LE SIXIÈME SOUFFLE

Le sixième souffle est un principe formateur – l’essence, pour ainsi dire, de la forme abstraite. C’est le sixième souffle que Dieu a insufflé dans l’homme d’argile et qui a fait de lui une âme vivante. Insuffler seulement le quatrième souffle, ou souffle vital, n’aurait pas fourni à la matière une âme dotée d’une Étincelle divine. Le sixième souffle est le souffle spirituel qui anime toutes choses en manifestation, et son opposé polaire dans la matière est le quatrième souffle, ou souffle rupique. Ce dernier procède de la créature (de la chose créée) tandis que le sixième souffle procède du Créateur. Les impulsions rythmiques du sixième souffle, lequel est en vibration synchrone avec le Grand Souffle, éveillent un souffle analogue dans le pôle rupique inférieur, générant ainsi l’activité du désir et maintenant la forme en manifestation sur les plans inférieurs. Si le sixième souffle cessait son activité, toute forme animée ou inanimée disparaîtrait de la face du cosmos.

Le siège du pouvoir de l’imagination, la faculté royale de l’âme, se situe dans le sixième souffle, lequel est aussi le fondement de la Kriyashakti, la création par la volonté et par l’imagination. En un sens, souffle et désir sont une seule et même chose. Lorsqu’il est harmonisé au rythme universel du Grand Souffle, le désir est omnipotent. Mais, les désirs inférieurs ne peuvent pas vibrer au rythme du sixième souffle, en raison des limitations de la matière. La conscience rupique sur le quatrième plan est simplement un reflet du sixième principe, arupique, dans les royaumes du sans-forme, mais elle contient en puissance toutes les formes.

Le souffle crée les images, et l’imagination éveille le souffle. L’action du sixième souffle sur les plans universels de l’être est un processus vaste et indescriptible en mots humains, mais on peut s’en faire une idée en étudiant les effets des désirs qui relèvent du souffle inférieur sur le plan émotionnel humain. Toutes les sortes d’émotions, qui appartiennent au quatrième plan de l’être ou plan rupique, affectent la respiration, comme dans la joie et la peine, la colère, la peur, la frayeur, la concentration profonde et ainsi de suite. Lorsque les phases émotionnelles inférieures se manifestent, il n’y a aucune maîtrise des centres du souffle. La respiration devient profonde, rythmique, saccadée ou courte selon la phase de l’émotion qui se manifeste, car tout cela appartient au plan du quatrième souffle. Toutefois, maîtrisez le quatrième souffle par le sixième, et toutes les conditions désordonnées disparaissent.

Par conséquent, dans tous les états mentaux ou émotionnels perturbateurs, ramenez la conscience à l’intérieur par une respiration délibérément calme, et cherchez à établir un rapport avec le sixième souffle, sur son propre plan de force et de conscience. Si cela est fait, vous obtiendrez immédiatement un état d’équilibre et un sentiment de paix profonde et de calme intérieur, ainsi qu’une maîtrise des conditions extérieures. Mouvements et émotions se calment de plus en plus à mesure que nous avançons en conscience vers le centre de l’Être, car le royaume du souffle rythmique divin – le Ciel – se trouve à l’intérieur. La différenciation, qui s’exerce du centre vers l’extérieur, engendre un mouvement de plus en plus vaste qui est à l’origine de plus de mouvement encore, et ainsi de suite jusqu’à l’infini, comme on peut l’observer dans les puissantes oscillations des soleils et des planètes à travers les profondeurs spatiales. Et malgré tout, dans le véritable centre intérieur de ces orbes animés et de toutes les créatures qui s’y trouvent, il existe un endroit commun ou état d’identité commune. En d’autres mots, si vous trouvez le véritable centre de quelque chose, de l’âme, d’une créature, d’une étoile ou d’une planète, vous avez trouvé le Centre de Tout. Tous les chemins mènent à Dieu, à travers les centres, qui eux-mêmes se trouvent à l’intérieur d’autres centres.

Dans les états de concentration mentale les plus profonds, la respiration extérieure devient calme et silencieuse ; et si elle est suffisamment puissante, elle peut même s’interrompre totalement comme dans le yoga, car l’impulsion ou le désir extérieur passe du quatrième au cinquième souffle, et s’approche même du sixième souffle. Tandis que la respiration extérieure s’harmonise avec la respiration intérieure, chaque organe, cellule et tissu du corps commence à respirer à l’unisson, car chaque cellule et organe porte en lui-même la correspondance de chaque autre organe, chaque cellule possédant l’équivalent de poumons et renfermant le rythme potentiel de l’ensemble des sept souffles.

HILARION - Temple 2 - Leçon 240
image_pdfEnregistrerimage_printImprimer