LES DOCTRINES ÉSOTERIQUES DU BOUDDHISME PARODIÉES DANS LE CHRISTIANISME – Partie 7

Blavatsky – Isis Dévoilée – Volume 2 – Chapitre VI - LES DOCTRINES ÉSOTERIQUES DU BOUDDHISME PARODIÉES DANS LE CHRISTIANISME

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On lit dans le premier livre du Manou : « Sache que la somme de mille âges divins, compose le total d’un jour de Brahmâ ; et qu’une nuit est égale à ce jour. » Mille âges divins équivalent à 4.320.000.000 d’années humaines, suivant les calculs brahmaniques.

« À l’expiration de chaque nuit, Brahmâ, qui a été endormi, se réveille, et [par la seule énergie du mouvement] il émane de lui-même l’esprit, qui dans son essence est, et cependant n’est pas.

Mu par le désir de créer, l’Esprit [la première des émanations] opère la création et donne naissance à l’éther, auquel les sages prêtent la faculté de transmettre le son.

L’Ether engendre l’air, dont la nature est tangible [et qui est nécessaire pour la vie].

L’air en se transformant, produit la lumière.

De l’air et de la lumière, qui engendrent la chaleur, est produite l’eau, [et l’eau est la matrice de tous les germes vivants (696)] ».

Pendant toute l’énorme période de création progressive, qui s’étend sur 4.320.000.000 années, l’éther, l’air, l’eau et le feu (la chaleur) produisent constamment de la matière, sous l’impulsion incessante de l’Esprit, ou du Dieu non révélé, qui remplit toute la création, car il est dans tout, et tout est en lui. Ce calcul, qui était secret et auquel même aujourd’hui on ne fait qu’à peine allusion fit commettre à Higgins l’erreur de diviser chaque dix âges en 6.000 ans. S’il avait ajouté quelques zéros de plus à ses totaux, il serait arrivé plus près de l’explication exacte des néroses ou cycles secrets (697).

Dans le Sepher-Jezireh, le Livre cabalistique de la Création, l’auteur ne fait, évidemment, que répéter les paroles de Manou. La Substance Divine y est représentée comme ayant, seule, existé dès l’éternité, sans bornes et absolue ; elle émane d’elle-même l’Esprit. « L’Esprit du Dieu Vivant est Un, béni soit Son saint Nom, car il vit pour toujours ! La Voix, l’Esprit et le Verbe, voilà ce qu’est le Saint-Esprit (698c) » ; c’est là la Trinité abstraite de la Cabale, que les Pères ont anthropomorphisée avec si peu de façons. De cette UNITE triple, émane tout le Cosmos. D’abord, du UN émane le DEUX, ou l’Air, l’élément créateur ; puis le TROIS, l’Eau procède de l’air ; l’Ether ou le Feu complète le quatre mystique l’Arba-il (699). » Lorsque le Caché du Caché voulut SE révéler, il façonna premièrement un point [le point primordial, ou la première Sephira, l’air ou le Saint-Esprit], il lui donna la forme sacrée [les dix Séphiroth, ou l’homme Céleste] et la recouvrit d’un riche et splendide vêtement qui est le monde (700c) ». « Il fait du vent Ses messagers et du Feu brillant, Ses serviteurs », dit le Jezireh, donnant ainsi à entendre le caractère cosmique des anges euhémeriques subséquents (701), et que l’Esprit pénètre même les atomes les plus menus du Cosmos (702).

