« Désire le pouvoir avec ardeur1 », et le pouvoir tu dois désirer, vraiment, efforce-toi, car tout comme un guerrier fait de son mieux pour défendre la cause à laquelle il s’est identifié et dans laquelle il est entré avec l’enthousiasme qui naît de la connaissance véritable, ainsi en est-il du fils de l’Humilité né de l’âme. Aucun pouvoir n’est plus grand que celui de l’Humilité, et aucun mot n’a été plus largement mal interprété que ce dernier. Ici encore, comme dans tous les autres cas de manifestation supérieure, il est question de force et de substance2, car l’Humilité est une force.
Dans le monde de la différenciation, l’Humilité reconnaît que même si elle possède la puissance du Tout, elle n’est rien sans ce Tout. Elle ne sous-estime pas son importance ; elle ne surestime pas non plus celle d’autrui. Elle est proche parent de la justice.
Elle dit « Moi et le Père nous sommes un3 » mais, en même temps, elle s’abaisse pour laver les pieds du plus humble des pèlerins qui éprouve de la douleur dans son cheminement sur le Sentier. Elle ne trouve aucun sentiment d’avilissement dans ce geste : les pieds salis sont véritablement les siens, et ils ont simplement besoin d’être lavés. L’acte est accompli dans la pleine conscience du caractère inséparable du Tout.
Jésus était l’exemple le plus parfait de la véritable Humilité que cette étoile sombre4 ait jamais connu. Il n’a jamais perdu de vue sa propre grandeur dans le Père, il n’a jamais déprécié sa propre humanité, mais il comprenait parfaitement qu’il était le serviteur du Tout et qu’un service parfait doit être rendu avec véritable justice.
Dans le Temple de la Vérité, se trouver face à une représentation vivante de la véritable justice est une autre façon de symboliser l’Humilité. Non pas comme l’humanité la représente, par une jeune fille esseulée totalement dépourvue de toute expression faciale, mais plutôt par une personne noble, ni homme ni femme, aux yeux clairs et purs, dont le regard perçant est dominé par un sourcil bien droit, et dont les traits incarnent une détermination et un courage à toute épreuve, seule la bouche trahissant la douceur céleste et l’abnégation du Guerrier de Lumière. Efforcez-vous d’atteindre cet idéal, et ne vous contentez de rien de moins.
Il y a un grand besoin d’Humilité parmi les étudiants de l’occultisme. Il y a un grand danger qui menace chacun de nous. Chaque fois que nous faisons ou croyons faire un pas de plus que nos frères, nous prenons souvent, inconsciemment, un air de supériorité. Sans que nous en ayons conscience, nous transmettons ainsi aux autres l’idée que nous sommes en avance dans une certaine mesure. Même si nous ne devons jamais rabaisser cette connaissance ni nous déprécier nous-mêmes, il reste qu’il nous faut toujours garder à l’esprit que nous ne sommes qu’un atome dans le tout et que, en leur temps, tous les autres atomes atteindront notre position, et qu’ils pourront même nous dépasser dans la course pour nous laisser loin derrière.
1 – N.D.É. La lumière sur le sentier, Note II, no 13 ; Mabel Collins.
2 – N.D.É. Substance : Dans les Enseignements du Temple, le mot « substance » est souvent employé dans le sens de « force ». Les théosophes emploient aussi le mot « substance » dans un sens double, qualifiant la substance de perceptible et d’imperceptible ; et faisant une distinction entre la substance matérielle, la substance psychique et la substance spirituelle, et entre la substance idéale (c’est-à-dire celle existant sur les plans supérieurs) et la substance réelle ou matière existant sur les plans inférieurs. On parle aussi de substance non sujette aux qualités de la matière ; une substance lumineuse et (pour nous) invisible, dont sont formés les corps des Dieux et des plus hauts Dhyânis. Voir Glossaire théosophique, Héléna Blavatsky.
3 – N.D.É. Évangile de Jean 10 30.
4 – N.D.É. La planète Terre.
HILARION - Temple 3 - Leçon 339


