LES PHENOMENES CYCLIQUES – partie 3

Blavatsky – Isis Dévoilée – Volume 1 – Chapitre IX – LES PHENOMENES CYCLIQUES

Partie 1 Partie 2 Partie 3 Partie 4 Partie 5
Partie 6 Partie 7 Partie 8 Partie 9 Partie 10

Nous touchons maintenant à un mystère, un Sod (22), un secret que le rabbin Siméon (Simon Ben-Jochai), l’auteur du Sohar, le grand ouvrage cabalistique du premier siècle de notre ère, ne communiqua qu’à un très petit nombre d’initiés. Il était pratiqué une fois tous les sept ans, pendant les Mystères de Samothrace, et les archives en sont imprimées par la nature même sur l’arbre sacré du Tibet (23), le mystérieux Kounboum, dans la Lamaserie des saints adeptes.

Dans l’océan sans rivages de l’espace, brille le soleil spirituel, central, mais Invisible. L’univers entier est son corps, son esprit et son âme ; et d’après ce modèle idéal, TOUTES CHOSES sont formées. Ces trois émanations sont les trois vies, les trois degrés du Plérome gnostique, les trois « Faces Cabalistiques », car l’ANCIEN des Anciens, le saint des âges, le grand En-Soph « a une forme, puis il n’en a point ». L’invisible « prend une forme lorsqu’il appelle un univers à l’existence (24) », dit Le Sohar, le Livre de la Splendeur. La première lumière est Son âme, le souffle Infini, Sans Bornes, Immortel, sous l’action duquel l’univers soulève son sein puissant pour infuser la vie Intelligente à la création. La seconde émanation condense la matière cométaire et produit les formes dans le cercle cosmique ; elle fait flotter des mondes innombrables dans l’espace électrique et transmet le principe de vie inintelligent et aveugle dans chaque forme. La troisième produit tout l’univers de matière physique ; et comme il s’éloigne graduellement, de la Divine Lumière Centrale, son éclat s’affaiblit et disparaît, et il devient les TENEBRES et le MAL, la pure matière, ce que les Hermétistes nomment les « grossières scories du feu céleste ».

Lorsque l’Invisible Central (le Seigneur Ferho) vit les efforts de l’Étincelle divine qui ne voulait pas se laisser entraîner encore plus bas dans la dégradation de la matière, pour s’affranchir elle-même de ses liens, il lui permit de tirer d’elle-même une monade, sur laquelle, attachée à elle comme par le fil le plus fin, l’étincelle divine, (l’âme), devait veiller durant ses incessantes pérégrinations d’une forme à une autre. Ainsi la monade fut jetée dans la première forme de la matière, et fut enfermée dans une pierre ; puis, au cours du temps, par les efforts combinés du feu et de l’eau vivants, qui, tous deux agissaient par réflexion sur la pierre, la monade sortit de sa prison et apparut à la lumière du soleil sous forme d’un lichen. De métamorphose en métamorphose, la monade s’élève toujours plus haut, empruntant à chaque transformation nouvelle un peu plus de l’éclat de sa mère, l’Etincelle, dont elle s’approche ainsi progressivement à chaque transmigration. La « Cause Première avait voulu qu’elle procédât de la sorte » ; elle la destinait à monter plus haut encore, jusqu’à ce que sa forme physique fût redevenue de nouveau l’Adam de poussière, formé à l’image de l’Adam Kadmon. Avant de subir sa dernière métamorphose terrestre, l’enveloppe extérieure de la monade, à partir du moment de sa conception comme embryon, passe, elle aussi, de nouveau par les diverses phases des différents règnes. Dans sa prison fluidique elle prend aux diverses époques de la gestation une vague ressemblance avec la plante, le reptile, l’oiseau, le mammifère, jusqu’à ce qu’elle devienne un embryon humain (25).

Au moment de la naissance de l’homme futur, la monade rayonnant avec tout l’éclat de la gloire de sa mère immortelle, qui la surveille du haut de la septième sphère, devient insensible (26). Elle perd tout souvenir du passé, et ne reprend conscience d’elle-même que progressivement, lorsque l’instinct de l’enfance fait place à la raison et à l’intelligence. Et quand a lieu la séparation entre le principe de vie (l’esprit astral) et le corps, l’âme-Monade libérée, rejoint joyeuse et triomphante l’esprit père et mère, le radieux Augoeides. Ensemble et fusionnés ils prennent pour toujours une forme unique, d’autant plus glorieuse que la pureté spirituelle de la vie terrestre passée a été plus grande, et que l’Adam, qui a parfait son cycle de nécessité, est libéré du dernier vestige de son enveloppe physique. À partir de ce moment, devenant de plus en plus radieux à chaque pas en avant de son progrès ascendant, il gravit le sentier brillant qui se termine à son point de départ autour du GRAND CYCLE.

