LA BOÎTE AUX LETTRES

Question : Est-ce que le Christos est le « Tout divin » en l’homme ?

Réponse : Il est vrai que le « Christos est le Tout divin en l’homme ». Atma, Bouddhi et Manas ont été appelés la « Triade divine ». Atma, la synthèse de tout, contient en lui-même tout ce qui doit se manifester par la Mère (le principe de Bouddhi) en tant que Fils (Manas).

Le mot « Bouddhi » signifie principe de discernement.

Manas signifie le penseur, le principe de classification et d’organisation. Ce penseur peut regarder des deux côtés : dans le plan de l’âme, rassemblant, classifiant et organisant la vérité, et aussi dans le plan des apparences, la réflexion du plan de l’âme réelle ; et il a aussi le pouvoir de classifier et d’organiser à partir de ce plan d’ombres. Ce qu’on appelle « science naturelle » relève de ce domaine de réflexion ou des ombres ; les êtres humains sont actuellement presque perdus dans le brouillard et l’ombre, ne voyant, comme les hommes dans « la caverne de Platon1 », que des ombres sur le mur de la matérialité, et les confondant avec la réalité – réalité qui est en fait harmonie et non discorde.

La naissance sur le plan physique n’est qu’un symbole. L’homme ne naît pas avant que le Christos ne se manifeste à travers lui consciemment en tant que Fils de Dieu, « un » avec toute la manifestation de la « Vie Une ». Pendant qu’il se croit être quelque chose de distinct de ses frères et de toute vie, il est encore en gestation et non né en ce qui concerne l’immortalité individualisée consciente.

Par le principe de Bouddhi, ou le discernement, Manas retourne à Atma dans l’unité consciente.

Question : Lorsqu’un courant électrique traverse un conducteur, passe-t-il à la surface du conducteur ou pénètre-t-il le conducteur ?

Réponse : Selon la science moderne, un courant électrique continu va pénétrer l’ensemble du conducteur, mais un courant alternatif va former une sorte de « peau » à la surface. Plus rapides sont les alternances, plus cette « peau » sera mince. Vous pouvez considérer ceci d’un autre point de vue. Si l’électricité elle-même est un mouvement rapide d’atomes éthériques – tout comme la substance physique consiste en molécules qui vibrent à un taux inférieur –, ce mouvement va susciter des vibrations synchrones dans le cas d’un courant continu ou alternatif lent, et ce synchronisme se manifestera sous forme de « chaleur », mais cette dernière diminuera graduellement à mesure que les vibrations seront plus rapides.

Question : Comment agit un anesthésiant ?

Réponse : Il y a plusieurs sortes d’anesthésiants. Certains se trouvent sous forme de solutions dont la concentration – et donc la force – varie, et ils sont appliqués directement sur les tissus du corps lorsqu’on désire produire un état d’anesthésie locale. Les solutions de cocaïne, etc. sont beaucoup utilisées à cette fin et produisent les effets désirés en paralysant temporairement les fibrilles des nerfs sensoriels du tissu impliqué ou d’une partie spécifique du corps. Les impulsions sensorielles allant vers la conscience à l’intérieur du cerveau et, par conséquent, vers les pieds du soi astral sont ainsi inhibées pour un temps, de sorte que les impressions douloureuses ne sont plus perceptibles. Un état d’anesthésie générale est quelque peu différent. L’éther et le chloroforme sont en général les plus utilisés pour produire cet état. Les vapeurs de ces substances sont inhalées et absorbées dans le courant sanguin en passant par les poumons. Elles sont ainsi portées dans toutes les parties du corps et entrent en contact avec chaque centre nerveux de l’organisme. Le chloroforme s’obtient grâce à l’action du chlore sur l’alcool ; l’éther est fabriqué grâce à l’action de l’acide sulfurique sur l’alcool. En termes chimiques, l’éther est de l’hydrate d’éthyle ; l’éthyle2 est le radical ou la base chimique de l’alcool. Ce radical joue un rôle important dans l’économie de l’univers, car il est le « tattva » (ou principe naturel) conservateur ; et si ce n’était de lui, rien d’organique ni d’inorganique ne pourrait conserver sa forme pendant une durée quelconque. Il est aussi la septième ou ultime division de la matière, et se situe juste sous la substance astrale. On peut dire qu’il est la porte qui relie les plans physique et astral.

Lorsqu’un excès de cette force se déverse dans le corps au moyen de l’éther ou du chloroforme, le corps est sur le moment astralisé, en quelque sorte ; c’est-à-dire que la conscience du corps est transférée au plan astral et est maintenue là ; pendant ce temps, le corps astral n’est plus en contact avec les centres physiques, alors il n’est plus capable de ressentir les vibrations du corps physique. Dans le delirium tremens de l’ivrogne, la conscience est transférée au plan astral à peu près de la même façon, par l’action de l’alcool. Cependant, en général l’ivrogne contacte un sous-plan inférieur de l’astral, là où n’existent que des formes de vie horribles et désagréables. L’ivrogne, dans certains cas, peut y voir des représentations symboliques des conditions dégénérées existant dans son propre corps aurique.

Le corps physique est l’enfant du corps astral, et il y est relié par une qualité de substance exactement analogue au cordon ombilical qui relie la mère et l’enfant et par lequel la force vitale qui nourrit le corps doit circuler. Par conséquent, le corps astral – le véhicule de la force vitale – ne peut pas s’éloigner très loin du corps physique. Il peut « sortir » du physique et parcourir une courte distance, ou plutôt le corps physique peut en sortir pour un moment. Avec le Kama Rupa, c’est la même chose. Ce dernier est le « corps de désir » et c’est une entité spécifique en route vers des états supérieurs, comme le sont toutes les entités. En un sens, le corps physique est aussi l’enfant du corps de désir. Les corps astral et kamarupique sont intimement reliés et aucun des deux ne peut aller très loin du corps physique avant la mort de ce dernier, laquelle signifie en fait la séparation du corps physique d’avec les corps astral et kama-rupique.

1 – N.D.É. Allégorie de la caverne, Platon, République, livre VII.

2 – N.D.É. Éthyle : Radical monovalent formé de carbone et d’hydrogène (C2H5)

HILARION - Temple 3 - Leçon 535
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