Lorsque le cycle de la création se termine, l’énergie du Verbe manifesté faiblit. Lui seul, l’Inconnaissable, est inchangeable (toujours latent), mais la Force Créatrice, bien qu’éternelle, elle aussi, puisqu’elle a été dans celui-là depuis le « non commencement » doit néanmoins être sujette aux cycles périodiques d’activité et de repos ; comme elle a eu un commencement, sous un de ses aspects, lors de sa première émanation, elle doit, par conséquent, avoir aussi une fin. C’est ainsi que le soir succède au matin, et la nuit de la divinité s’approche. Brahmâ s’endort peu à peu. Nous lisons ce qui suit dans un des livres du Zohar :

« Tandis que Moise veillait sur le Mont Sinaï, en compagnie de la Divinité, qu’un nuage cachait à sa vue, il sentit une grande frayeur s’emparer de lui, et il demanda tout à coup : « Seigneur où es-Tu… dors-tu, ô Seigneur ? Et l‘Esprit lui répondit : « Je ne dors jamais ; si je m’endormais un seul instant avant mon heure, toute la création tomberait à l’instant en dissolution. »

Et Vâmadeva-Modëliyar décrit comme suit la « Nuit de Brahmâ », ou seconde période de l’existence Divine, Inconnue :

« D’étranges rumeurs se font entendre, procédant de toutes parts… Ce sont les précurseurs de la Nuit de Brahmâ ; le crépuscule se lève à l’horizon et le Soleil disparaît derrière le trentième degré de Macara (signe du Zodiaque), et n’atteindra plus le signe de Mina (signe des poissons). Les gourous des pagodes, nommés pour veiller sur le râsi-chakra [le Zodiaque], peuvent dès maintenant, briser leur cercle et leurs instruments, car ils sont dorénavant inutiles.

Le jour s’affaiblit petit à petit, la chaleur diminue, les lieux inhabitables augmentent à la surface de la terre, l’air se raréfie de plus en plus ; les sources se dessèchent, les vagues des grands fleuves sont taries, l’océan découvre son lit de sable et les plantes meurent. Les hommes et les animaux diminuent de jour en jour de stature. La vie et le mouvement perdent leur force, les planètes gravitent péniblement dans l’espace ; une par une elles s’éteignent, comme une lampe que la main du chokra [domestique] cesse de remplir. Sourya (le Soleil) vacille et s’éteint, la matière tombe en dissolution (pralaya) et Brahmâ retourne au Dyâus, le Dieu Non Révélé, et sa tâche une fois accomplie, il s’endort. Un autre jour est terminé, la nuit s’étend et continue jusqu’à la nouvelle aurore.

Alors, les germes de tout ce qui existe rentrent dans l’œuf d’or de Ses Pensées, nous dit le divin Manou. Pendant Son paisible repos, les êtres animés, doués de principes d’action cessent leurs fonctions, et toute sensation (manas) reste latente. Lorsque tous sont absorbés dans l’AME SUPREME, cette Ame de tous les êtres s’endort d’un sommeil parfait, jusqu’au jour où elle reprend sa forme et s’éveille encore une fois des ténèbres primordiales (703). »

Si nous examinons maintenant les dix avatars mythiques de Vichnou, nous les voyons relatés dans la progression suivante :

  1. Matsya-Avatâra : sous la forme d’un poisson. Ce sera également son dixième avatar, à la fin du Kali-yuga.
  2. Kurma-Avatâra : sous la forme d’une tortue.
  3. Varâha : sous la forme d’un sanglier.
  4. Nara-Sinha : sous celle d’un homme-lion ; le dernier état animal.
  5. Vâmana : sous la forme d’un nain ; le premier pas vers la forme humaine.
  6. Parasu-Râma : en héros, mais encore un homme imparfait.
  7. Râma-Chandra : le héros du Râmâyanâ. Physiquement, un homme parfait ; son proche parent, ami et allié Hanouman, le dieu-singe. Le singe doué de la parole (704c).
  8. Avatâra le Fils de la Vierge Krishna Devaki formé par Dieu, ou plutôt par la Divinité manifestée Vichnou, qui est identique à Adam-Kadmon (705c). Krishna est aussi appelé Kâneya, le Fils de la Vierge.
  9. Gautama Bouddha, Siddhârtha, ou Sakya-Muni. (Les Bouddhistes rejettent cette doctrine, suivant laquelle leur Bouddha serait une incarnation de Vichnou).
  10. Cet avatâra n’est pas encore accompli. Il est attendu dans l’avenir, comme l’Avent des Chrétiens, dont la notion a été, sans aucun doute, copiée des hindous. Lorsque Vichnou apparaîtra pour la dernière fois, il viendra comme un « Sauveur ». Suivant l’opinion de quelques Brahmanes, il doit apparaître sous la forme du cheval Kalki. D’autres prétendent qu’il sera monté dessus. Ce cheval est l’enveloppe de l’esprit du mal, et Vichnou le montera, invisible pour tous, jusqu’à ce qu’il l’ait terrassé pour la dernière fois. Le Kalki-Avatâra, ou dernière incarnation, partage le Brahmanisme en deux sectes. Celle des Vaïshnâva refuse de reconnaître les incarnations de leur Dieu Vichnou, sous la forme littérale d’un animal. Ils prétendent qu’on doit le prendre au sens allégorique.

