L’OBÉISSANCE

Lors de tout cycle messianique, le groupe concomitant de disciples – dont les unités ont franchi la ligne de démarcation entre la conscience spirituelle et la conscience matérielle – présente un plaidoyer au Hiérophante en vue d’obtenir une plus grande liberté d’action dans un ou plusieurs domaines particuliers où les règles sont très rigides. Ce plaidoyer ne vise pas la libération des responsabilités de leur position ni l’exercice du pouvoir psychique.

En général, il s’agit sans exception d’un plaidoyer pour la libération des vœux d’obéissance absolue envers ceux qui détiennent une autorité temporaire dans un domaine donné. Et il y a habituellement tant d’éléments qui semblent justifier leur plaidoyer, d’un point de vue strictement matériel, que l’ingéniosité et la conviction des démons perturbateurs, qui s’efforcent toujours d’élargir le gouffre entre le sentier de la main gauche et celui de la main droite, passent inaperçues.

Aussi souvent que soit présenté ce plaidoyer, aussi souvent il est refusé avec tristesseavec tristesse parce que celui qui doit refuser sait que le plaidoyer n’aurait pas été présenté si le disciple n’avait pas atteint, inconsciemment, un point de son développement où il faut lui imposer encore plus de restrictions, où il faut exiger de lui une obéissance plus stricte et où son avancement dans un degré supérieur dépend de son succès ou de son échec dans cette épreuve.

Disciple après disciple ont échoué dans cette épreuve et continuent d’échouer, car c’est l’épreuve suprême de chaque degré, et le néophyte l’affrontera à la fin de chaque ordre de degré. L’égoïsme, l’ambition et l’assurance sont en général à l’origine de ce plaidoyer, et c’est avec un plumage souillé et des ailes tordues que l’Oiseau du Soi se libère finalement et cherche son nid, une fois la bataille terminée, même dans les cas où la victoire a couronné ses efforts.

Le pouvoir de l’obéissance est difficile à acquérir, aussi simple puisse-t-il sembler paraître au non-initié, mais toutes les autres forces et puissances divines sont inopérantes dans l’âme où l’obéissance ne réside plus.

Presque invariablement, le disciple ne se rend pas compte que sa désobéissance à un ordre précis a tourné la clef qui empêche la réalisation du désir particulier qui l’a amené à désobéir. Désirer intensément est très susceptible d’empêcher la réalisation de ce désir. Par contre, abandonner le désir sur l’autel du sacrifice ouvre la porte que le désir avait fermée et mène à son accomplissement.

La connaissance du fait que l’esprit de rébellion contre l’autorité constituée est entré dans le cœur devrait indiquer au disciple qu’il doit chercher la cause de cette dernière, et si elle concerne l’exécution d’une quelconque partie du plan connu de la Grande Loge Blanche, il peut être sûr qu’il est arrivé à la croisée des chemins, car il ne saurait parvenir à une conclusion qui puisse justifier une rébellion de ce genre à moins que son pouvoir spirituel n’ait été miné. Il sait qu’un plan précis impliquant des millions de ses frères n’aurait jamais pu être établi avec précision, ni la réalisation de ses détails remise entre des mains physiques, s’il avait été possible d’altérer le plan ne serait-ce que de la largeur d’une main.

Malheur à la main qui oserait tenter d’altérer un seul détail !

Malheur à la tête et au cœur qui oseraient planifier une semblable modification ! Le disciple qui s’imagine à l’abri des conséquences de la désobéissance construit son refuge dans le lit d’une ancienne rivière. Les eaux reviendront et engloutiront son refuge et tout ce qui s’y trouve.

Ah ! mais c’est plus qu’étrange qu’un intellect normal puisse être ainsi aveugle à l’Ange de l’Obéissance, et au pouvoir incalculable qu’il détient, alors que les résultats de la désobéissance sont si manifestes dans la vie de tous les humains.

HILARION - Temple 3 - Leçon 404
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