« Avant que l’âme puisse voir, il faut avoir obtenu l’harmonie intérieure et rendu les yeux de chair aveugles à toute illusion.1 »
Toute personne sensitive fait face à une difficulté insurmontable dès qu’elle commence à prendre conscience du fait qu’elle possède la vue et l’ouïe psychiques. Elle est incapable de comprendre l’impossibilité où elle se trouve de transmettre de sa conscience psychique à sa conscience physique tous les mots qu’elle a entendus ou les scènes dont elle a été témoin. Elle peut parfaitement transmettre certaines parties d’une phrase ou certains éléments d’une vision, tandis que d’autres restent indéfinissables. Si elle prend le risque de se faire réveiller soudainement ou si elle a décidé de s’agripper, par un acte très fort de volonté, à ce qu’elle voit ou entend, elle voit son désir contrarié et s’aperçoit que sa vision ou les mots, en tout ou en partie, lui ont échappé. Il est plus probable que ce seront les premiers mots d’une phrase ou d’une scène qui lui échapperont plutôt que l’ensemble. La cause première de cette difficulté réside dans son usage inconscient de la polarité opposée, négative, des forces qui opèrent à ce moment.
Par exemple, la vision ou la parole a été le résultat d’une explosion d’énergie positive – le pouvoir affirmatif –, comme c’est toujours le cas lorsqu’on fait une affirmation directe ou qu’on commet un acte sur quelque plan d’existence que ce soit. Dès l’instant où le pôle négatif de cette énergie – le questionnement et donc le pouvoir de nier – se manifeste dans un sens ou dans l’autre (comme il le fait toujours dès que le mental inférieur s’empare d’un problème ou d’un fait et tente de le résoudre, ou encore lorsqu’un effort concret est consenti), la porte entre le mental supérieur et le mental inférieur est close temporairement.
La force négative du mental inférieur coupe toute possibilité d’établir un pont au-dessus du gouffre entre les deux plans et de ramener la phrase ou la vision perdue, et ce, dans la même mesure que perdure le questionnement ou l’investigation de la phrase ou de la vision chez la personne qui tente de s’en rappeler.
En raison de l’action continuelle du pouvoir cosmique de « réflexion », on observe une inversion parfaite des plans, de toutes les formes d’énergie et de toutes les choses, et cette inversion se produit à ce qu’on pourrait appeler, pour simplifier, la circonférence de chacun d’eux.
Le son ou la vision psychiques peuvent être transmis d’un plan à un autre parce que l’énergie positive de l’un est amenée face à face, pour ainsi dire, avec l’énergie positive de l’autre, et qu’un courant positif continu est ainsi établi. Si le courant négatif d’un plan est appliqué à ce courant positif continu, ou s’il est brisé, une extraordinaire confusion s’ensuit. C’est exactement ce qui se produit dans le cas de la personne sensitive qui tente de se rappeler les paroles ou les éléments d’une vision afin de les exprimer sur le plan physique.
Si le questionnement n’avait eu aucune occasion de se manifester, il n’aurait pas été possible de briser ces réflexions, comme dans le cas de la personne sensitive qui a, à quelque moment, établi une connexion parfaite entre les centres cérébraux, astraux et physiques, permettant ainsi au courant continu mentionné plus haut de s’établir entre son mental inférieur et son mental supérieur. C’est ici que les principes de la « Science Chrétienne » échouent le plus remarquablement à être scientifiques.
Une forme positive d’énergie reste positive, qu’elle que soit le plan où elle agit – spirituel, mental ou physique. Si un courant négatif est appliqué au courant d’une force positive, celui-ci est brisé comme nous le disions plus haut. Lorsque le courant positif entre Dieu (le Créateur) et son univers (sa créature) est interrompu, à un point de contact quelconque, par la dénégation de n’importe quelle partie de cet univers, le pôle inférieur ou négatif du courant détient alors la suprématie.
Lorsque les courants positif et négatif se rencontrent et s’équilibrent, et que le courant neutre s’établit, là se trouve le « lieu de Paix » – la « demeure de la foi et de la non-résistance », le « centre opératoire de la force Blanche de Guérison », le « Christ ».
1 – N.D.É. La voix du silence, H.P. Blavatsky.
HILARION - Temple 3 - Leçon 470


