Un des plus profonds mystères de la vie est le fait que l’homme persiste à ne pas prêter attention aux secrets révélés, qui sont tellement courants qu’ils annulent pratiquement la caractéristique universelle de la curiosité. Même si ces secrets sont si communs qu’il devient pratiquement impossible pour nous de respirer, de marcher sur le sol, de voir ou d’entendre toute forme ou toute condition de la matière sans découvrir un ou plusieurs d’entre eux, nous les relions rarement aux grandes vérités que nous avons l’habitude d’appeler les « Mystères » . Nous donnerions volontiers tout ce que nous possédons pour avoir l’occasion de découvrir consciemment ces mystères sous la direction de ceux que nous considérons capables de faire une démonstration juste de ces réalités incommensurablement importantes et sacrées.
Aucun véritable instructeur de philosophie occulte ne peut minimiser l’importance de la loi des correspondances, ou éviter de présenter cette loi comme un élément fondamental à tout étudiant, à moins qu’il néglige son devoir par son aveuglement spirituel ou pour des motifs égoïstes, ou encore qu’il refuse d’enseigner à son étudiant la valeur universelle et essentielle des manifestations matérielles de cette loi, dont chacune est un jalon vers l’illumination.
La valeur de la loi des correspondances pour résoudre les problèmes mystérieux de la vie qui reviennent constamment, qui alourdissent l’âme et font de l’existence terrestre, dans la majorité des cas, un long questionnement, un cri incessant de « Qu’est-ce que c’est ? », dépasse toute possibilité de calcul.
Dans la loi qui empêche l’huile et l’eau de se mélanger ; dans la loi qui prévoit et protège la fructification, la croissance, la maturation et la désintégration de l’herbe sous nos pieds ; dans la loi qui fournit l’environnement juste à un ordre de vie et lui refuse d’exister dans tout autre environnement ; dans la loi qui empêche l’eau de monter une pente et la force à prendre la voie descendante ; dans la loi qui place une étoile au-dessus d’une autre en gloire et en pouvoir ; dans toutes ces différenciations et d’innombrables autres d’une seule loi dont on voit des exemples en action partout autour de nous, nous pourrions, en employant un peu d’étude et d’observation, résoudre tous les secrets complexes, comprendre tous les mystères que l’âme de l’homme le pousse à étudier afin de recevoir son héritage. Mais la majorité des gens consacrent la plus grande partie de leur temps et de leurs efforts à créer d’innombrables petits mystères qui ne font qu’ajouter au fardeau qu’ils portent, ce qui fait d’eux les tristes, mélancoliques, égoïstes et impolis habitants de la Terre qu’ils sont.
Dans le cas d’un disciple, la répétition constante par le Maître des enseignements préliminaires, qui sont au point de départ absolument nécessaires pour l’illumination, produisent soit des demandes pour d’autres répétitions des mêmes enseignements, ou pour des enseignements concernant des phases de la vie qui seraient totalement incompréhensibles à la race humaine dans son niveau actuel de développement. Vous ne devriez jamais vous fier à un énoncé de fait tant que vous ne l’avez pas maîtrisé.
Vous souririez à l’enfantillage d’un homme qui insisterait pour que vous fassiez un feu dans un seau d’eau. Vous ne vous attendriez jamais à ce qu’un enfant fasse le travail d’un mécanicien formé. Vous ne songeriez jamais à demander au laboureur de peindre une merveilleuse œuvre d’art, et vous ne demanderiez pas non plus à un artiste de la harpe ou de la viole d’être excellent en chimie. Ce sont toutes là des absurdités évidentes qui ne vous demanderaient même pas une seconde de réflexion. Cependant, par ignorance volontaire ou par négligence des occasions qui vous sont données, vous faites continuellement des absurdités même pires. Et vous souffrez des effets de ces absurdités, à un degré qui vous semblerait presque insupportable si vous connaissiez les faits en cause. Souvent même, ces effets deviennent insupportables lorsque leur répétition continuelle produit des faiblesses physiques ou mentales qui viennent s’ajouter au fardeau déjà trop lourd que vous portez.
Si vous voyez une belle fleur se flétrir et mourir des effets d’une chaleur excessive du soleil ou du manque d’eau, vous n’avez pas besoin de discuter la question. Si vous désirez sauver la fleur, vous la protégerez du soleil ou vous lui donnerez de l’eau, selon le cas. On vous a enseigné que le feu et l’eau sont des éléments fondamentaux de toute vie, mais si vous voyez un être humain malade ou en train de mourir d’une cause inexpliquée, vous ne songerez pas que vous pourriez utiliser du feu ou de l’eau pour sauver cette vie. Ce pourrait être le feu allumé par des mots, des paroles et des actions sympathiques et utiles, ou l’eau formée par l’union de deux forces qui correspondent à l’hydrogène et à l’oxygène, et qui coulent du « puits de larmes ». Ce peut être le scalpel ou la potion amère qu’il faut pour ouvrir ce puits, et la seule question que vous devez vous poser est votre capacité d’utiliser ce scalpel ou de donner ce remède amer dans le bon esprit et pour le bon motif. Mais, mon enfant, assurez-vous que vous ne donnez pas du feu lorsqu’il faut de l’eau, ou de l’eau lorsqu’il faut du feu. Vous seul pouvez vous en assurer, comme vous vous assureriez du besoin de la fleur, par une observation intelligente des causes et en posant un diagnostic d’après les conditions environnantes. Comme il n’y a sur le plan physique que ces deux règles infaillibles pour déterminer les besoins et les satisfaire, il n’y a que ces deux seules règles (peut-être devrions-nous les appeler lois ?) qui nous servent à poser un diagnostic et à déterminer le moyen nécessaire pour rééquilibrer les substances dans les personnes qui ont des problèmes sur les plans mental, physique ou spirituel. Malheureusement, nous devons dire qu’une grande majorité des humains sont ainsi déséquilibrés.
Si vous voyez quelqu’un appliquer un bâton de caustique sur la chair, vous savez que cela détruira la surface autour du point de contact. Si vous utilisez votre connaissance de la loi des correspondances, vous savez que la pensée ou la parole humaine qui participe de la nature de ce caustique (et cette nature est facile à déterminer par la loi des correspondances), affectera une surface correspondante de la substance d’un ou de plusieurs des véhicules intérieurs des forces de vie de votre victime. La destruction ou la blessure sera fonction du degré de résistance que la victime est capable d’opposer à l’attaque. Lorsque vous songez sérieusement à ce fait et que vous vous rendez compte des effets de votre cruauté, qui s’ajoute à une cruauté semblable perpétrée, peut-être, par des centaines d’autres personnes aussi négligentes et irréfléchies que vous, vous pouvez peut-être en retirer une faible connaissance des causes de la crucifixion de tout chéla accepté – tout sauveur – qui abandonne non seulement son corps physique, mais aussi son corps astral et son corps manasique aux tortures des humains, afin qu’ils puissent profiter de son sacrifice.
Lorsque vous aurez suffisamment souffert des effets de tout cela, de la perte des idéaux, des déceptions, des chagrins, de l’effet direct des blessures verbales dont j’ai parlé, de la destruction de la foi, de l’ingratitude, des tortures que vous infligez continuellement aux personnes qui sont vos seuls liens avec la Grande Loge Blanche, de votre incapacité à comprendre que vous supprimez le seul média de communication que j’ai avec vous, alors vous serez peut-être capable de voir ce que vous avez rejeté. Puisse Dieu vous permettre de le voir avant qu’il ne soit trop tard.
HILARION - Temple 1 - Leçon 75