Toute la théorie de la sélection naturelle de Darwin est comprise dans les six premiers chapitres du livre de la Genèse. « L’Homme » du chapitre premier est tout à fait différent de l’Adam du chapitre II, car le premier fut créé « mâle et femelle », c’est-à-dire bisexué, et à l’image de Dieu, tandis que le dernier, d’après le verset sept, est formé de la poussière de la terre, et ne devint une « âme vivante » qu’après que « le Seigneur Dieu » lui eût insufflé dans les narines le souffle de vie. De plus, cet Adam était un être masculin, et l’on nous apprend, au verset vingt, que « pour l’homme, il ne trouva point de compagnon ». Les Adonaï, étant des entités spirituelles pures, n’avaient point de sexe ou plutôt ils réunissaient en eux les deux sexes, comme leur Créateur ; et les anciens le comprenaient si bien qu’ils représentaient beaucoup de leurs divinités comme bisexuées. Celui qui étudie la Bible doit accepter cette interprétation, ou alors les deux passages de chapitres en question se contredisent l’un l’autre jusqu’à l’absurde. C’est l’acceptation de ces passages dans leur sens littéral qui a permis aux matérialistes de tourner en ridicule le récit mosaïque, et c’est la lettre morte du texte antique qui a engendré le matérialisme de notre siècle. Non seulement ces deux races d’êtres sont clairement désignées dans la Genèse, mais encore il y est question d’une troisième et d’une quatrième que l’on présente au lecteur au chapitre IV sous la dénomination de « fils de Dieu » et de « race de Géants ».

Au moment où nous écrivons, paraît, dans un journal américain, le Kansas City Times, un compte rendu des importantes découvertes des restes d’une race de géants préhistorique, qui confirment les déclarations des Cabalistes, et, en même temps, les allégories de la Bible. Ce compte rendu mérite d’être conservé.

« Dans ses recherches à travers les forêts du Missouri occidental, le juge E.-P. West a découvert un certain nombre de tumuli de forme conique, de construction analogue à ceux trouvés dans l’Ohio et le Kentucky. Ces tumuli ont été trouvés sur les hautes collines qui dominent la rivière du Missouri, et les plus grands et les plus proéminents sont ceux que l’on voit dans le Tennessee, le Mississipi et la Louisiane. Il y a trois semaines encore, on ne se doutait pas le moins du monde que les hommes qui avaient élevé ces monticules funèbres, avaient fait leur patrie de cette région dans les temps préhistoriques ; mais aujourd’hui, on a découvert que cette étrange race, éteinte maintenant, occupa autrefois cette contrée, et y laissa une vaste nécropole formée des innombrables monticules répandus sur les coteaux du comté de Clay.

« Jusqu’à ce jour, on n’a ouvert qu’un seul de ces tumuli. Le juge West y a trouvé, il y a environ deux semaines, un squelette, et il a fait à ce sujet un rapport à ses collègues de la Société. Ceux-ci l’accompagnèrent sur les lieux, et non loin de la surface du sol, où les fouilles étaient pratiquées, on retira les restes de deux squelettes. Les os en sont très grands et très forts, tellement grands même que, si on les compare avec un squelette ordinaire de date moderne, ils paraissent avoir appartenu à un géant. Les os du crâne qui n’ont point été réduits en poussière sont d’une dimension monstrueuse. La mâchoire inférieure de l’un de ces squelettes est en parfait état de conservation, et elle est le double de celle d’une personne civilisée. Les dents en sont grandes et paraissent usées par la mastication des racines et d’aliments carnés. L’os maxillaire indique une force musculaire immense. L’os de la cuisse, si on le compare à celui d’un squelette moderne ordinaire, est plutôt pareil à celui d’un cheval. La longueur, l’épaisseur et le développement musculaire sont remarquables. Mais la partie la plus singulière du squelette, c’est l’os frontal. Il est très bas, et diffère essentiellement de tous ceux que l’on a pu voir jusqu’à présent. Il forme un épais bourrelet osseux d’un pouce de large, s’étendant au travers des deux yeux. Au lieu de se développer vers le haut, comme de nos jours, le front fuit vers l’arrière, à partir des sourcils, formant une tête aplatie, ce qui indique un ordre très inférieur d’êtres humains. L’opinion des savants qui ont fait cette découverte, est que l’on se trouve en présence de restes d’une race d’hommes préhistoriques. Ils ne ressemblent pas à la race indienne actuelle, et les tumuli n’ont été construits d’après aucun modèle connu pour avoir été employé par les diverses races d’hommes existant aujourd’hui en Amérique. Les corps ont été trouvés assis dans les tumuli, et parmi les ossements, on a trouvé des armes de pierre, telles que des couteaux en silex, des racloirs et autres, dont la forme diffère sensiblement de celle des dards de flèches, des haches de guerre, et autres armes de pierre en usage chez les Indiens aborigènes de l’Amérique, lorsqu’elle fut découverte par les blancs. Les personnes auxquelles ces ossements ont été confiés les ont déposés chez le Dr Foe dans Main Street. Leur intention est de faire de plus amples et de plus sérieuses recherches dans les monticules des coteaux qui se trouvent en face de cette ville. Ils feront un rapport de leurs travaux à la prochaine séance de l’Académie des Sciences, époque à laquelle ils espèrent pouvoir définitivement asseoir leur opinion. Il est déjà établi d’une façon assez nette, toutefois, que les squelettes dont il s’agit sont ceux d’une race d’hommes qui n’existe plus ».

