LA VALEUR DES CORRESPONDANCES

Quel que soit leur intérêt de recherche, l’astrologue, l’astronome ou le géologue trouveront amplement de quoi occuper leur temps et leur esprit au cours d’une seule vie, et ce, davantage que beaucoup d’autres chercheurs dans les champs de recherche cosmiques. Cependant, s’ils se limitent à un seul domaine, ils verront leur capacité d’abstraction et de généralisation diminuer graduellement, en d’autres mots, s’atrophier. Pour que ces pouvoirs demeurent entiers, il faut les utiliser constamment. La recherche dans les détails les plus infimes d’un domaine devrait éveiller le désir de fouiller d’autres domaines avec le même souci du détail. Ce n’est qu’en combinant les menus détails des phénomènes de tous les états de matière qui appartiennent à la même octave de vibrations que la forme idéale qui a engendré toute cette classe de phénomènes peut être soumise à l’examen. En perdant la capacité de trouver la cause première, le centre dont découlent tous les détails de toute catégorie de matière, et de se concentrer sur lui, le chercheur devient rigide, inflexible. Il restreint tellement sa nature et sa conception des choses, qu’il devient un simple esclave des détails. Il s’attache par l’énergie d’un effort concentré aux « petites choses » de la vie plutôt qu’aux grandes, mais n’en vient que rarement à examiner les causes principales.

Dans mes exposés, je me suis efforcé de vous aider à éviter ce danger en changeant souvent de point de vue et en vous obligeant à faire porter votre attention sur différents plans et états de conscience. Je ne suis donc pas une ligne de recherche particulière, mais je cherche plutôt à vous donner des grandes lignes, entrecoupées de tracés plus spécifiques, confiant que vous saurez remplir ces grandes lignes par les détails mineurs de vos expériences personnelles. Au bout du compte, cette méthode vous permettra non seulement de comprendre n’importe laquelle des grandes divisions de l’échelle cosmique de la matière, de la force et de la conscience, mais aussi de vous faire une idée globale valide de n’importe laquelle de ces divisions à partir de toute composante mineure de cette division. Vous voyez donc qu’il y avait plus de logique dans mes apparentes divagations que mes critiques voudraient le croire.

Je pourrais par exemple prendre le mot sacré « AUM » et borner mes efforts pendant des mois aux diverses définitions qu’on donne à ce mot ; prendre une des lettres, et remonter dans les archives du temps jusqu’au moment où elle a été prononcée pour la première fois ; vous exposer par le menu toutes les difficultés auxquelles se sont butés ceux qui ont cherché son interprétation correcte. Quand j’aurais terminé ces réflexions, vous ne sauriez rien de plus qu’auparavant sur le vrai pouvoir et la substance véritable de ce mot. Puisque nous parlons de « AUM », je vais continuer à utiliser ce mot à titre d’exemple pour vous donner de brèves indications des principes à l’étude.

Le Mot Sacré symbolise trois des plus grandes formes d’énergie en manifestation, dont les forces supérieures potentielles sont soumises à la volonté de l’homme perfectionné et de Dieu. Plusieurs croient que le pouvoir de ce mot dépend uniquement de la prononciation correcte des lettres elles-mêmes, mais c’est une grande erreur. Ce pouvoir est fondé sur les énergies que les lettres symbolisent, et la prononciation correcte ne fait que déclencher la vibration d’un degré précis de chacune des trois formes d’énergie. Le but et le sens de ces formes d’énergie doivent aussi être clairs dans l’esprit de l’opérateur qui utilise le mot. La lettre « A » symbolise le feu (la flamme), la lettre « U », la chaleur, et la lettre « M », l’eau. La légende veut que le premier son, symbolisé par la lettre « M », c’est-à-dire l’émission explosive de ce son par le Bâtisseur Cosmique, a convoqué les élémentaux dispersés et a créé la Grande Profondeur – les eaux. Le mouvement ondulatoire communiqué à l’Akasha par l’activité des élémentaux a maintenu ces explosions en réunissant et en combinant l’hydrogène et l’oxygène qui se trouvaient potentiellement dans l’Akasha. Cela a créé le premier déluge ou plans aqueux. En fait, on nous dit que la lettre « M » représente un centre cosmique de manifestation. Chaque fois que nous voyons une goutte d’eau, où que ce soit, songeons qu’elle a été créée par une explosion de gaz, un effort expulsif de la nature. L’eau est le principe de vie féminin et chacun des trois centres de génération qui s’y manifestent est symbolisé par les jambages doubles qui forment le tiers de la lettre « m ». Chacune de ces divisions symbolise l’union des principes masculin et féminin – un équilibre atteint par les actions positives et négatives.

Un des trois centres de génération mentionnés ci-dessus ou toute combinaison de deux crée la couche de fond et contient la forme potentielle de tous les objets et de toutes les créatures de tous les royaumes naturels, depuis une pierre jusqu’à un dieu. Ces formes potentielles constituent l’axe autour duquel s’assemblent les minuscules vies de cristallisation. À l’intérieur de ces axes et autour d’eux évoluent toutes les molécules de plantes, fleurs et fruits, ainsi que le noyau central de toute graine et de tout liquide séminal. Diverses combinaisons de ces trois centres forment le noyau du cerveau, du cœur et des organes de reproduction de l’être humain. Sur les plans subliminaux, où l’action vibratoire de toute substance est augmentée, les propriétés de feu désignées par les deux premières lettres du mot, « A-U », commencent à agir plus puissamment. L’élément aquatique « M » est absorbé par la chaleur « U » précédemment générée par la flamme « A ». Et lorsque les lettres détachées du Mot Sacré se combinent pour former un mot, les principes de la Flamme, de la Chaleur et de l’Eau se combinent dans le noyau d’une chose ou d’un monde. Alors le mot ne se prononce plus « AAA-OOO-MMM » mais « AUM ». L’eau cesse d’être de l’eau : elle est transmutée, élevée comme le corps physique du néophyte est transformé en pilier de feu dans la grande salle d’initiation, ne laissant qu’un groupe d’énergies soumises au contrôle de la volonté, capables d’être condensées et rendues perceptibles aux yeux et aux oreilles physiques tout comme l’hydrogène et l’oxygène peuvent se condenser suite à une explosion et devenir visibles sous forme d’eau. Prenez un bloc de glace, chauffez-le : il se transforme en eau. Augmentez la température, et l’eau se change en vapeur. Appliquez de la pression à la vapeur, et elle devient de l’énergie. C’est d’une façon similaire que le corps physique devient un corps spirituel. Le corps de feu d’un Initié est un ensemble similaire d’énergies. Par un effort de sa volonté purifiée, l’Initié peut condenser et concentrer ces énergies à divers niveaux de vibrations qui correspondent aux plans des phénomènes notés ci-dessus.

Si le chercheur dans le domaine de la cristallisation se satisfait de limiter ses recherches aux seuls aspects matériels du domaine, non seulement son champ de recherche sera-t-il relativement étroit, mais il perdra graduellement son intérêt pour d’autres champs de recherche et deviendra finalement incapable de chercher et de trouver les principes de base de la cristallisation, par ailleurs plus faciles à observer dans les principes fluidiques correspondants. Je répète donc : ne vous satisfaites pas de recherches exclusives dans un seul domaine ; cherchez dans tous les autres royaumes de la nature les correspondances à tout objet ou détail sous examen. En effet, vous ne trouverez jamais le principe de base d’un état de matière ou de substance, dans l’état ou le niveau particulier de substance où il se manifeste de façon plus perceptible aux sens physiques.

HILARION - Temple 1 - Leçon 049
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