L’APPEL DE LA RACE

Avez-vous jamais pris la peine de chercher dans le passé de la race ou de la nation à laquelle vous appartenez la division particulière de cette « grande race » que vous appelez votre « race familiale », la lignée spécifique de sang qui sous-tend toutes ces souches qui se manifestent clairement et qui en fait constituent la force de liaison, le lien entre vous, votre famille et votre race ?

Si vous ne l’avez pas fait, ce serait bien que vous le fassiez, car c’est sur les caractéristiques de cette lignée de sang que dépendent maintenant vos décisions lors de chaque période marquante de votre vie. Peu importe comment les circonstances de votre vie ou l’état de toutes les affaires moins importantes de votre vie vous affectent, lorsqu’il faut prendre une décision finale et durable, pour le meilleur ou pour le pire, c’est votre hérédité – tant raciale que familiale – qui va être déterminante au final. Cet état perdurera jusqu’à ce que vous ayez transcendé la question raciale. Elle disparaîtra lorsque vous serez devenu « cosmopolites » dans tous vos principes, vos désirs et vos habitudes ; lorsque l’unique principe d’unité sous-jacent, la souche fondamentale du sang d’une humanité sans race, pour ainsi dire, sera devenu le facteur dominant de votre existence. Chaque âme doit atteindre ce point tôt ou tard, et pour l’atteindre il faut d’abord accepter la vérité que j’ai énoncée, puis par la force de la volonté contrecarrer l’effet de cette hérédité raciale ou familiale en refusant de lui céder, en forçant les décisions en dépit d’elle. Si vous savez que vous allez devoir l’affronter, il est de votre devoir d’être prêt pour son apparition, de faire appel à toute votre raison et toute votre intuition pour résoudre le problème en question, et de prendre votre décision en fonction de la connaissance que vous avez acquise individuellement plutôt que d’y être amené par la coercition des traditions raciales ou familiales.

Un peu de raisonnement clair nous montre que les mots du Maître contiennent une vérité profonde. Nous n’avons qu’à regarder les résultats de certaines décisions prises par les officiers supérieurs de divers États ou nations – ou même simplement regarder ce qui se passe avec nos propres amis et notre parenté – pour percevoir certains aspects de la vérité qui vous est montrée.

En tentant d’écarter les « personnalités », il est parfois difficile d’illustrer les choses suffisamment clairement pour diriger de puissants projecteurs sur un sujet profond et d’en illuminer les détails, mais nous ferons de notre mieux. Prenez par exemple les descendants directs des « pères pèlerins1 », nos ancêtres puritains qui ont émigré en Amérique. La ténacité quant à leurs objectifs, la capacité d’endurance, le sens aigu de la moralité, le mépris de la faiblesse et de l’instabilité caractérisaient les premières races hollandaises et anglaises dont ces émigrés descendaient, et ces traits se retrouvaient aussi de façon caractéristique chez ces derniers. Au cours de la « dégénérescence » des descendants de nos ancêtres immigrants – la présente nation américaine –, nous voyons que les souches héréditaires continuent de tenir bon lorsqu’il s’agit d’une question nationale ou personnelle importante. Il se trouve que si elles sont utilisées pour des désirs purement égoïstes, les qualités mêmes par lesquelles les géniteurs ont ouvert le chemin et fondé une nouvelle terre dans des circonstances si difficiles vont provoquer la destruction de cette nation en tant que race.

Les forces utilisées pour faire face à certaines crises cosmiques ou nationales, forces qui exigent une décision susceptible, par exemple, de provoquer une grande guerre, sont trop puissantes et trop catégoriques dans leur action pour être utilisées lorsqu’il s’agit d’une décision impliquant le succès personnel ou le bien-être d’autres personnes qui appartiennent simplement à une même famille. Elles peuvent perturber, briser ou tuer ceux qui en feraient usage de la sorte.

Dans le cas d’une personne, ce grand pouvoir décisif de la force raciale peut être temporairement caché pendant la plus grande partie de son cycle de vie, mais il y aura nécessairement des périodes durant lesquelles ce pouvoir parlera trop fort pour être ignoré, et cela pourrait survenir à un moment où seront en jeu la vie et les intérêts de tous ceux qui lui sont chers et qui ont le droit d’être protégés et aidés.

Si nous n’avons pas trouvé un nouvel équilibre, c’est-à-dire si nous n’avons pas atteint le point où les exigences raciales pour l’action ou l’inaction, selon le cas, sont assujetties au pouvoir supérieur de la patience et de la tolérance, et maintenues sous sa domination – du fait que l’âme reconnaît le droit des autres –, nous nous trouvons toujours dans les affres de l’ignorance et de l’égoïsme. Jusqu’au moment où nos caractéristiques raciales actuelles, qui sont différentes, se perdront dans les caractéristiques principales de la race à laquelle nous appartenons, nous serons esclaves de notre hérédité. Jusqu’au moment où nous deviendrons « citoyens du monde », au lieu d’appartenir à une toute petite partie du monde, nous serons plus limités que nous ne saurions même l’imaginer présentement, et ce n’est pas une mince tâche que d’atteindre ce point, car cela signifie que chaque fois que nous devrons prendre une décision concernant autrui, nous devrons d’abord considérer les résultats probables de notre action sur les autres et également prendre conscience que nous créons une dette que personne ne pourra payer pour nous si notre décision provoque du mal ou des souffrances. D’un autre côté, si l’impulsion d’une semblable décision peut se fondre dans l’impulsion d’un pouvoir supérieur – un pouvoir au-delà de toute influence raciale –, la décision sera juste. Après tout, cela ne se résume-t-il pas aux paroles de Jésus : « Que ta volonté soit faite et non la mienne. » Laissons la loi et l’amour infinis, plutôt que nos désirs personnels, prendre les décisions vitales pour nous, et épargnons-nous ainsi, de même qu’à tous ceux qui nous sont chers, une souffrance inutile et une ignorance persistante.

1 – N.D.É. Les « pères pèlerins », les pèlerins du Mayflower, sont souvent considérés comme les pères fondateurs des États-Unis d’Amérique. Le Mayflower quitta Plymouth le 6 septembre 1620, pour jeter l’ancre à Cap Cod, sur la côte est de l’Amérique du Nord, le 11 novembre de la même année. Parmi les occupants du bateau se trouvaient 35 pèlerins protestants très pieux, fuyant les persécutions de Jacques Ier et à la recherche d’un lieu pour pratiquer librement leur religion, ainsi que 67 « étrangers ». La plupart des passagers venaient de milieux modestes – petits fermiers, artisans, etc. – et adhéraient aux principes puritains.

HILARION - Temple 3 - Leçon 390
image_pdfEnregistrerimage_printImprimer