LA LOI

Vous ne doutez pas que le soleil se lèvera et se couchera – vous ne doutez pas de l’action des lois connues qui causent la naissance et la mort, l’alternance de lumière et d’obscurité, à travers laquelle toute vie infinitésimale dans les domaines minéral, végétal et animal doit passer. Vous connaissez l’action positive et négative de tous les phénomènes électriques. Vous savez que le sommeil doit suivre l’éveil comme la nuit suit le jour. Dans tous les domaines de l’existence physique, vous voyez l’action de deux lois immuables et éternelles qui contrôlent de façon absolue toute chose et toute créature à l’intérieur de votre sphère de conscience. Vous savez que la vie a deux extrêmes, l’action de la loi des opposés. Et, presque aussi bien que vous connaissez l’opération de ces lois dans la vie matérielle et visible, vous savez que ces mêmes lois sont aussi omnipotentes et immuables dans les sphères de vibration supérieure, et vous pouvez suivre leur action à travers ces sphères. Sachant tout cela, pouvez-vous volontairement vous aveugler afin de gratifier la partie sensuelle de votre nature dans tous ses extrêmes ? Lorsque vous vous trouvez face à face à un adversaire dans une discussion concernant les fonctions les plus élevées, les plus saintes de la vie humaine – dont le développement vous a séparé de la création animale – pouvez-vous justifier de vous replonger dans les profondeurs dont vous vous êtes échappé, comme le fait l’homme ou la femme qui rabaisse et rejette la seule protection et la seule sauvegarde possibles pour une race ou une personne qui se tient sur la ligne de division entre le purement animal et le partiellement humain, comme vous devez le faire si vous soutenez ou approuvez la cohabitation immorale des sexes et le rejet de la loi de la monogamie ?

Les lois qui gouvernent les états et les conditions de matière que je viens de mentionner sont les mêmes lois, et elles sont aussi rigides dans leur application aux émotions et aux sens de l’homme qu’elles le sont vis-à-vis de la force ou de la matière de vibration inférieure. Lorsque vous donnez libre cours à l’émotion que l’on appelle ordinairement l’amour, c’est-à-dire le désir sexuel, vous ne pouvez pas plus empêcher l’apparition de son opposé, la haine, que vous pouvez empêcher la nuit de suivre le jour. Et le désir sexuel est aussi différent de l’amour que le rouge est différent du bleu. Si le désir sexuel était identique à l’amour, il n’y aurait pas de réaction, aucune possibilité de satiété lorsqu’on s’efforce de le satisfaire, parce que dans l’amour les deux pôles d’une force ou d’un attribut spirituels s’unissent. Lorsque l’amour est pleinement exprimé par un être humain, l’attraction sexuelle disparaît. Le Seigneur n’a pas de sexe, et n’a pas de préférence pour un sexe ou l’autre.

L’argument utilisé pour soutenir la liberté sexuelle, qui est que les races anciennes n’avaient pas de restrictions concernant l’impulsion sexuelle, et qu’elles étaient par conséquent supérieures à cet égard aux races qui ont suivi, ne montre rien d’autre que de l’ignorance. Si tous les âges passés où on a adhéré strictement à la loi de l’évolution dans le but évident de raffiner les formes grossières de la matière ne devaient aboutir qu’à un retour de ces formes à la situation qu’elles ont quitté en évoluant, tout le processus ne serait qu’une plaisanterie. Autrefois, le raffineur d’argent devait s’asseoir auprès du creuset dans lequel il conservait la masse en fusion jusqu’à ce qu’il puisse voir la réflexion de son visage dans le métal purifié. Le raffineur de l’être humain – la loi de l’évolution qui raffine les formes grossières de la vie conformément à un modèle parfait – doit amener ces formes au point de développement où le modèle est réfléchi dans chaque cellule organique de ces formes – dans toutes les conditions, tous les états, matériel, mental et spirituel, où ces formes remplissent une fonction quelconque. Le feu, c’est-à-dire le stress, les efforts et la souffrance sont les seuls moyens par lesquels la masse – la race humaine – peut être sortie du creuset. La substance physique doit être élevée dans la lumière ou la substance d’une spiritualité plus élevée, où le renoncement à toutes les attaches aux états inférieurs de la substance, les passions, rendra possible la manifestation du raffiné – les formes spirituelles perfectionnées de vie.

Aucun être humain sain d’esprit ne peut manquer de voir la grande nécessité d’un changement dans les méthodes et les résultats des lois actuelles sur le mariage, si l’on veut que la race humaine s’améliore. Mais l’abrogation des lois actuelles sur le mariage ainsi qu’une régression volontaire des idéaux et l’acceptation des lois – ou plutôt de l’absence de lois – qui prévalaient dans les âges antédiluviens, ne pourraient avoir qu’un seul résultat. Les lois qui contrôlent l’évolution des forces élémentales de la belladone ne peuvent pas produire un rosier par les mêmes processus et les mêmes moyens. L’action des mêmes lois peut être nécessaire, mais les processus de croissance et de formation, ainsi que l’énergie et la substance nécessaires, doivent être d’une autre nature. L’humanité ne gagne pas en puissance et en connaissance en reculant, mais en avançant. L’éducation et l’effort concernant la relation du mariage devraient maintenant être dirigés dans la direction de la sélection naturelle correcte et de la monogamie plutôt que de la promiscuité.

