Combien souvent trouvez-vous le courage de faire face à votre âme ou de faire l’effort nécessaire pour connaître de quel côté du livre des comptes se situe le bilan de votre vie ? Il faut certainement du courage et même quelque chose de plus pour se regarder en face, à moins que vous ne soyez du grand nombre des égocentriques qui envahissent maintenant tous les domaines de la vie humaine, ces gens totalement imbus de l’image mentale qu’ils se forment d’eux-mêmes, croyant voir leur vrai soi. Dans des cas semblables, la vanité fournit un faux courage qui satisfait le soi inférieur. Les questions de principe et d’honneur ne viennent même pas à l’esprit de ces égotistes. Ils abrogent les obligations normales de la vie de tous les jours toutes les fois que cela est possible, sauf s’ils sont tenaillés par la peur des conséquences physiques qu’ils pourraient subir s’ils les ignorent.
Pourtant, il faut envisager un autre aspect du même sujet : l’incapacité ou le manque du pouvoir de rester fidèle aux obligations endossées lors de l’acceptation de « l’essence de vie » et « de l’occasion d’évoluer », car l’Ego de l’homme doit assumer des obligations envers le Dhyan Chohan, le Père spirituel, sous l’influence duquel il se trouve conformément aux lois naturelles. Si, par des échecs continuels, le soi inférieur perd les pouvoirs de ténacité et de cohésion qui sont les fondements de la loyauté, et que le mental perçoit cette perte, sa torture sera multipliée au centuple et ses chances diminueront de plusieurs degrés, car ces échecs continuels forceront la personnalité à demeurer dans une condition qui ne lui permet pas de maîtriser sa fidélité à une cause donnée ou à un être donné.
Il existe actuellement dans plusieurs organisations de nombreux renégats instables, égoïstes et ambitieux, de même que des hommes et des femmes inhumainement vicieux et cruels, et d’autres encore qui sont froidement critiques, égocentriques ou intellectuellement « surcapitalisés », dont l’âme est émoussée et qui font de grands torts aux organisations principales auxquelles ils sont reliés. Craignant de perdre quelque chose que leurs camarades pourraient recevoir, ou d’être incapables de maintenir l’influence qu’ils ont pu acquérir sur une partie de l’organisation dans un but égoïste et personnel précis, ils refusent de couper leur lien avec l’organisation principale. Dans bien des cas, leur égotisme ne leur permettra pas de reconnaître le fait qu’ils ont déjà perdu le peu de relation qu’ils ont jamais pu avoir avec un ordre de vie plus élevé. Mais la relation extérieure elle-même qu’ils ont avec l’organisation à laquelle ils sont reliés est une menace continuelle et peut devenir une barrière entre les enseignants spirituels et les autres membres de cette organisation à mesure qu’ils deviennent, en quelque sorte, des voies par lesquelles les forces élémentales de la « huitième sphère » peuvent pénétrer dans le monde en un flux constant. Si suffisamment d’énergie se déverse par cette voie, cela peut abaisser la tonalité de l’organisation entière. Une semblable condition résulte habituellement de la faiblesse, de la négligence et de l’indolence des autres membres de l’organisation – parce qu’ils ne reconnaissent pas le caractère des forces en présence et qu’ils accordent crédit aux personnalités sans jamais questionner leurs prétentions, permettant ainsi aux autres de leur dérober toutes les occasions durement gagnées. Par contre, une position ferme, un refus de répondre aux ouvertures, un examen des motifs évidents en soi protégeraient et garderaient la forteresse de leur groupe en augmentant le taux vibratoire de leur organisation, à un degré tel, qu’il serait impossible à leurs ennemis d’atteindre leurs frères plus faibles ; et cela leur permettrait en même temps, grâce à l’union de leurs forces et de leur pouvoir, de transmuter les forces du mal engagées par ces mêmes ennemis.
Le Père ne peut pas donner aux chiens la viande de ses enfants. Par conséquent, lorsque les enfants sont si désespérément attachés aux chiens qu’ils se satisfont temporairement de leur nourriture, la viande est retirée jusqu’à ce qu’ils deviennent si affamés qu’ils commencent à chercher la cause de ce retrait. Puis, lorsqu’ils trouvent cette cause, si leurs sens n’ont pas été trop émoussés par leur souffrance, la colère et la haine remplacent l’ancien attachement, et ils deviennent encore moins capables d’assimiler un aliment aussi puissant. Ils devront continuer à prendre des aliments pour enfant.
L’analogie est claire. L’homme ne peut pas vivre uniquement pour lui-même. Soit il est une aide, un protecteur, un enseignant et un guide pour ses semblables, soit il est une menace constante, une barrière toujours vivante entre ses congénères et les Dieux vers qui ils se tournent pour tout ce que la vie supérieure peut offrir. Plus grande est son intelligence et son désir de servir, ou l’inverse, plus tôt l’homme trouve sa véritable place dans l’échelle cosmique.
Les instructions données par Krishna, Bouddha, Jésus et les autres Maîtres à leurs disciples choisis étaient si simples qu’un enfant aurait pu les comprendre, mais lorsque l’égotisme égocentrique et l’ambition se sont immiscées dans leurs rangs, ces instructions ont été rendues si complexes et ont été si mal interprétées et altérées qu’elles ne rendaient plus leur sens originel, et la même chose est aussi vraie aujourd’hui. Lorsqu’il devient possible à une nature ignorante ou dépravée de prendre une chose aussi sacrée que l’obligation au Soi Supérieur – le Christ – et de l’altérer ou de mal l’interpréter délibérément afin d’obtenir une faveur ou le pouvoir sur une autre âme, aussi sage ou compétent que soit l’auteur de cet acte à ses propres yeux, il est en réalité tombé au ras du sol dans l’échelle de l’ordre de vie auquel il est relié, et il tirera rapidement dans la même direction tous ceux qui le suivent. Ceci peut sembler évident, mais des actes répétés de cette nature se produisent quotidiennement. Beaucoup de ce que j’ai dit sera ridiculisé et son authenticité niée. Tout cela fera même l’objet de moqueries chez ceux qui sont coupables d’actes semblables, mais tout est vrai.
HILARION - Temple 2 - Leçon 289


