L’HÉRÉDITÉ

Les masses du XIXe siècle ont très peu ou pas du tout de conception de certains des grands champs de la recherche occulte que seules quelques personnes étudieront d’ici la fin de ce siècle. À l’occasion, un esprit peut avoir soupçonné l’existence de ces champs d’étude, mais seulement quelques-uns ici et là ont touché avec compréhension aux secteurs plus distants.

Le domaine de la généalogie est un de ces champs d’étude, et il est lié de près à celui de l’anthropologie. Les mystères qui sont actuellement liés à l’étude de l’atavisme seront résolus dans le siècle prochain, et même l’enfant né de parents criminels ou malades mentaux ne sera plus considéré comme une menace pour la société, tellement les connaissances du corps humain et les méthodes chirurgicales, médicinales et psychologiques par lesquelles un enfant de ce genre peut être amélioré auront progressé.

Tout enseignant d’un homme, d’une femme ou d’un enfant a été extraordinairement surpris devant les résultats insatisfaisants de ses efforts dans le domaine du développement moral et mental, et l’apparition de tendances criminelles qui se manifestent parfois soudainement, après des années de travail et de surveillance constantes, et sans raison apparente.

Dans un grand nombre de ces cas, ces personnes sont considérées comme atteintes de maladie mentale, et on a poussé ce diagnostic jusqu’à les interner dans l’enfer des hôpitaux psychiatriques. En vérité, la cause première de cet état est la croissance anormale d’un ensemble de cellules géantes, qui pressent sur la cellule centrale d’un groupe de cellules qui, dans des conditions normales, constituerait un centre important et très actif du cerveau ou de la moelle épinière. La cause peut aussi être une dépression du crâne à un point important, dépression qui empêche la circulation normale du sang, ce qui entraîne la désintégration du tissu.

Dans d’autres cas encore, l’hypertrophie d’un centre occipital autrefois proéminent chez des animaux n’est pas suffisamment complète pour empêcher sa réapparition dans le corps humain. Il est fort possible qu’un élève ou un disciple dont l’un des parents est ainsi affecté développe soudainement des traits semblables à ces traits animaux disparus depuis longtemps, et provenant de leur ancêtre lointain. Parfois, ce phénomène serait suffisamment prononcé pour entraîner un changement dans la structure du corps ou du visage, le corps serait tordu ou allongé, et un ou plusieurs traits de la tête, des mains ou des pieds pourraient montrer des tendances claires à la dégénérescence.

Un professeur sage, en choisissant ses élèves pour un domaine particulier de connaissances générales, ou un professeur d’occultisme, serait bien avisé d’examiner attentivement le corps de ceux qui veulent devenir ses élèves, et de chercher des signes d’atavisme. Mais ce professeur doit se montrer sage, et ne pas conclure trop vite que parce qu’un organe ou un trait semble anormalement grand ou petit en comparaison des organes ou des traits des autres, il doit y avoir de la dégénérescence. En effet, alors que cela pourrait indiquer la prépondérance ou l’absence d’une qualité particulière normale, il faudrait un examen microscopique des cellules du sang, des os et des tissus pour déterminer ce fait, et il faudrait par conséquent une opération chirurgicale pour atteindre les points qu’il faut examiner.

Mais il y a d’autres moyens de faire cet examen, et les spécialistes trouveront et utiliseront plus tard ces méthodes.

Même maintenant, il est possible d’avancer assez loin dans ce domaine en utilisant des processus psychologiques. Si un disciple avancé surveille attentivement ses compagnons pour détecter des signes de dégénérescence, il découvrira qu’il est relativement facile de trouver ceux-ci lorsqu’on recherche, de façon appropriée, des tendances anormalement mauvaises comme la cruauté, la jalousie, la malice, la haine et toutes les caractéristiques qui appartiennent en réalité à la création animale la plus avide de sang, et indiquent toujours la dégénérescence et la maladie morale et physique. En remontant à partir de ces indications jusqu’aux traits ou aux organes correspondants, et en examinant le sang et les tissus de ceux-ci, il est possible d’obtenir une corroboration. En même temps, on peut découvrir les méthodes de traitement appropriées.

C’est un fait relativement bien établi que le cancer résulte du développement dans l’être humain de tissus embryonnaires qui appartiennent à un ordre de vie inférieur. Ces cellules embryonnaires peuvent rester latentes pendant des années ou des générations, et puis se mettre soudainement à se multiplier et à faire la guerre aux tissus environnants. Ces tissus peuvent avoir appartenu dans le passé au corps d’un poisson ou d’un autre animal à sang froid. La conservation d’une tendance excessive au soupçon peut être indiquée par la présence d’un œil trop grand, et cette tendance peut s’être développée à partir d’une seule cellule héritée d’un ancêtre lointain du royaume animal, par exemple le lynx. Cette seule cellule a augmenté en taille et en pouvoir générateur, s’est multipliée de façon importante, et le groupe de cellules géantes ainsi produit peut contribuer au développement anormal de cet œil.

Pour apporter un remède au mal, détruire la tendance et par conséquent réduire la taille de l’œil, il faut déterminer où se trouvent ces cellules, et les éliminer par des moyens qui ne nuiront en aucune façon au tissu normal qui les entoure, ou aux fonctions de l’œil. Ceci serait très difficile dans le cas d’un adulte, mais comparativement simple dans le cas d’un enfant, quoique toujours dangereux.

On entend souvent parler de l’éradication de tendances de ce genre au moyen de beaucoup d’efforts, de sacrifices, du pouvoir de la volonté ou de la prière, mais ces tendances ne peuvent pas être entièrement éradiquées aussi longtemps qu’une seule cellule du groupe responsable demeure encore active. Notez bien cependant que je ne nie pas la possibilité d’enlever les cellules elles-mêmes par cette méthode – c’est la tendance, ou l’existence active de la qualité mauvaise qui, selon moi, ne peut pas être entièrement enlevée, sans qu’on enlève d’abord l’agent responsable, et ceci peut se faire de deux façons.

Mais quelle que soit la méthode, il y a du danger d’une sorte ou d’une autre si l’opérateur ne sait pas qu’il peut nuire aux tissus ou aux organes environnants.

Le pouvoir de la volonté est une forme de feu plus fine que n’importe quel feu qu’on peut observer sur le plan physique, et la concentration de la volonté sur un organe peut détruire la fonction de l’organe, et dans certains cas détruire l’organe lui-même. Encore ici, on voit qu’il est nécessaire d’obtenir de professeurs compétents l’entraînement approprié dans ce domaine particulier de la connaissance.

HILARION - Temple 1 - Leçon 110
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