nécessité des formes quelles qu’elles soient, reléguant toutes les formes et cérémonies religieuses au domaine de la superstition. Ces gens-là n’ont pas conscience du fait qu’eux-mêmes ne sont que des formes projetées sur l’écran du temps, à travers lesquelles forces et qualités intérieures cherchent à s’exprimer. Peu importe à quel point ils le nient, ils sont forcés de s’incliner devant les conditions de vie qui les entourent, et donc de vouer un culte à la forme, qu’ils le veuillent ou non. Les formes – incluant notre propre forme – sont les symboles à travers lesquels des vérités sont transmises comme des messages depuis et vers l’âme.

On trouve dans la Bhagavad Gita le récit d’une vision où Krishna montre à Arjuna la « Forme divine », laquelle inclut toutes les formes. Arjuna ne peut s’empêcher de s’exclamer : « Je te vois de tous les côtés, aux formes infinies, ayant de nombreux bras, estomacs, bouches et yeux. Mais je ne parviens pas à découvrir ni ton début, ni ton milieu, ni ta fin, ô Seigneur universel, forme de l’univers. Je te vois avec un pouvoir infini, des bras innombrables, le soleil et la lune formant tes yeux, ta bouche comme un feu ardent, dominant l’univers entier de ta majesté. L’espace et les cieux et la terre et chaque point autour des trois régions de l’univers sont remplis de toi seul. Car te voir ainsi, touchant les cieux, brillant d’une gloire si élevée, trouble mon âme la plus intérieure et me fait perdre à la fois la tranquillité et la fermeté. En regardant ta face, comme la brûlure de la mort, je ne peux voir ni les cieux ni la terre. Je ne trouve aucune paix. Sois miséricordieux, ô Seigneur des dieux, toi, Esprit de l’univers. »

La nature est essentiellement religieuse, et le panorama mouvant des changements incessants qui se produisent autour de nous est une cérémonie qui relie constamment l’âme de toutes choses à leur Source divine. Dans cette cérémonie de la vie, hommes, molécules et mondes sont emportés par une marée irrésistible. Toutes choses s’inclinent devant l’inexorable loi de la gravitation ou ses correspondances. D’innombrables mondes jouent leur rôle dans les cérémonies célestes des espaces stellaires – les planètes interagissent avec les planètes, et les systèmes de mondes avec d’autres systèmes. Les soleils et les planètes ne sont que vie – cellules, corpuscules –, emportés par la circulation du grand fleuve universel de la vie qui sort du Cœur de l’Être et y retourne. Ceci nourrit constamment l’univers extérieur, le symbole et le corps de Dieu, et maintient l’équilibre universel, la santé et l’harmonie. Dans cette cérémonie cosmique, nous pouvons lire le message de l’Esprit se traduisant lui-même en Matière, et le message de la Matière qui se rachète et retourne à l’Esprit.

Cette même cérémonie de la vie a lieu dans notre corps physique. Le sang est le symbole d’une force qui circule dans l’aura. Il sort du cœur et il y revient purifié pour être de nouveau envoyé remplir sa mission de régénération d’une multitude d’êtres inférieurs composant le corps. Des courants de vie correspondants agissent de la même façon sur tous les plans de notre Être – dans tous nos corps ou principes (astral, psychique, mental et spirituel). Une interaction parfaite entre toutes les forces correspondantes sur tous les plans signifierait la Maîtrise.

Le cœur est le symbole d’un centre synthétique de vérité. Le cœur aurique de l’homme est placé exactement sur la ligne médiane du corps, entre les seins. Symboliquement, il est parfois représenté à cet endroit comme une étoile. Le cœur physique de l’homme se trouve maintenant sur le côté gauche – quoiqu’il y ait quelques exceptions considérées comme anormales par les médecins.

À mesure que les forces intérieures et extérieures de l’humanité se coordonneront, le cœur physique sera ramené, par un processus d’évolution, au point du milieu correspondant exactement avec le centre du cœur intérieur du corps aurique. La ligne médiane est la ligne d’équilibre.

La véritable force de liaison de la vie est le Christos. Il est le Grand Maître, l’Unificateur et le Synthétiseur, parce que le Christos – ou Cela – constitue la « Crête » de toutes les forces. Il n’est ni d’un côté de la vague ni de l’autre. Sur une crête, les deux pôles, positif et négatif, fusionnent dans le pôle central ou « Centre », là où les « Trois deviennent Un ». Ici, toutes les polarités, comme l’esprit humain les comprend, sont unifiées et disparaissent. Chaleur et froid, actif et passif, mâle et femelle, positif et négatif, droit et gauche, haine et amour se perdent dans ce point central où tous les extrêmes doivent se rencontrer et où naît une troisième force : la véritable Unité, l’Amour véritable – véritable parce que « Cela » peut aimer ou attirer de la même manière en soi-même le bien et le mal des conditions ou plans inférieurs, pour ainsi créer quelque chose de nouveau, un nouvel élément, un monde nouveau.

Le bien et le mal sur ce plan sont des états relatifs, ou des symboles. L’attachement à l’un d’eux va lier et entraver le progrès tout autant que l’attachement à l’autre. De sorte que la haine nous attache autant que l’amour aux conditions et aux personnes, jusqu’à ce que nous puissions trouver un équilibre supérieur. Si tout le mal pouvait être détruit d’un seul coup dans le monde, le bien disparaîtrait aussi. Les ombres sont aussi nécessaires que la lumière pour mettre en relief et montrer dans de justes proportions les conditions dont les images sont projetées sur le grand canevas de la vie. Le point du milieu est le « lieu de Paix et d’Harmonie ».

HILARION - Temple 3 - Leçon 418
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