Mes enfants, rappelez-vous de ce fait incontestable : même en tenant compte de celui qui a devant lui la plus longue espérance de vie, il reste à tous relativement peu de temps à passer en incarnation physique à ce stade particulier du voyage de votre vie. Il faut vous demander si vous souhaitez être actifs ou passifs dans l’état intermédiaire – astral – entre les états physique et dévachanique de conscience. En d’autres termes, désirez-vous être conscients de votre existence et de vos expériences, ou bien désirez-vous perdre le sens de la personnalité pour une longue période de temps lorsque vous passerez dans cet état intermédiaire ? Gardez à l’esprit que ce sera l’un ou l’autre ; il n’y aura pas de troisième alternative. Seul celui qui est extrêmement méchant manque l’état dévachanique, ainsi que les âmes très avancées qui renoncent à cet interlude. Aussi, est-il bon de reconnaître et d’accepter ce fait en considérant le sort de la race humaine à cet égard, et d’orienter temporairement votre réflexion vers l’état qui précède le dévachan.
Il n’est pas couramment accepté qu’un être humain normal puisse avoir le choix de demeurer pleinement éveillé ou d’accepter passivement un état d’existence à moitié comateux durant la période intermédiaire à la fin de laquelle se produit ce qu’on appelle quelques fois la « seconde mort ». S’il est pleinement éveillé, son mental sera plus conscient de la purification qu’il ne l’aurait été autrement, c’est-à-dire plus conscient des expériences à travers lesquelles il passera, à la fois positives et négatives – les résultats karmiques de ses précédentes actions.
Lorsque je dis qu’un homme peut choisir, bien sûr j’utilise le mot « choisir » dans un sens relatif parce que son pouvoir de choisir dépend largement de la condition du véhicule de sa conscience astrale ; et la condition de ce véhicule astral dépend du degré de développement auquel il a pu conduire ce véhicule au moyen de l’exercice du désir et de la volonté alors qu’il fonctionnait encore sur le plan physique. S’il est un disciple accepté de la Grande Loge Blanche, cet exercice de la liberté et du désir sera octroyé selon les règles fixées pour contrôler ces deux formes d’énergie cosmique. Rappelez-vous, son action à cet égard n’influencera pas son expérience dévachanique ultérieure, à moins qu’il ait atteint un point ou le besoin individuel de cette période de repos n’existe plus, comme c’est le cas pour les Maîtres de Sagesse qui sont conscients sur tous les plans à volonté.
Les règles occultes pour changer consciemment la configuration de n’importe quelle forme vivante peuvent être si mal utilisées qu’elles ne sont données directement que de Maître à élève ; pour cette raison, il n’existe pas de règles écrites valables. C’est une question sérieuse pour un individu que de décider délibérément et consciemment de changer la configuration de n’importe quel organe du corps astral parce que, s’il a beaucoup de mauvais karma impayé, il peut créer des conditions telles qu’elles accroîtront l’action de la rétribution karmique au-delà de son pouvoir de patiente endurance, parce qu’un corps hautement sensitif sur le plan physique peut ressentir plus vivement la souffrance qu’un corps grossier.
Comme je l’ai mentionné, il est possible pour un homme possédant un fort mental de faire beaucoup afin de changer son corps astral et ce, sans savoir quoi que ce soit des règles énumérées précédemment ni même être conscient qu’il est en train de construire ce corps. Mais, s’il entreprend consciemment de réaliser ces changements alors qu’il en ignore totalement les règles, il a des chances de commettre de sérieuses erreurs. Le résultat en sera un organe ou corps non naturel, mal proportionné ou déformé, parce qu’il ne saurait pas comment ni où fixer sa force de pensée. En des circonstances semblables, il ferait mieux de laisser le soin de changer cette forme à la nature seule. Il pourrait en effet défaire en un instant par de soudains éclats de colère, de haine ou de jalousie plus qu’il ne pourrait reconstruire en une année. C’est également vrai pour l’homme moralement normal et bien intentionné ; mais s’il construit en connaissant les règles, il saura mieux comment corriger la faute lors de cette construction.