Si un bon horticulteur souhaite produire une fleur extraordinairement belle d’une espèce particulière, il obtient les graines ou prend des greffes d’un des meilleurs spécimens de cette plante, et il les combine avec un autre de la même famille, puis il cultive les graines qui en résultent, au degré le plus élevé possible. Lorsqu’il produit finalement la fleur souhaitée, s’il désire perpétuer cette nouvelle variété rare, il fait bien attention à ne pas mélanger ses graines avec les autres, ni à faire de greffes avec les plantes de niveau inférieur qu’il a utilisées pour produire cette fleur parfaite. Un seul acte de cette nature entraînerait une réversion à un type inférieur de la plante qu’il a fait croître à partir d’une graine ou d’une greffe. Les lois qu’il a utilisées pour amener ce chef-d’œuvre à la perfection sont les mêmes lois qui gouvernent la production et la perpétuation d’une catégorie supérieure de vie, l’humanité. Si on veut que l’évolution produise un chef-d’œuvre divin, un homme perfectionné, il ne faut pas laisser un parent éventuel de cet homme idéal retourner dans la nuit des temps de l’humanité, pour aller chercher la graine – l’autre parent – dans une race dégénérée, ou utiliser les méthodes et les conditions qui ont donné naissance à une race inférieure d’hommes. Le futur parent doivent choisir la graine (son conjoint ou sa conjointe) dans le type le plus élevé d’être humain qu’il ou qu’elle est capable de rencontrer, et préparer les meilleures conditions et le meilleur environnement possibles pour la nouvelle vie et la croissance future de cette vie.

Si la force de la plante originale se perd à cause d’une surproduction de fleurs et de graines, ou d’une maladie, l’horticulteur n’utilisera pas ses graines pour faire de nouvelles expériences ou produire des cultures de cette plante. Si l’être humain perd ses forces dans la promiscuité, et dévitalise tellement les cellules qui forment les graines de la vie humaine, uniquement pour gratifier son désir sexuel (désir qui a été originellement implanté dans l’homme pour un seul objectif spécifique, c’est-à-dire la production de descendance), lorsqu’arrivera le temps où lui ou elle rencontrera la seule personne par laquelle et avec laquelle il lui serait possible de faire naître la forme de vie la plus élevée qu’il soit possible de créer pour ces deux personnes combinées, il ou elle sera absolument incapable de fournir la substance, la force et l’énergie magnétique nécessaires qui seules pourraient produire le véhicule ou le corps nécessaire dans lequel une âme perfectionnée en attente pourrait accomplir sa mission divine. Ces deux personnes pourraient créer un nombre incalculable de corps, mais ne pourraient absolument pas créer un corps tel que je viens de décrire. Elles seraient devenues incapables de fournir la fraîcheur, les qualités magnétiques, la force odique1, l’amour pur essentiel à la création de la forme la plus élevée de vie physique. Aucune argumentation, si élaborée qu’elle soit, ne peut, dans le cycle actuel de manifestation, faire de ce qu’on appelle généralement « la liberté sexuelle » autre chose que l’autorisation de gratifier un désir inférieur. Dans une race plus évoluée, on obtiendrait naturellement un degré de liberté plus élevé dans tous les secteurs de la vie. Cela ne ferait pas l’objet d’abus comme ce serait inévitablement le cas actuellement pour la majorité des gens qui en profiteraient. Le vrai mariage suivrait aussi naturellement que le jour suit la nuit lorsque les autres conditions appropriées seraient présentes, et les relations sexuelles immorales seraient aussi rares à ce moment-là que les véritables mariages le sont actuellement.

Je ne veux certainement pas dire que des conjoints hostiles, infidèles et cruels l’un envers l’autre devraient poursuivre un tel mariage. Je plaide pour qu’on consacre plus de soin à la sélection des conjoints, et qu’on utilise tous les moyens naturels par lesquels cette sélection pourrait être faite intelligemment. La majorité des mariages malheureux et non naturels de l’âge actuel sont imputables à de mauvaises conditions planétaires, à des motifs sordides, à un désir sexuel pathologique.

Il est aussi absurdement injuste de critiquer la loi qui demande la monogamie parce que les hommes et les femmes se marient sans préparation et sans être adaptés à cette relation, qu’il le serait de critiquer la loi de la gravitation parce qu’elle ne remplit pas sa fonction lorsqu’on place délibérément une obstruction dans la trajectoire d’un objet qui descend.

Consciemment ou inconsciemment, tout homme intelligent et familier avec les causes et les effets de la désobéissance aux lois gouvernant les forces créatrices, et qui condamne la monogamie et approuve la promiscuité, est poussé par un désir sexuel anormal.

Le niveau de la loi universelle sous lequel l’humanité évolue maintenant est différent de celui qui gouvernait la naissance et l’évolution de l’homme aux âges anciens du cycle actuel. À l’époque ancienne, c’est la loi de différenciation – la séparation – qui dominait, alors que c’est la loi de l’unification – la combinaison – qui est principalement active dans la race actuelle. Le triangle est en train de redevenir une ligne droite, comme il doit l’être dans les derniers moments de tout grand cycle de manifestation. Ceux qui opposent leurs faibles forces et leurs désirs égoïstes à la Volonté et au Pouvoir Divins perdront inévitablement ce combat.

1 N.D.É. Force odique : Nom donné à l’énergie vitale par Carl von Reichenbach, un chercheur des années 1850.

HILARION - Temple 1 - Leçon 86
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