LES CORPS COMPOSÉS

Des croyances contradictoires présentées par divers enseignants de la philosophie concernant la nature de la création et du développement des corps construits simultanément par l’Ego durant sa ligne d’incarnations ont mené à tant de confusion dans l’esprit de nombreux étudiants modernes – en raison des termes non familiers et du langage symbolique utilisé – qu’il devient maintenant nécessaire de simplifier autant que faire se peut le sujet des « corps composés » élaborés par un seul Ego. Même si ces corps sont séparés pendant que l’Ego se manifeste sur divers plans de vie durant une Grande Ère, ils sont en fait, en dernière analyse, un seul corps composé – plusieurs en un.

 Pour illustrer ceci, il nous faut revenir à la simple cellule, le spermatozoïde du liquide séminal dans les organes reproducteurs de l’homme et l’ovule de la femme, aucun des deux n’étant capable, tel que l’humain est actuellement constitué, d’utiliser l’énergie créatrice seul. Pour ce faire, ils doivent êtres unis sur le plan physique, dans des conditions favorables à cette fin.

Chacune de ces deux cellules primaires possède trois centres spéciaux de développement. Lorsqu’ils se combinent dans la cellule centrale du fœtus, ils sont au nombre de sept, le septième étant le centre synthétique. Même si ce septième centre ne fonctionne pas à part des autres présents dans un organe physique sur le plan de la matière, il est néanmoins indispensable à l’évolution du corps physique. Il utilise l’énergie de cohésion qui combine en une seule toutes les formes physiques, astrales et spirituelles de la vie.

Les trois centres du spermatozoïde sont positifs relativement aux trois centres négatifs de l’ovule, tandis que le septième est neutre relativement aux centres positifs et négatifs. C’est à partir de ce septième centre que la cellule centrale tire principalement l’énergie requise pour le développement de la multitude de cellules qui formeront finalement le fœtus humain pleinement développé. Dans la cavité utérine, durant sa croissance, le fœtus tire des six principaux chakras de la mère la force vitale nécessaire pour se nourrir durant les neuf mois de la grossesse. Il faut se rappeler que chaque être humain possède six chakras principaux – ou centres – qui correspondent par leur nature à six des principes universels de la vie. Les cellules centrales combinées du spermatozoïde et de l’ovule correspondent au septième principe universel. Le cordon ombilical est la voie par laquelle l’énergie de ce centre synthétique contacte le noyau de toutes les cellules en développement du fœtus, passant en premier lieu à travers un septième centre correspondant chez la mère, lequel lui donne le pouvoir de choisir parmi les quatre principes (sur sept) de la vie universelle tout ce qui est nécessaire pour nourrir son véhicule physique.

Il est évident que la pauvre mère affaiblie qui ne peut se nourrir suffisamment durant et après la grossesse pour soutenir correctement son propre corps, mais qui néanmoins produit un enfant extrêmement gros et bien nourri, doit tirer un certain pouvoir d’une source extérieure à son corps physique pour nourrir l’enfant. Lorsque l’inverse est le cas et que la mère en santé et bien nourrie donne naissance à un enfant faible et plus petit que la normale, elle a utilisé la majeure partie de l’énergie produite par le septième centre synthétique pour construire et soutenir son propre corps, et ainsi n’a pas fourni suffisamment d’énergie pour que le fœtus en croissance puisse s’y approvisionner et à son tour tirer des centres de vie universelle mentionnés plus haut suffisamment de nourriture pour grandir et atteindre la stature d’un bébé normal. L’énergie libérée par l’assimilation de la nourriture et de la boisson ne suffit pas à fournir à la mère assez d’énergie vitale pour construire et nourrir le fœtus qui se développe dans son ventre.

L’action des trois principes universels inférieurs – ou divisions de la vie cosmique – fournit les éléments chimiques qui, en se combinant, forment le sang, les tissus, les os et d’autres parties de la structure biologique du fœtus. Les éléments alchimiques ou les substances plus subtiles qui forment le véhicule de l’âme – le « Corps Manasique Supérieur » – sont tirés des trois principes supérieurs. Par exemple, grâce à l’action du centre de la respiration de la mère, les gaz nécessaires – l’oxygène, l’hydrogène et l’azote – sont attirés dans les poumons de la mère où, avec d’autres gaz libérés par l’assimilation de nourriture, ils sont modifiés, ou purifiés, puis élevés à un degré supérieur de substance. Les composantes indésirables, comme le dioxyde de carbone, sont rejetées au cours du processus d’assimilation. La combustion purifiante des gaz libère une autre force élémentaire qui entre directement dans la construction des centres de la respiration du fœtus, car cette force est de la nature de la forme d’énergie que produisent les centres universels de la respiration de l’Homme Céleste. Il y a une interaction constante entre l’énergie créant le cœur et les poumons du fœtus et l’énergie produite dans les centres universels de respiration, jusqu’à ce que les organes correspondants aient atteint leur pleine croissance. La cellule centrale de chaque corps physique, astral et spirituel se développe dans le centre du cœur de chacun de ces trois corps.

Ce qui est vrai pour la construction du corps physique, d’abord par l’action des aspects négatif-positif des principes de vie universels, est aussi vrai pour la construction du corps permanent de l’âme au moyen des aspects électriques positif-négatif des principes de vie. Ce véhicule de l’âme est le « Corps Manasique », ou « Corps Astral Supérieur », qui fonctionne sur un plan intérieur correspondant. C’est ainsi que, graduellement, l’incorporation ou la forme permanente de l’âme est créée et nourrie en même temps que chaque corps physique durant les nombreuses incarnations de l’Ego sur tous les plans, premièrement durant toute la ligne d’incarnations de l’Ego individuel – grâce aux énergies produites et entreposées dans les trois centres supérieurs parmi les six centres de chaque mère incarnée –, puis par les trois centres universels supérieurs correspondants, jusqu’à ce que soit formé le véhicule Nirmanakaya, le corps spirituel de l’Ego, et que sa ligne d’incarnations soit complétée.

Si ce qui précède semble être une vision matérialiste d’une réalité spirituelle, rappelez-vous que l’Esprit et la Matière sont essentiellement « un » et que les substances astrales et spirituelles sont créées par des vibrations d’un degré supérieur comparativement à celles qui créent les substances que nous appelons « matières grossières ». Si nous devons reculer encore plus loin dans l’union du spermatozoïde de l’homme et de l’ovule de la femme pour trouver les débuts de la vie physique, nous devons tourner notre esprit vers le grand océan de la vie qui, de ce point de vue matériel, est le sérum – la substance liquide du sang, « les eaux de cristallisation », la force liante universelle –, ce véhicule du feu créateur qui attire ensemble tous les êtres vivants et les lie en une seule grande « Entité Universelle ». Chaque goutte de ce sérum contient en essence la forme idéale, la configuration de chaque chose créée ou de chaque chose qui peut être amenée à la manifestation. Tout comme chaque grain de matière, quelle que soit sa nature, contient ce sérum ou cette eau, le spermatozoïde ou l’ovule possèdent en eux-mêmes la configuration de la forme de la créature qui se développera à partir de leur union.

HILARION - Temple 2 - Leçon 303
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