Une des erreurs que font bien des étudiants modernes de l’occultisme consiste à établir une distinction entre les lois qui régissent toute vie en manifestation en les divisant en deux catégories : humaines et divines. Toutes les lois gouvernant la constitution, la conservation et la dissociation de toute substance-matière, quel que soit le plan de manifestation, sont des lois divines.
La loi qui gouverne la transformation de l’eau en vapeur est aussi divine que la loi qui sépare l’âme du corps de l’homme. La loi qui gouverne l’action et la réaction du médicament appelé « quinine » sur le sang des victimes de la malaria est aussi divine que la loi qui gouverne la guérison d’autres conditions maladives du corps et de l’esprit par des méthodes mentales ou spirituelles.
Il n’y a pas de lois humaines ou mécaniques au sens le plus élevé du terme. Par son pouvoir d’invention et ses compétences mécaniques, l’homme est capable de tirer avantage des lois divines pour atteindre ses buts. Pourtant, ces mêmes pouvoirs sont les pouvoirs de la Divinité en l’homme, et le succès de ce dernier dans l’un ou l’autre des domaines de la vie dépend de son obéissance implicite aux lois divines qui gouvernent ce domaine. Ces lois sont des lois divines parce qu’elles ont été établies par une Hiérarchie spirituelle d’êtres qui dépassent de très loin le pouvoir actuel de l’humanité de la présente ère à les reconnaître ou à les comprendre – une Hiérarchie d’êtres qui, collectivement, représentent la Divinité. Même s’ils ne sont pas visibles à l’œil humain ni audibles à l’oreille humaine, leurs œuvres – l’action des lois qu’ils ont établies pour le déploiement de l’essence de la vie en une forme organisée – font de leur existence un enchaînement naturel.
Comme les œuvres de cette Hiérarchie divine sont révélatrices de leur service universel sur tous les plans et dans tous les états de la vie, de même les œuvres de l’homme sont révélatrices de son service individuel envers lui-même et envers les autres. À chaque être humain, il a été donné un domaine particulier de travail, pour l’entraînement et l’accomplissement duquel il est le mieux adapté, par sa nature et par son désir. Il importe peu que ce travail soit de diriger une nation, de construire une route ou d’exercer quelque profession ou métier que ce soit ; c’est la tâche que la Divinité lui a attribuée. De manière générale, son agitation, son mécontentement ou sa tendance au crime résultent de sa trahison envers cette tâche, du fait qu’il n’élève pas son travail au point le plus élevé de service et d’efficacité qu’il peut atteindre, et les conséquences sont une perte de tout intérêt. Tout ce qui gêne ses efforts a pour but de le préparer et de l’inciter à relever le niveau et la qualité de son travail, car la perfection est le but ultime de l’âme de l’homme.
En un sens, la même chose est vraie pour les divins Constructeurs de la forme. Tout le mal spirituel qui fait obstacle à leur travail, dans l’exécution des préceptes de la loi divine, les incite à un plus grand effort. Leur travail est dirigé vers le perfectionnement ultime du corps et de l’âme de l’humanité, vers l’établissement des lois de l’évolution – par lesquelles les vies élémentaires enfermées dans la matière grossière atteignent à la conscience de soi – et à leur obéissance.
Dans le présent cycle, de nombreux étudiants de la philosophie et de la science ont tendance à éliminer la croyance en l’existence d’un Être Suprême, d’une Divinité, et à faire entièrement confiance à leur interprétation des lois de l’évolution pour expliquer les phénomènes de la vie et de la nature ; mais ces lois mêmes donnent à l’esprit ouvert et sans préjugé une preuve largement suffisante de l’existence d’un Être Suprême. Par exemple, la loi de l’offre et de la demande, et la loi des contraires – des lois divines – fournissent cette preuve.
Le cri unanime qui, dans les moments de joie extrême ou de peine extrême, s’élève du cœur de chaque être humain afin de s’unir avec Dieu ou être éclairé par Lui – quel que soit l’idéal de Dieu qu’il entretient en son esprit – est une preuve de l’existence d’un Être Suprême qui peut répondre à ce cri et qui, de fait, y répond. Si une personne est parfois incapable d’interpréter correctement la réponse à son appel, cela ne prouve pas le contraire, car si l’appel ne vise pas le bien de cette personne ou de la race à laquelle elle appartient, la réponse peut ne pas être donnée sous la forme désirée ou peut même être retardée pendant un longue période de temps. Il est impossible à l’homme d’exprimer un désir qui ne puisse être exaucé sur un plan donné ou durant une certaine période de la vie.
Il existe une cellule centrale, ou cellule créatrice – ou étincelle de vie –, au cœur de chaque forme de vie manifestée. En l’homme, cette première cellule s’est déployée sur cinq plans de vie. L’intelligence qui guide l’action de cette cellule a créé à partir de ses composantes toutes les cellules inférieures qui, ensemble, évoluent en une forme matérielle organique. Elle a créé la forme au sens où elle a attiré à elle et organisé toute la substance primordiale non organisée requise par cette intelligence directrice pour la manifestation de la forme organisée. La même chose est vraie en ce qui concerne la manifestation de la forme au début de la vie sur les plans physique, éthérique ou spirituel, à chaque grande ère.
En utilisant son intuition divinement inspirée, l’homme devrait être capable de parvenir à une déduction raisonnable et logique concernant la nécessité de l’existence d’une Intelligence suprême, d’un Centre créateur – ou Dieu –, s’il admet les énoncés des sages quant à l’existence d’un centre similaire dans toutes les formes de vie matérielle. Si la cellule créatrice est une nécessité du point de vue purement scientifique et matérialiste, combien plus une Cellule spirituelle créatrice – un Être Suprême – est-elle une nécessité pour l’âme, la partie immatérielle ou spirituelle de l’humanité, et en particulier pour ces âmes qui connaissent et ressentent de façon aiguë le lien qui existe entre Dieu et elles-mêmes – l’unité fondamentale qui existe entre Dieu, et l’âme et l’esprit de l’homme. Dieu est en un sens la Cellule centrale ou Cellule créatrice de l’univers manifesté – le Soleil Spirituel Central.
Nous pouvons penser à l’Absolu comme au pouvoir ou à l’énergie qui a créé la substance primordiale non organisée. Mais ce n’est que lorsque l’intelligence individuelle structurée se saisit de la force vitale inorganisée – le prana –, et la fait entrer dans la forme matérielle, que l’intellect de l’homme est satisfait du caractère raisonnable de la philosophie qui enseigne l’existence d’un Être Suprême au point de séparation entre l’Esprit et la Matière, le point où la substance homogène ou énergie devient matière hétérogène.
HILARION - Temple 2 - Leçon 230