L’une des idiosyncrasies particulières du mental de la race humaine est la rapidité avec laquelle il fait disparaître certains faits et expériences qui auraient dû, semble-t-il, se graver en lui de manière indélébile ; par exemple, les méthodes et moyens par lesquels prennent place les changements structurels dans la forme, à la fois astrale et physique, ainsi que les causes de ces changements. Chaque race dans son ensemble a reçu de façon répétée des enseignements concernant la nécessité de la moralité et de la renaissance spirituelle, afin que l’âme puisse avoir une existence indépendante après la mort du corps. Ces races peuvent ne pas avoir accepté ces enseignements vieux comme le monde, mais elles en ont au moins entendu parler jusqu’à un certain point. Elles possèdent quelques notions allant dans le sens du concept d’un Être Suprême, d’un ciel et d’un enfer. Mais, la raison fondamentale pour laquelle il faut être vertueux, « d’un point de vue mathématique ou géométrique », ne reçoit que peu de considération.
La connaissance du fait que la réalisation d’un acte, ou le fait de se maintenir dans une pensée précise contraire à la loi divine, peut produire des changements structuraux dans la forme – à la fois astrale et physique – a été perdue lors d’une période de la ligne de vie individuelle, et ceci en dépit du fait que le siège de la mémoire se situe dans l’âme. Il semblerait que l’intuition ou l’instinct racial d’un peuple – à défaut de quelque chose de plus précis – aurait du transférer vers une autre incarnation une mémoire de cette importance, mais cela ne se produit que dans des cas exceptionnels. La perte d’un membre ou l’affliction ressentie suite à toute autre blessure physique survenue durant une vie particulière laissent en fait une impression sur la mémoire de l’âme pour toutes les vies suivantes, et ceci devient évident dans le cas d’une peur instinctive de la chose ou de la créature qui a infligé cette blessure. Pourtant, la manière dont le karma fait la collecte de ses dettes morales et spirituelles dans de nombreux cas similaires reste un mystère. Un homme peut naître sourd ou aveugle, et la science peut en trouver la cause dans un défaut structurel de l’oreille ou de l’œil, ou dans une influence héréditaire ou encore prénatale. L’orthodoxie appelle cela la « volonté de Dieu », et c’est rarement, sinon jamais, à cet homme que la cause première de la surdité ou de la cécité est attribuée. Dans ce cas, la cause est un mauvais usage ou abus antérieur des propriétés de la « pensée », du « son » ou de la « lumière ». Le mode de mouvement ou la vibration des ondes de lumière ou du son qui ont été évoquées par la pensée lors de ce mauvais usage ou de cet abus on atteint les centres du son ou de la vision durant le processus de formation de l’enfant à naître.
L’interaction de toutes les énergies, substances et matières sur l’ensemble des plans de la vie est encore peu comprise.
Ce sont des illustrations grossières, mais elles peuvent donner quelque idée de la méthode et des moyens par lesquels les variations prénatales de la forme sont accomplies, ainsi que des causes à l’arrière-plan de ces changements structurels d’un point de vue matériel, à la fois bonnes et mauvaises. Une personne peut écouter des récits accusateurs, et souscrire à la punition vengeresse qui s’abat sur un autre individu, sans faire l’effort d’apprendre la vérité relative à l’accusation qui pèse sur ce dernier ni aider celui qui souffre, devenant ainsi passivement une force auxiliaire à ses souffrances. Mais, la loi divine prend en compte ce péché d’omission.
Dans le cas précédent, les ondes du son ou de la vision, ou les deux à la fois, ont été évoquées et détournées de leur course naturelle et divine ; et à un moment donné, quelque part, dans quelque nouvelle incarnation, un centre de l’ouïe ou de la vue dans le linga sharira en formation – la forme astrale – saisira ces ondes détournées et, lorsque l’oreille ou l’œil se formera, il y aura un défaut, une malformation qui ne permettra pas au grandes ondes normales et naturelles du son ou de la lumière de s’appliquer correctement au processus d’élaboration de l’oreille astrale ou de l’œil astral.
Cette illustration donnera peut-être quelque idée de l’interaction de la substance sur différents plans, bien qu’il soit très difficile d’illustrer l’action des forces spirituelles supérieures dans et à travers la matière grossière.
HILARION - Temple 2 - Leçon 211


