Le sujet fondamental, et qui occupe l’esprit des plus grands penseurs religieux de notre époque, est celui du retour, depuis longtemps annoncé par des prophéties pour un avenir relativement proche, du Maître et Avatar autrefois connu sous le nom de Jésus de Nazareth. La méthode de sa réapparition, la preuve de son identité, l’objectif de sa venue, la possibilité qu’il soit reconnu, et même sa présence physique sur Terre actuellement, tous ces points et un nombre infini de détails mineurs sont largement discutés. Dans presque tous les cas, on en discute à partir de points de vue tellement erronés que celui qui est forcé d’écouter en silence, tout en possédant des données exactes, finit par sentir un besoin pressant de communiquer les bases qui pourraient conduire ses auditeurs à des conclusions plus justes.
Mais celui-là est handicapé à cet égard par sa connaissance de l’action d’une loi spirituelle irrévocable, selon laquelle tout effort qu’il pourrait faire pour transmettre cette connaissance à des personnes non préparées serait totalement futile. Et c’est le rejet de cette loi, et le mépris du karma qui résultera inévitablement d’une désobéissance volontaire à celle-ci, qui sont principalement responsables de la facilité avec laquelle une quantité innombrable de trompeurs et de trompés jettent le discrédit sur le retour de l’Avatar, et en font même une caricature.
On a créé l’expression « conscience cosmique » pour exprimer un état d’élévation spirituelle que la conscience de l’homme peut atteindre dans certaines conditions de développement, et d’où l’âme peut avoir accès à toute connaissance. Dans un effort pour décrire en quelques mots ce qui ne peut pas être décrit, nous pourrions dire que c’est un état dans lequel la conscience de la personne se fusionne avec la conscience de toute chose et de tout être vivant, et où tout sens de séparation est temporairement perdu, alors qu’on conserve en même temps le sens de son individualité. Mais aucun être humain normal des races actuelles de la Terre ne pourrait demeurer lié à son corps physique, et continuer à vivre dans cet état d’exaltation pendant une période mesurable. En conséquence, lorsqu’on atteint cet état de conscience spirituelle, cette expérience ne dure qu’un instant. Elle n’a pas de durée mesurable, car si elle durait, les vibrations rapides de cet état spirituel feraient désintégrer le corps grossier. En conséquence, lorsque quelqu’un prétend avoir atteint un état permanent de « conscience cosmique », soit qu’il mente délibérément, soit qu’il se trompe sur la nature du phénomène qu’il a connu. Si cette expérience était réelle, la connaissance et le pouvoir atteints durant celle-ci auraient été transférés par réflexion à la conscience de son cerveau, et si les cellules de mémoire de son cerveau étaient bien développées, elles auraient enregistré et retenu le souvenir de l’expérience. Mais si, par hasard, son pouvoir était limité par des cellules de mémoire sous-développées ou dégénérées, une ambition personnelle démesurée, ou le désir d’utiliser la connaissance ainsi obtenue pour son avantage personnel, et s’il devait oublier, négliger ou rejeter un détail particulier de la connaissance obtenue au cours de cette expérience – un détail d’une importance infinie – et s’il devait ainsi contribuer à la mauvaise utilisation ou à l’abus de cette connaissance, il plongerait tête première sur le sentier de la main gauche – la voie descendante de la vie. Cette information particulière est la certitude individuelle, fournie par cette expérience, de l’unité de toute vie, et par conséquent de la nécessité d’une soumission entière de sa volonté et de son désir personnels, s’il veut réellement profiter de la connaissance obtenue.
Il ne pourrait jamais par la suite dire en vérité : « Je suis », « Je peux », « Je le ferai », d’un point de vue personnel. Il ne pourrait jamais par la suite chercher les moyens de flatter son orgueil personnel. Il ne pourrait jamais par la suite prétendre posséder personnellement une chose ou une créature. Il lui serait encore moins possible d’aller chez les hommes et se vanter de posséder la « conscience cosmique ». Même le Grand Maître a dû mourir au monde et dans le monde avant d’être « soulevé », c’est-à-dire avant d’atteindre de façon permanente la conscience totalement spirituelle.
S’il est vrai qu’un homme a été élevé ainsi, et qu’il a conservé la connaissance de son unité avec tout ce qui vit, ses proches comprendront cette grande réalité par l’influence de ses actions et de ses paroles, tout comme par ses émanations magnétiques spirituelles. Ils ne l’apprendront jamais de ses lèvres. En effet, s’il a vraiment passé ce test suprême du disciple, même la pensée d’avoir des intérêts distincts, d’être déifié personnellement, constituerait pour lui une torture.
Tout Avatar, tout Sauveur de l’humanité a passé ce test avec succès avant d’atteindre le nirvana.
En connaissant ces faits, vous n’aurez pas d’excuse si vous êtes amené à adorer de « faux dieux » par des gens qui se prétendent eux-mêmes des avatars. En vérité vous êtes heureux si, possédant cette information avant de connaître une expérience de conscience cosmique, vous utilisez cette connaissance pour fortifier votre conscience personnelle de l’Unité, lorsque vous la connaîtrez par expérience. Car en ce cas, vos cellules de mémoire seraient grandement renforcées, et vous ne risqueriez pas tant d’oublier, de nier ou de rejeter ce qui semble réduire votre importance personnelle.
HILARION - Temple 1 - Leçon 139


