À ceux d’entre vous qui ont, depuis les tous débuts, étudié les indications transmises par H.P.B. dans les enseignements ésotériques, tout ce que j’ai à dire actuellement semblera être une répétition, tout comme beaucoup de ce à quoi je me référerai à mesure que nous avancerons. Ceci est inévitable, puisque j’ai seulement entrepris de développer ces enseignements et d’en exclure, si possible, certaines fausses conceptions, tout en permettant à la lumière de passer à travers le prisme mentionné avec un peu plus de puissance. La loi immuable mentionnée dans le premier des enseignements ésotériques est la loi qui gouverne et contrôle l’action du « Feu créateur » : la loi d’Affinité. S’il s’en trouve parmi vous qui n’ont pas encore appris que chaque organe du corps humain possède un équivalent parfait sur les six autres plans de l’être et que dans l’enseignement ésotérique certaines parties du corps que le monde a appris à regarder avec mépris sont considérées comme très saintes, parce que c’est par leur intermédiaire que le « Feu créateur » doit se manifester, alors nous devons les avertir d’abandonner cette étude immédiatement s’ils sont incapables de manifester des intentions pures et un jugement impartial. En effet, même une étude superficielle de cette question va nécessairement éveiller des impulsions inférieures de la nature et mettre en action chaque défaut caché ou trait de caractère contraire au pôle opposé – la vertu. En même temps, cela éveillera le ferment caché du bien, et les aspects de ce dernier qui peuvent être restés cachés pendant des siècles seront également touchés par ce « Feu créateur » et entreront soudain en activité.
Selon les étudiants de l’occultisme qui ne sont pas familiers avec ce que les Églises orthodoxes appellent d’ordinaire la « conversion », l’action de cette grande énergie est censée être limitée à l’occultisme au sens que ces derniers donnent à ce terme. Mais c’est simplement parce qu’ils n’ont pas pleinement compris le mot et qu’ils l’ont confiné à un certain aspect de l’énergie enseigné par les anciens en Orient. Le mot « occultisme » est en fait un terme général et il inclut toute étude des sciences secrètes de la vie, où qu’elles soient enseignées et peu importe qui les enseigne.
En utilisant le mot « conversion » en rapport avec un individu, je ne fais pas référence à ces personnes qui s’auto-illusionnent et qui ont été hypnotisées par la force d’un enseignant jusqu’à ce que leur nature émotionnelle inférieure ait été mise, de façon passagère, dans une vibration qui disparaît aussitôt que l’individu a quitté la sphère d’influence de l’hypnotiseur, mais je fais référence à ceux qui ont réellement été touchés par le Pouvoir divin et dont la nature et le cœur tout entiers ont été transportés hors de leurs canaux habituels d’expérience pour entrer dans un courant de vie plus élevé.
Ceux-là se trouvent dans un état semblable à celui du chéla conscient qui s’est engagé et qui a été placé dans une attitude d’élève ou de néophyte par rapport à un Maître de la Grande Loge Blanche. Mais cela n’est vrai que dans la mesure où l’action de ces forces les affecte individuellement et que cette action est soumise à la loi que j’ai mentionnée.
La littérature ésotérique fait souvent allusion aux plans mentionnés plus haut comme à une chaîne de mondes constitués du plan de l’Absolu, du plan des Archétypes, du plan Spirituel, du plan Manasique, du plan Psychique, du plan Astral et du plan des Élémentaux. La description de ces chaînes de mondes a été très mal comprise et mal interprétée. Plusieurs ont cru qu’il y avait « sept globes » séparés, reliés par une chaîne imaginaire. Comme ce sujet est vaste et qu’il est très intimement lié à une autre branche d’étude, nous allons le reléguer à l’arrière-plan pour le moment en nous contentant, en passant, d’affirmer que cette idée est erronée.
En tenant compte de la « loi d’Affinité » – la loi de l’action de l’Affinité sur les organes physiques de l’être humain tel qu’il est maintenant constitué et le danger auquel ce dernier s’expose en agissant comme point focal vers lequel les forces sous le contrôle de cette loi peuvent être attirées – l’homme évoque le « Guerrier » en lui, et la vieille bataille entre les forces contraires de sa propre nature commence. L’une ou l’autre devra gagner. Il devra anéantir sa propre faiblesse, ou plutôt acquérir le pouvoir de maîtriser les forces élémentales qui se tiendront prêtes à le tirer vers le bas, depuis le niveau qu’il aura atteint, aussi élevé soit-il. Ceci, il ne pourra le faire qu’en affrontant sans peur chaque ennemi et en le terrassant avant que ce dernier n’ait eu le temps ou l’occasion de le vaincre.
Question : Quand vous parlez de l’action de la « loi d’Affinité », voulez-vous dire la « fièvre du serment » ?
Réponse : Je veux dire que l’action de la loi provoque ce qu’on a appelé la « fièvre du serment ». Mais cela ne concerne pas seulement le fait de s’engager par serment. Celui qui se convertit véritablement au christianisme dans l’une ou l’autre des différentes Églises d’aujourd’hui est soumis à l’action de cette loi aussi sûrement que peut l’être le novice en occultisme.
Question : Pourquoi utiliser le mot « conversion » ? Qu’est-ce que cela signifie ?
Réponse : Ce n’est pas le seul terme à utiliser. Pour les chrétiens, ce terme signifie « se détourner d’une religion pour entrer dans une autre » ou « quitter la vie du monde pour entrer en religion ». Ce ne sont pas les effets extérieurs de la « conversion » qui apportent les résultats désirés de l’action de la « loi d’Affinité », mais la profonde tristesse du pénitent qui a vu son passé sous l’éclairage du grand péché commis contre Dieu. Ceci provoque une tristesse si profonde en ceux que l’on appelle les vrais convertis que le cœur est grandement touché, ou plutôt qu’il s’ouvre au toucher du Feu divin, et c’est ce Feu qui élève le taux vibratoire de l’homme dans sa totalité. Par conséquent, la « loi d’Affinité » rétablit et active le lien perdu.
Question : Est-ce que cette ouverture du cœur est un état temporaire ou s’il faut maintenir et accroître le repentir ?
Réponse : Non, cela n’est pas bon. Lorsqu’une personne est amenée à un point où, pour un instant, elle fait face à son Soi Supérieur et qu’elle observe la grande dissemblance entre ce Soi Supérieur et le soi inférieur, une grande vague de tristesse la traverse. Elle considère alors avec quelle médiocrité elle a accompli la grande tâche pour laquelle elle avait été envoyée dans le monde. Ensuite, un grand désir de faire mieux l’envahit et, si cette « conversion » était sincère, à partir de ce moment toute sa vie sera changée. Il n’est pas bon de s’appesantir sur les fautes une fois commises. Il faut simplement s’efforcer d’éloigner de soi tout désir de continuer à commettre ces fautes.
HILARION - Temple 3 - Leçon 455