Nous voyons retracées, dans ce diagramme des Avatâras, l’évolution graduelle et la transformation de toutes les espèces de la boue ante silurienne de Darwin et de l‘ilus de Sanchoniathon et de Berose. Commençant par l’époque Azoïque, correspondant à l’ilus dans lequel Brahmâ plante le germe créateur, nous passons par les époques Paléozoïque et Mésozoïque, représentées par les première et seconde incarnations sous la forme du poisson et de la tortue ; puis l’époque Cénozoïque avec l’incarnation dans le mammifère et les formes semi-humaines, le sanglier et le lion-homme ; puis nous arrivons à la cinquième période géologique culminante désignée sous le nom d’ « ère du mental, ou âge de l’homme » symbolisée dans la mythologie hindoue par le nain – le premier essai de la nature pour la création de l’homme. II faut, dans ce diagramme, considérer les grandes lignes, sans chercher à connaître le degré de savoir des philosophes de l’antiquité, en prenant au pied de la lettre les formes populaires dans lesquelles nous les a présentées le grand poème épique du Mahâbhârata, et un de ses chapitres, la Bhagavad-Gitâ.

Il n’est pas jusqu’aux quatre âges de la chronologie hindoue qui ne renferment une idée philosophique bien plus élevée que celle qui apparaît à la surface. Elle les définit suivant l’état psychologique ou mental et l’état physique de l’homme pendant chaque période. Krita-Yuga, l’âge d’or, l’âge de la félicité », ou innocence spirituelle de l’homme ; Tretâ-yuga, l’âge d’argent, ou celui du feu – la période de la suprématie de l’homme, des géants et des fils de Dieu ; Dwâpara-yuga, l’âge de bronze – mélange, déjà, de pureté et d’impureté (esprit et matière), l’âge du doute : et enfin, le nôtre, le Kali-yuga, ou âge de fer, celui des ténèbres, des souffrances et des chagrins. Dans cet âge, Vichnou eût à s’incarner en Krishna, afin de sauver l’humanité de la déesse Kali, l’épouse de Siva, le destructeur – la déesse de la mort, de la destruction et de la misère humaine. Kâlî est l’emblème le plus significatif pour représenter la « chute de l’homme » ; la descente de l’esprit dans la fange de la matière, avec tous ses résultats terrifiants. Il faut nous débarrasser de Kâlî avant d’atteindre Moksha, ou Nirvana, la demeure bénie de la Paix et de l’Esprit.

Pour les Bouddhistes, cette dernière incarnation est la cinquième. Lorsque viendra Maitreya Bouddha, notre monde actuel sera détruit et remplacé par un monde nouveau et meilleur. Les quatre bras de toute Divinité hindoue sont les emblèmes des quatre manifestations antérieures de notre terre, depuis son état invisible, tandis que la tête représente le cinquième et dernier Kalki Avatâra quand la terre sera détruite, et que la puissance de Boudh – la Sagesse (de Brahmâ suivant les Hindous) sera de nouveau appelée à se manifester – comme un Logos – pour créer le monde futur.

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