La découverte de la phase de l’énergie de Fohat appelée radioactivité a soulevé beaucoup de discussions quant à la nature et aux possibilités de cette énergie. Cette substance a apparemment mis à mal dans l’esprit de certains chercheurs toutes les idées préconçues sur l’action des lois de l’énergie et sur la constitution atomique de la matière. Les difficultés de ce genre vont disparaître lorsque l’aboutissement ultime de la recherche dans cette voie sera atteint. On démontrera immanquablement, comme cela se doit, qu’en dernière analyse toute matière est une unité et qu’il n’y a qu’une seule substance, une seule loi, une seule réalité. Ajoutez à cela le fait que chaque atome contient en potentiel tout ce que chaque autre atome contient, et que ce dernier n’a besoin que d’un changement vibratoire – nécessitant un changement d’environnement pouvant être suscité par l’action de quelque autre phase de la loi qui le gouverne – pour pouvoir manifester les caractéristiques et les potentialités de n’importe quel autre atome.
Les atomes qui constituent les molécules de radium ont été en quelque sorte dévêtus, et cela à un degré plus grand que dans toute autre forme de vie matérielle. Par conséquent, dans toute radioactivité, les « êtres de feu » – les centres atomiques – revêtent ce qu’on pourrait appeler un « uniforme décontracté ». En d’autres mots, la substance dont est extrait le radium a été temporairement élevée au moyen du pouvoir inhérent de résistance qui, dans cette substance, a été mis en action par la force qui a extrait le radium de sa cachette en brisant cette dernière, libérant ainsi l’énergie emprisonnée.
Le soufre fournit un moyen pour comprendre les opérations du radium. Si vous frottez une allumette de soufre contre une substance dure, elle va s’enflammer, et la flamme est un véhicule de radioactivité. L’énergie utilisée par la main pour frotter l’allumette éveille le pouvoir latent de résistance qui se trouve dans toute substance dure sur laquelle on frotte l’allumette. Cette énergie – la résistance – et l’élément radioactif latent dans le soufre s’unissent dans la flamme. La flamme est ainsi le révélateur d’une quantité précise du principe vital du radium, et ce principe vital est la même force que celle que Keeley1 a si vaillamment tenté de démontrer avec son moteur : la Volonté divine – Fohat.
Le radium sera éventuellement extrait non pas uniquement de la pechblende2 mais de plusieurs autres minerais. Malheur aux hommes qui utiliseront ce pouvoir spirituel à des fins égoïstes.
1 – N.D.É. John Worrell Keely, né à Philadelphie le 3 septembre 1837. Helena Blavatsky mentionne ce qui suit dans La doctrine secrète concernant la découverte de Keely : « Il est incontestable que la vibration moléculaire est ‘‘le légitime domaine des recherches de Keely’’ et les découvertes qu’il a faites seront reconnues comme merveilleuses. […] Si on demande pourquoi il ne fut pas permis à Keely de franchir une certaine limite, la réponse est facile : c’est parce que ce qu’il a inconsciemment découvert est la terrible force sidérale que connaissaient les Atlantes qui l’appelaient ‘‘MASH-MAK’’ et à laquelle les Rishis Aryens donnent, dans leur Astra-Vidyâ, un nom que nous n’aimerions pas divulguer. C’est le ‘‘Vril’’ de La race à venir de Bulwer Lytton et des races futures de notre humanité. Le mot ‘‘Vril’’ peut être une fiction, la force elle-même est un fait dont, en Inde, on doute aussi peu que l’on doute de l’existence des Rishis, attendu qu’il en est fait mention dans tous les ouvrages secrets. C’est cette force vibratoire qui, dirigée contre une armée du haut d’un Agni-ratha, fixé à un vaisseau volant, à un ballon, peut, d’après les instructions qui se trouvent dans l’Astra-Vidyâ, réduire en cendres 100 000 hommes et éléphants aussi facilement qu’elle le ferait d’un rat mort. C’est exprimé de façon allégorique dans le Vishnou Pourâna, le Râmâyana et d’autres ouvrages, par la fable qui parle du sage Kapila dont ‘‘le regard transforma les 60 000 fils du roi Sagara en un monceau de cendres’’, fable qui est expliquée dans les ouvrages ésotériques et à laquelle on fait allusion sous le nom de ‘‘Kapilâksha’’ – l’œil de Kapila. »
2 – N.D.É. Pechblende : Minerai renfermant une forte proportion d’uranium. Pierre et Marie Curie ont découvert le polonium et le radium en utilisant de la pechblende.
HILARION - Temple 3 - Leçon 386


