LE POUVOIR DES PETITES CHOSES

J’ai beaucoup parlé dans le passé du pouvoir des petites choses, mais c’est un sujet d’une si grande importance qu’on peut difficilement en parler trop. Ceci est particulièrement vrai en cette ère cruciale alors que nous faisons tant de découvertes importantes dont chacune dépend principalement de la dévotion d’une personne à l’examen des vies microscopiques. Celui qui méprise la règle des petites choses ne pourra jamais s’élever à quelque hauteur que ce soit dans la vie avant que l’expérience ne lui ait appris de nombreuses et tristes leçons.

La Monade humaine était une petite chose, dans le temps et dans l’espace, au moment où elle s’est séparée de la masse qui la maintenait en suspension à l’intérieur du grand néant. Les Hiérophantes qui occupent les trônes d’un univers, dont ils régissent les soleils et les étoiles, ont déjà été de ces « petites choses ». Jamais dans l’histoire de cette Terre la règle des petites choses n’a été aussi puissante que dans le présent cycle, car l’homme s’éveille à son pouvoir inhérent et apprend les méthodes par lesquelles ce pouvoir peut être utilisé. Ces méthodes reposent toutes sur une vérité essentielle qui pourtant passe inaperçue.

La recherche a fait prendre conscience à la race qu’un simple microbe pathogène, à peine visible même avec le plus puissant microscope, est la « petite chose » qui, en se développant, peut éventuellement mener à la tombe bon nombre des habitants des villes populeuses ou d’un pays.

Une seule étincelle peut être responsable de la chute de milliers d’arbres, aussi immenses en hauteur que par la circonférence de leur tronc, et la conflagration ainsi déclenchée pourra se faire un chemin à travers champs et villes jusqu’aux rives de quelque fleuve lointain ou même jusqu’à l’océan. La première goutte d’eau qui, depuis le sol jusqu’aux profondeurs de l’intérieur de la Terre, atteint les roches qui se trouvent à des températures élevées peut ouvrir le chemin à d’autres jusqu’à ce que, avec le temps, surgisse une colonne de vapeur sifflante si puissante qu’elle sera capable de déplacer terre et rochers ; et les élémentaux du feu et de la terre peuvent être si excités et atteindre une si grande furie qu’il leur devient même possible de séparer un continent en deux par leurs convulsions internes.

Alors, c’est dans tous les domaines de la vie que la « petite chose » est ce que nous devons redouter le plus et aimer le plus. Si ce n’était du fait que tout ceci sert un but divin ou un plan divin, tous les hommes devraient, comme l’aveugle, chaque jour de leur vie, avancer les bras en avant et les pieds tremblant, de crainte qu’au prochain mouvement il ne frappe une pierre ou ne tombe dans quelque fournaise ardente juste là devant. Ah, mes enfants ! faites attention aux « petites choses » ; marchez d’un pas ferme et gardez l’œil ouvert. Surveillez votre propre cœur, pas celui des autres, pour voir les premiers signes de l’arrivée de ces « petites choses ».

C’est la perversité de l’homme – quand il cherche d’abord dans la vie de son voisin les traces de quelque mal – qui a donné au mal l’occasion nécessaire de grandir à l’intérieur de sa propre vie, au-delà de son pouvoir de le vaincre ; car, aussi peu mérité que cela puisse sembler d’un point de vue superficiel, aucun mal ne peut vous atteindre qui n’ait d’abord reçu sa première impulsion d’un seul de vos actes ou d’une seule de vos pensées. Naturellement, vous n’accepterez pas ceci si vous rejetez la réincarnation et le karma, mais une justice absolue est impensable autrement. L’amour parfait ne peut exister en dehors de la justice parfaite.

Vous êtes responsables des bons ou des mauvais résultats d’une action bonne ou mauvaise uniquement dans la mesure où vous êtes responsable de l’action elle-même. Aussi longtemps que vous vous attachez aux résultats de n’importe quelle action, vous vous perdez dans un labyrinthe interminable. Plus vos actes de bonté seront impersonnels et désintéressés, plus les résultats seront purs, puissants et grands, et plus ils procureront de bienfaits durables à toute la race plutôt qu’à votre seule personne.

Il devrait vous suffire de savoir que vous avez élevé la race à laquelle vous appartenez dans la mesure où vous avez rendu service à n’importe quel individu de cette race. Vous manipulez des énergies cosmiques éternelles dans chaque chose bonne et utile que vous faites, car Dieu est bon et ce qui est bon est éternel. L’appréciation, ou le manque d’appréciation, de la part de l’individu qui serait le principal bénéficiaire d’un de vos actes de bonté ne devrait aucunement vous toucher. Les bonnes choses sont généralement de « petites choses » au début. Alors, surveillez bien les occasions que vous aurez de faire de « petites choses », de dire un bon mot, de prêter une main secourable, quel que soit leur effet immédiat sur votre personne.

HILARION - Temple 2 - Leçon 288
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