LE MYSTÈRE DE LA RÉSURRECTION

Ce n’est que maintenant, à l’époque actuelle, que le grand mystère de la résurrection a été interprété. Tous les rites religieux mystérieux, comme par exemple ceux des Égyptiens concernant les morts, sont dus à une interprétation imparfaite de révélations antérieures.

L’interprétation théosophique est la seule qui ne soit pas en conflit avec la science et la raison. Toute la vie change et ne connaît pas la mort.

Le fondement de la vie manifestée est l’esprit – l’âme – et l’Âme universelle, de laquelle nous sommes des émanations. Cette dernière est une substance d’un niveau vibratoire si élevé qu’elle n’est jamais immobile ; elle se trouve dans un état de perpétuel changement.

Ce n’est que lorsqu’une partie de l’Âme universelle est retenue par le principe de la forme qu’elle peut être confinée, même temporairement. Pour la confiner, la Nature ou Dieu a construit quatre enveloppes – instruments ou corps – dans lesquelles chaque division – chaque cellule, en quelque sorte, de cette matière de l’Esprit – peut être temporairement contenue et où elle peut opérer sous la direction de l’Esprit de Dieu qui est la source fondamentale de l’Esprit universel.

À mesure que chacune des enveloppes – ou corps – vieillit ou est perturbé et désintégré, les enveloppes restantes demeurent intactes sur leurs divers plans d’expression : astral, astral supérieur et spirituel. Et lorsque la conscience – l’esprit – d’une personne qui opère sur le plan physique est élevée par la vision, la transe ou le sommeil, elle est consciente sur le plan où sa propre enveloppe astrale, aussi bien que celle des morts, agit alors, et elle peut prendre contact avec ces derniers exactement comme elle prendrait contact avec l’environnement physique sur ce plan.

Si la conscience d’une personne décédée est fortement attirée par son propre corps abandonné ainsi que par les conditions physiques qui entourent ce dernier, et que ses amis sur ce plan s’avèrent être dans un état de vision, de transe ou de sommeil, la reconnaissance mutuelle est d’autant plus facile. C’est évidemment ce qui s’est produit avec Jésus et ses amis après sa crucifixion.

Si vous réfléchissez à l’état d’esprit de Marie Madeleine, de Jean, de Pierre et des disciples rassemblés dans la chambre haute lorsque Jésus est apparu, il est facile d’imaginer les maillons manquants de l’enchaînement des événements.

Tout d’abord, ils étaient dans un état de grande expectative. Jésus leur avait appris avant sa mort la valeur du silence, de la concentration et l’évocation de l’Esprit – le Soi Supérieur –, et ils devaient naturellement utiliser ce pouvoir en espérant le voir réapparaître, ce qui a créé les conditions exactement justes pour cela.

Comme il était un Maître pleinement développé et qu’il avait la maîtrise absolue de toute la matière qui constituait ses quatre enveloppes, il pouvait construire ou désintégrer à volonté l’une de ces enveloppes à des fins temporaires, apparaître dans ce qui aurait toutes les marques d’un corps comme le nôtre, et vivre dans ce corps aussi longtemps qu’il le désirait. Il était d’abord et avant tout obéissant à son Père – aux lois de la nature et à Dieu –, et comme il pouvait apparaître à ses disciples d’une manière conforme aux lois naturelles auxquelles j’ai fait référence, je ne peux imaginer qu’il ait enfreint ces lois et accompli un miracle en construisant un corps bel et bien physique alors qu’il n’avait aucune raison de le faire.

Ce qu’il a dit à Marie le prouve : « Ne me touche pas, car je ne suis pas encore monté vers mon Père.1 » En d’autres mots, il n’avait pas encore assumé l’enveloppe Nirmanakaya qui lui aurait donné ce privilège.

1 – N.D.É. Évangile de Jean 20 17.

HILARION - Temple 3 - Leçon 416
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