Parmi un grand nombre de parchemins et de feuilles de papyrus merveilleusement préparés et enluminés de façon exquise, le travail de génération après génération de disciples, on trouve maintenant dans les chambres secrètes d’un ancien ordre d’Initiés un document qui contient une interprétation complète des « Visions » vues par Jean, « le disciple bien-aimé », lorsqu’il a subi sa dernière initiation, en préparation à sa transition.
C’est avec sagesse qu’on a appelé ces visions « Révélations », mais elles ne sont des révélations que pour les Initiés, parce qu’il n’est rien, dans les archives de la littérature philosophique et sacrée, qui se compare avec ces anciens travaux en valeur ésotérique, rien qui soit si fiable et si vitalement important pour la race humaine dans son ensemble. Leurs lumières à moitié révélées, leurs ombres profondes – les effets d’une justice administrée de façon sévère – sont assez marquées pour illuminer suffisamment l’étudiant intuitif afin d’éveiller chez lui la recherche nécessaire, alors que les vérités cachées plus profondément sont suffisamment difficiles pour décourager les chercheurs les plus compétents, à moins que la connaissance spirituelle ne leur ait été accordée, soit par illumination spirituelle, soit par l’effort individuel des « Frères de la compassion » , qui seuls possèdent les clés de cet obscur symbolisme biblique.
Les visions de Jean, bien qu’elles soient exprimées dans un langage relativement différent de celui qu’ont utilisé d’autres personnes qui ont eu des visions semblables, sont les visions que chaque initié des Ordres Anciens de la Prêtrise – les Fils d’Hermès, l’Ordre des Sauveurs de l’humanité, – doit nécessairement voir lorsqu’il atteint le degré de l’illumination totale. Naturellement, chaque initié exprime ses visions et ses expériences dans un langage particulier, en utilisant une terminologie différente des autres, mais les différences sont normalement légères, et ne touchent que des détails mineurs. Les éléments principaux sont toujours identiques.
On peut comprendre facilement qu’il doit y avoir une nécessité vitale pour que les séries d’expériences intérieures dans ces cas demeurent les mêmes, et ceux qui connaissent l’interprétation correcte de ces visions savent que c’est évidemment le cas. En effet, ces visions sont des représentations exactes des derniers événements de tout grand âge de manifestation. Ce ne sont pas seulement les derniers événements d’un âge d’une ou de plusieurs planètes, mais aussi les derniers événements d’un âge encore plus grand, celui de toute une chaîne planétaire – le système solaire auquel ces planètes appartiennent. Tout observateur de cette série de visions applique naturellement les termes avec lesquels il est le plus familier lorsqu’il décrit des éléments de cette grande série. Jean a utilisé les termes qui étaient d’usage courant dans la race à laquelle il appartenait. Mais l’interprétation dont j’ai parlé plus haut, lorsqu’elle est donnée par un Maître, est faite dans un langage universel formé de symboles de couleurs et de formes, et elle est par conséquent facile à lire pour tout chéla avancé de la Grande Loge Blanche. Cependant, je ne veux pas sous-entendre que tous ces chélas peuvent en faire une interprétation correcte sans aide. Aucune de ces visions n’a été aussi régulièrement mal interprétée que celle qui est contenue dans le chapitre 12 de l’Apocalypse. De nombreuses femmes ont cru qu’elle s’appliquait à elles personnellement. La beauté de cette imagerie les a d’abord attirées chacune à son tour, et soit qu’elles aient perçu une partie de l’événement cosmique de l’intérieur, ou qu’elles aient été aveuglées par un désir naturel, ou encore, ce qui est arrivé souvent, poussées par l’ignorance ou la tromperie d’un admirateur ou d’un disciple personnel, elles ont appliqué ces symboles mystiques à leur propre aspiration au pouvoir divin. L’être humain moyen accepte facilement tous les hommages et tous les honneurs qui lui sont offerts, en dépit des efforts de la petite voix calme qui essaie de démontrer à quel point cet hommage est déplacé, ou à quel point le récipiendaire peut en être indigne. Le fait que toutes les femmes sont réellement et en vérité plus profondément préoccupées de la grande réalité qui sous-tend l’aspect superficiel de la mère d’un Christ, et qu’il y a un principe de base qui sous-tend le désir de cette maternité, rend d’autant plus difficile d’ignorer complètement les fausses prétentions des personnes qui s’aveuglent ou qui font une interprétation personnelle de vérités symboliques.
L’éternel féminin est symbolisé par la femme qui est « vêtue du soleil, avec la lune sous ses pieds et une couronne de douze étoiles sur la tête ».
