Les quatre plans manifestés et leurs plans intermédiaires proviennent d’une force ou élément fondamental unique, dont émanent ou irradient trois autres forces – trois éléments – qui forment, pourrait-on dire, le substrat de ce plan, et qui donnent naissance à toutes les autres forces ou éléments dont l’ensemble constitue ce plan. L’élément fondamental et ses trois émanations constituent les piliers sur lesquels la structure tout entière doit s’appuyer durant une grande ère.
Plus ces quatre piliers sont situés près du point central de chaque structure, plus les substances élémentaires constitutives de ce plan sont fines.
Ce qui est pure énergie au point central devient matière dense à la circonférence, et la densité dépend de la nature de l’énergie fondamentale du plan.
La connexion étroite entre la pensée et l’élément phosphore est reconnue depuis longtemps, mais seuls les Illuminés connaissent les causes de cette relation ainsi que les méthodes par lesquelles elle se maintient. Les Illuminés sont aussi seuls capables d’observer les micro-éléments des états de vie organisée qui existent sur ces plans supérieurs aux plans terrestres. On admet généralement qu’une personne liée à la matière ne peut ni comprendre ni franchir les points de divergence – les plans intermédiaires – entre deux plans définis (comme par exemple entre les plans physique et astral). Pour passer d’un plan à l’autre, l’être humain doit abandonner sa forme physique soit par la mort, la transe, le sommeil ou la concentration. Même en ce cas, il ne conserve aucune conscience de ce passage, ni connaissance des substances qu’il a traversées, jusqu’à ce qu’il ait atteint, dans son évolution, le plan astral supérieur aussi appelé plan de l’âme.
Quel est l’aspect spirituel du phosphore ?
Vous serez surpris d’apprendre qu’en langage commun, ce serait le « démon ». En d’autres mots, c’est la force du test, de la mise à l’épreuve.
Le plan, ou gouffre, comme on l’appelle souvent, situé entre le monde physique et le monde astral, est illuminé et largement alimenté en énergie par le principe actif du phosphore. C’est le plan du test, de l’épreuve, que toutes les âmes doivent traverser avant d’entrer dans le plan astral, où elles doivent subir une autre épreuve.
Le plan phosphorique est le plan dans lequel l’âme laisse tomber la dernière partie de sa nature physique. La partie du plan astral avec lequel elle doit entrer en contact ensuite dépend du corps dans lequel elle se trouve, et l’énergie du phosphore constitue la force de mise à l’épreuve à cet égard.
Si elle le peut, l’âme s’attachera à ces restes physiques, parfois par crainte, parfois par amour, et la puissance du phosphore présente à l’âme le problème de la séparation de cette matière physique.
La force de l’épreuve est une force mentale qui appartient au plan de Manas. Dans un certain sens, c’est la raison. Le phosphore est absolument nécessaire à la formation du cerveau et des nerfs physiques.
La lumière spirituelle est l’énergie homogène, par laquelle, dans laquelle et de laquelle est créée toute vie manifestée sur les quatre plans mentionnés.
En passant de l’astral inférieur au plan physique, une partie précise de cette énergie est transformée, par un processus alchimique, en énergie phosphorique, dont émanent les trois énergies fondamentales de l’antimoine, de l’arsenic et du carbone.
Ces trois dernières énergies ont un effet inhibiteur sur le principe lumineux de la lumière homogène, et ce n’est par conséquent qu’à l’aide de l’énergie phosphorique que le principe lumineux peut rayonner. La seule lumière visible à l’œil qui peut pénétrer le plan intermédiaire en question est une lueur phosphorique étrange et changeante, traversée occasionnellement de lueurs rouges et vertes.
Les énergies de l’antimoine, de l’arsenic et du carbone sont les véhicules qui font passer les forces – les vies individuelles – du plan physique au plan suivant, le plan astral, en traversant ce plan intermédiaire. Ces énergies forment, pourrait-on dire, la barque qui fait traverser à l’âme le fleuve Styx (un autre nom, en passant, pour ce plan intermédiaire).
L’élément de base, dans le cas présent le phosphore, est toujours neutre par rapport à ses trois émanations, et possède toujours une autre forme de mouvement.
Il ne faut jamais oublier que ces trois éléments fondamentaux ne sont pas les formes grossières des substances que nous connaissons sous ces noms sur le plan physique, mais sont ce que les alchimistes appellent l’âme ou l’esprit de ces éléments. Ils ne peuvent par conséquent être observés que par les Initiés ou par une personne qu’un Initié a adombrée1 dans un but précis.
Ceux qui étudient la phosphorescence, dans l’océan, les champignons et les endroits chauds et humides de la Terre, seront intéressés d’apprendre que les micro-organismes auxquels on attribue cette lumière transportent de l’énergie phosphorique, et que leur fonction dans l’économie divine est très importante.
C’est l’eau vitalisée par le feu – la chaleur – qui fait passer la vie organique dans une forme physique. Si étrange que cela puisse paraître, ces micro-organismes et d’autres fournissent à l’être humain les véhicules de ses forces de pensée, c’est-à-dire la matière grise du cerveau et des nerfs.
C’est dans l’eau que les quatre énergies dont nous avons parlé se combinent pour créer les forces, les substances vivantes qui, lorsqu’elles sont libérées et transférées à l’air, participent à la formation de la matière grise dans l’homme, les plantes et les animaux – le cerveau et la substance nerveuse – dans des concentrations diverses. Cette matière grise constitue le véhicule de transmission de toutes les forces de la pensée.
L’incarnation des « Fils de la Raison » dans les hommes sans intellect ne s’est pas terminée avec leur première incarnation. Ils se réincarnent constamment, sous la forme de ces micro-organismes à vie très brève.
Si on comprenait mieux les principes de chimie, et qu’on les appliquait à l’étude de tous les phénomènes naturels, on pénétrerait des secrets merveilleux. Mais les grands secrets de la nature sont cachés à la majorité des gens, parce qu’ils sont paresseux et par conséquent ignorants.
1 N.D.É. Ce terme définit l’utilisation temporaire d’un être humain par un Maître. Cette possession pour le bien est toujours le résultat d’une offre volontaire par l’être humain. Il s’agit de la descente d’un pouvoir céleste un peu au sens du charisme des apôtres.
HILARION - Temple 1 - Leçon 122