L’auteur d’un ouvrage récent et très détaillé (27) trouve un sujet d’hilarité dans l’union des « fils de Dieu » avec les « filles des hommes » qui étaient belles, comme il est dit dans la Genèse, et décrites avec plus de détails, dans cette merveilleuse légende, le Livre dEnoch (28). Il est fort dommage que nos hommes les plus érudits et les plus libéraux n’emploient pas leur logique serrée et impitoyable à remédier à ce travers de n’envisager qu’un des côtés de la question, et à rechercher le véritable esprit qui a dicté cette allégorie de l’antiquité. Cet esprit était certainement plus scientifique que les sceptiques ne semblent disposés à l’admettre, et chaque année, quelque nouvelle découverte peut confirmer ses assertions, jusqu’à ce que toute l’antiquité soit ainsi réhabilitée.

Une chose au moins a été bien indiquée dans le texte hébreu, savoir : qu’il y a eu une race de créatures purement physiques, et une autre de créatures purement spirituelles. L’évolution et la « transformation des espèces nécessaires pour combler le vide entre les deux races a été laissée à des anthropologistes plus habiles. Nous ne pouvons que répéter la philosophie des anciens, qui dit que l’union de ces deux races en produisit une troisième – la race Adamique. Participant de la nature de ses deux parents, celle-ci est apte à vivre également dans l’un ou l’autre des deux mondes matériel et spirituel. La raison, qui met l’homme à même de maintenir sa suprématie sur les animaux inférieurs, et de soumettre la nature à ses besoins, est chez lui alliée à la partie physique de son être ; et c’est à sa partie spirituelle qu’est alliée la conscience, qui lui sert de guide infaillible au milieu des entraînements des sens ; car la conscience est cette perception instantanée, qui permet de discerner le mal du bien, et qui ne peut être exercée que par l’esprit, lequel étant partie de la Sagesse et de la Pureté Divines, est absolument sage et pur lui-même. Ses injonctions sont indépendantes de la raison, et ne peuvent se traduire en manifestations claires et nettes, que lorsqu’il n’est pas empêché par les attractions inférieures de sa double nature.

La raison étant une faculté de notre cerveau physique, cette faculté qu’on dit capable de tirer des conséquences logiques de prémisses posées, et, par conséquent, placée sous la dépendance du témoignage des sens, ne peut pas être envisagée comme une qualité appartenant directement à notre esprit divin. Ce dernier sait – et, par conséquent, tout raisonnement qui implique une discussion et des arguments serait inutile pour lui. De même, une entité, si elle doit être considérée comme une émanation directe de l’éternel Esprit de Sagesse, ne peut l’être que douée des mêmes attributs que l’essence dont elle fait partie. C’est donc avec un certain degré de logique que les anciens théurgistes soutenaient que la partie rationnelle de l’âme humaine (l’esprit), n’entrait jamais entièrement dans le corps de l’homme, mais qu’elle l’adombrait plus ou moins à travers l’âme irrationnelle ou astrale qui sert d’agent intermédiaire entre l’esprit et le corps. L’homme qui a suffisamment dompté la matière pour dégager de son Augoeides étincelant la lumière directe, sent la vérité par intuition ; il ne peut point faillir dans son jugement, malgré tous les sophismes suggérés par la froide raison, car il est ILLUMINE. De là, les prophéties, les prédictions et la prétendue inspiration Divine, qui sont tout simplement les effets de cette illumination d’en haut par notre propre esprit immortel.

Lire la suite … partie 4
image_pdfEnregistrerimage_printImprimer