Ce symbole a fréquemment reçu une interprétation astrologique, mais l’astrologue moyen est tellement limité par son manque de connaissance des planètes secrètes et de leur influence, qu’il n’a qu’une compréhension limitée de la grandeur et de l’importance du symbole dans son ensemble. L’éternel féminin – la Grande Mère – est représenté sur le plan terrestre par l’Astarté et l’Isis des anciens, par la Vierge Marie de l’époque chrétienne, et relativement par toutes les femmes incarnées qui ont eu un enfant. C’est l’éternel féminin qui est en réalité « vêtu du soleil » – le Père – comme Marie a été « couverte par l’Esprit saint », l’esprit de la Divinité, le Père. La lune, le symbole féminin, se trouve « sous les pieds de la femme », parce que la lune symbolise l’aspect inférieur, le travail de l’accouchement, et les forces maléfiques qui trompent et intoxiquent les femmes et leur causent de grandes souffrances – elles qui représentent l’aspect négatif de la vie. En atteignant suffisamment de puissance de nature spirituelle, la femme sera capable de dominer et de transmuter les forces qui l’ont tenue soumise jusque-là, de sorte qu’elle les place « sous ses pieds », car les pieds symbolisent la compréhension.
Les douze étoiles symbolisent les douze forces vitales dominantes de l’univers. Le fruit du travail de la femme sera l’établissement du contrôle sur ces forces – elle les utilisera pour couronner ses efforts. C’est ainsi que la grande loi la compensera pour ses souffrances passées.
Les événements qui se succèdent sont indiqués en détail dans ce même chapitre, et sont aussi vastes, profonds et mystérieux que l’illustration mentionnée ci-dessus. Il faudrait cependant des volumes pour les interpréter tous, et je n’avais l’intention d’illustrer que mon premier énoncé. Si ceux qui se moquent avec autant de mépris de la possibilité de communication entre les divers plans de l’existence pouvaient saisir ne fut-ce qu’un léger concept de l’importance des symboles cosmiques donnés dans des visions aux personnes préparées, ils seraient beaucoup plus riches de connaissances, parce que leurs moqueries ferment la porte à l’illumination qu’ils pourraient recevoir. Il serait bien préférable pour eux d’accepter de faire temporairement confiance à des mensonges plutôt que de se rendre incapables de comprendre la vérité.
Une courte ligne horizontale, et au-dessous de cette ligne, une image de la nouvelle lune avec les pointes vers le haut ; au-dessus de la ligne, le chiffre douze surmonté d’une petite étoile à cinq pointes, et une petite sphère dorée par-dessus le tout – ceci indiquerait à un Initié tout le contenu de ce symbole cosmique comme il a été exprimé avec des mots. Les couleurs des divers éléments des symboles indiqueraient les sphères d’action dans lesquelles la manifestation de la prophétie doit se produire.
L’ignorance profonde et le manque de foi de la grande majorité en tout ce qui concerne le symbolisme empêchent le monde d’obtenir une connaissance et un pouvoir désirables. Les sciences que de nombreux chercheurs s’efforcent d’amener à des normes élevées, au prix de leur vie, de leur argent et de leurs forces, sont toutes clairement décrites dans ces représentations symboliques. Ces mêmes sciences ont été étudiées et amenées à la perfection dans les âges anciens. Elles ont aussi été représentées sous forme symbolique et laissées en héritage pour ceux qui devaient venir plus tard. Mais, d’une façon générale, l’homme d’aujourd’hui n’utilise pas les mêmes moyens de connaissance que les sages d’autrefois. Par conséquent, les symboles ne sont pas interprétés, ou deviennent des objets de ridicule et de mépris, que l’on doit éviter.
Il y a une faiblesse facile à déceler dans l’argument qu’on utilise pour détruire la confiance des gens non préparés à l’observation possible des phénomènes visibles et audibles liés aux plans intérieurs de l’être.
Alors qu’il est connu que les sens sont les moyens de connaissance les moins fiables qui soient, ils constituent pour la majorité des gens les seuls moyens d’observation. Lorsqu’une personne affirme qu’elle a vu ou qu’elle a entendu une chose ou un événement mystérieux ou inconnu jusque-là, et que les déclarations ou les serments de cette personne seraient de toute évidence acceptés sans question si elle était témoin ou juré dans un cas où les vies d’une personne ou d’une douzaine de personnes dépendaient de sa fiabilité et de son intégrité, il semble que ce soit une absurde parodie de justice de répudier et de nier la possibilité même de ces observations dans le premier cas, et de les accepter et de les justifier dans le second, surtout lorsque les seuls moyens d’établir la vérité se trouvent dans le développement supérieur des sens de celui qui doit rendre le jugement.
La malheureuse personne qui exploite systématiquement ce qu’on appelle les qualités les plus fines de la nature humaine pour en tirer un avantage pécuniaire se trouve en réalité exactement au même niveau de développement que l’homme qui présente sous un faux jour ou falsifie les aliments dont dépend la vie d’autres personnes, afin de faire un profit. Ces deux catégories d’offenses sont équivalentes. La faute dans les deux cas est le mauvais usage, la violation de l’essence vitale du Christos. En effet, le noyau de toute forme d’énergie, organisée ou non, physique, mentale ou spirituelle, est le centre, le véhicule de l’essence du Christos, et son mauvais emploi est un péché, quelle que soit la forme de cet emploi. Cette essence est aussi active dans le noyau d’une cellule de blé ou de maïs qu’elle peut l’être dans une cellule qui participe à la formation d’un organe dans le corps physique de l’homme.
HILARION - Temple 1 - Leçon 72


