Bien que la loi karmique soit exacte, son application peut parfois paraître injuste au jugement des hommes. Vous savez que les lois qui gouvernent tous les états de la matière sont dérivées de la grande Loi unique et sont par conséquent inaltérables. Si vous mettez de la glace à la chaleur, elle fond ; si vous mettez un produit inflammable au contact du feu, il brûle.
Si le fonctionnement des lois des plans internes a rendu la substance qui compose tout état de matière, ou toute personne, si raffinée ou si sensible que tout contact avec une force universelle peut désagréger sa forme, l’effet sur cette substance sera proportionnel à l’intensité de la force. Ceci ne contredit pas la vérité de l’action karmique, mais retire des cas isolés de la sphère du karma personnel et les place dans la sphère du karma mondial ou universel.
On pourrait penser que les effets d’une cause mise en action par un Dhyan-Chohan1 aux débuts d’une Ère devraient retomber sur les épaules du seul Dhyan-Chohan. Cependant, aucun être humain ou céleste ne peut souffrir seul, car les races et les individus qui ont émané de ce Dhyan-Chohan (vous et moi, par exemple) seront nécessairement touchés par l’action de ce qu’on peut appeler leur géniteur. Le Dhyan-Chohan doit souffrir les effets de la cause qu’il a mise en action, mais ses souffrances ne seront pas de la même nature que celles des entités moindres qui le composent, car, en tant qu’entité, il n’appartient pas au même niveau de matière que ses émanations.
Certains étudiants de la vie occulte ont accepté l’idée erronée que les Maîtres ne peuvent pas connaître la souffrance. Aussi longtemps qu’un Maître décide de rester dans les plans inférieurs d’existence, il est sujet aux lois qui régissent ces plans. Il peut avoir acquis un grand contrôle des forces à l’œuvre sur ces plans, mais il est tout de même soumis à la loi de toutes les lois – le karma. S’il ne l’était pas, il ne lui serait pas possible de tomber ; et, comme je vous l’ai dit, les chemins de la vie qui montent et ceux qui descendent sont côte à côte. Le Maître peut être capable de protéger son corps des mutilations ou d’éviter la maladie. Il existe d’autres formes de souffrances dont la gravité est proportionnelle à son état et auxquelles il est soumis, qu’il ait lui-même violé la loi, ou qu’elle ait été violée par ceux qu’il aime. Car – ne l’oubliez jamais – aucun homme, ange, ou Dieu n’est au-dessus de la loi d’Amour.
Les étudiants font souvent aussi l’erreur d’oublier qu’il existe différents niveaux de maîtrise. Un Maître de niveau supérieur ne peut pas souffrir d’aucune maladie connue de l’homme. Mais la maladie comme concept a des correspondances dans les plans élevés, et le Maître est sujet à cette correspondance potentielle s’il a violé une loi qui peut agir sur lui, et l’intensité de sa punition, c’est-à-dire de la souffrance qu’il subit, correspond au degré de maîtrise qu’il a atteint.
On a dit dans des enseignements précédents que les Maîtres sont au-delà de la souffrance. On aurait dû dire plutôt qu’ils sont au-delà « de la manière de souffrir que l’homme peut connaître ou que l’homme est capable de supporter ».
1 – N.D.É. Dhyan-Chohans : Esprits Planétaires, Seigneurs de Lumière. Les Maîtres les plus élevés, qui guident l’évolution de l’univers.
HILARION - Temple 1 - Leçon 15


