LE SYMBOLE du SERPENT

Les hommes ont essayé de comprendre le mystère sous-jacent à l’antagonisme qui existe entre l’homme et les êtres vivants qui rampent, les petits vers, les petits serpents inoffensifs et souvent utiles, qui ont involontairement touché une chair nue. D’autres créatures peuvent susciter de la crainte chez l’homme : il peut être frappé de terreur par un ours ou un tigre ; il peut ne pas aimer d’autres animaux, s’en méfier ou leur être parfaitement indifférent. Si par hasard, ils touchent sa chair, l’homme ne sent pas l’intense répugnance qui l’envahit au contact d’un animal rampant. La raison de ce sentiment est profonde, aussi profonde et aussi viscérale que les deux extrémités de son être, la vie et la mort. Cette antipathie remonte au début de sa vie comme être humain conscient. Lorsque Jéhovah a dit qu’il y aurait une inimitié entre la descendance de la femme et celle du serpent1, il s’agissait là d’une grande vérité, et la guerre a été déclarée encore une fois entre la Magie Blanche et la Magie Noire, pour un Manvantara.

En un sens, le terme de « serpent » englobe tous les animaux rampants. Du point de vue ésotérique, le serpent symbolise le niveau de développement le plus élevé qu’un être humain puisse atteindre. Du point de vue exotérique, ce mot symbolise le niveau le plus bas de ce développement.

Ici, comme dans toutes les autres divisions du Cosmos, on peut voir l’action de deux pôles de manifestation. Plus l’homme avance, plus grande est son antipathie pour les choses rampantes, visqueuses, secrètes, cachées, parce que le gouffre qui sépare le côté le plus élevé du côté le plus bas de sa nature s’élargit constamment. La tentation de l’être inférieur augmente constamment, et la bataille devient de plus en plus violente, jusqu’au moment où il abandonne pour toujours son être inférieur en réussissant à le contrôler totalement.

Lorsque « le talon de la femme écrasera la tête du serpent », c’est-à-dire lorsque l’aspect négatif de l’éternel féminin, l’âme, entrera en contact avec le positif, la tête, l’esprit inférieur, l’aspect masculin de la matière, un des deux jumeaux devra disparaître. C’est l’aspect masculin qui disparaîtra parce que lorsque cet événement se produit, c’est que la fin du Manvantara est arrivée et que l’âme et l’intellect se sont fusionnés.

Le fait qu’un ver ou un serpent rampe sur la chair d’un humain ne crée pas de crainte particulière dans l’esprit humain. Comme nous l’avons dit plus haut, il s’agit d’un sentiment très différent, un frisson rapide et convulsif, qui est causé par l’action de la force de répulsion qui se manifeste immédiatement et dont le résultat est que la créature est arrachée violemment de l’endroit où elle s’est posée et lancée au loin. Cette action de la force de répulsion n’est qu’une petite démonstration de cette force qui est générée dans le « talon de la femme » », et qui en sort suite à l’interaction de forces d’attraction et de cohésion. L’action de l’éther vital qui opère dans les nerfs de la peau est immédiatement amplifiée par le contact avec une telle créature, et lorsque cet éther communique au cerveau son désir d’être débarrassé de cette chose détestable, le cerveau commande aux muscles de la main ou du bras d’enlever cette dernière, et ceux-ci obéissent.

On trouve occasionnellement l’exception qui confirme la règle dans le cas d’hommes et de femmes qui semblent aimer anormalement les serpents. Ces personnes jouent avec les serpents et les caressent, et font une démonstration de leur contrôle, au grand étonnement des spectateurs. Mais lorsque ce sentiment d’attraction est authentique, il est dû à une des deux causes suivantes : soit qu’un contact constant avec les serpents a tellement familiarisé la personne avec eux que l’antagonisme naturel a été vaincu, et que la force symbolisée par le talon de la femme s’est suffisamment développée dans le corps de l’acteur pour dépasser la force symbolisée par « la tête du serpent » , de sorte que son éther vital ne réagit plus à l’excitation du toucher. Il se peut aussi que la personne soit directement tombée sous la coupe d’un magicien noir, ce qui a complètement changé sa nature et l’a soumise au contrôle des êtres qui dirigent la division de la vie, située dans l’astral inférieur, à laquelle les bêtes rampantes appartiennent. Le serpent (le mal personnifié, et, selon le concept orthodoxe, le Tentateur) a été très mal compris. C’est un symbole parfait des deux extrêmes de la vie. Dans son sens le plus élevé, il représente le Gardien du Seuil. Depuis de nombreuses ères, le nom de « Serpents » est donné aux Initiés de haut degré qui ont pour fonction de tester de toutes les façons possibles ceux qui demandent à être admis à un degré quelconque de la Grande Loge Blanche. Si le candidat ne réussit pas à passer le test, le responsable du test auquel il a échoué lui paraîtra naturellement mauvais. Cela est particulièrement vrai si le disciple n’a pas atteint le niveau de développement qui lui permettrait de percevoir la justice et la compassion qui font partie de ces tests. Le silence, la sagesse, le retrait, la possibilité de changer de peau en muant, la capacité de prendre différentes formes, sont des pouvoirs que le serpent a en commun avec l’Initié. Ceci indique pourquoi le serpent symbolise le niveau le plus élevé de l’être. Le fait qu’il soit confiné aux niveaux inférieurs de la vie, la ruse, le poison caché, la traîtrise, etc. symbolisent les habitudes et les caractéristiques d’une nature semblable chez un Magicien Noir. Par conséquent, le « Serpent » constitue un symbole approprié pour les deux extrêmes de la vie.

1 N.D.É. Genèse 3 15.

HILARION - Temple 1 - Leçon 55
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