Le nom d’Israël est dérivé d’Isaral ou d’Asar, le Dieu Solaire, connu sous les noms de Suryal, Surya, et Sur. Israël signifie « luttant avec Dieu ». Le « soleil se levant sur Jacob-Israël s, est le Dieu-Solaire Isaral, qui féconde la matière ou la terre, représentée par le Jacob féminin. Comme d’habitude, cette allégorie a plusieurs significations cachées dans la Cabale. Esaü, Æsaou et Asu, sont aussi le Soleil. De même que le « Seigneur », Esaü lutte avec Jacob, mais ne sort pas vainqueur du combat. Le Dieu-Solaire lutte premièrement contre lui, et conclut ensuite un pacte avec lui.
« Le soleil se levait, lorsqu’il passa sur Péniel, Jacob boitait de la hanche » (Genèse XXXII. 31) Israël Jacob combattu par son frère Esaü, c’est Samael, et « les noms de Samael sont Azazel et Satan » (l’adversaire).
Si l’on prétend que Moise n’était pas au courant de la philosophie hindoue, et que, par conséquent, il n’a pas pu prendre Siva, le régénérateur et le destructeur, comme modèle pour Jéhovah, nous devons admettre qu’une intuition miraculeuse, internationale pousse chaque nation à choisir pour sa divinité nationale exotérique, le double type que nous retrouvons dans le « Seigneur Dieu » d’Israël. Toutes ces fables parlent par elles-mêmes. Siva, Jéhovah, Osiris, sont, tous, le symbole du principe actif, par excellence, de la nature. Ce sont les forces qui président à la formation ou à la régénérescence de la matière et à sa destruction. Ce sont les types de la Vie et de la Mort, se fécondant et se décomposant sous le flux incessant de l’anima mundi, l’Ame Universelle intellectuelle, l’esprit invisible, mais toujours présent, qui est derrière la corrélation des forces aveugles. Cet esprit, seul, est immuable, et par conséquent, les forces de l’univers, la cause et l’effet, sont toujours en parfaite harmonie avec la Grande Loi Unique et Immuable. La Vie Spirituelle est l’unique principe primordial, là-haut ; la Vie Physique est le principe primordial, ici-bas, mais ils sont Un sous leur double aspect. Lorsque l’Esprit est complètement libéré des entraves de la corrélation et que son essence s’est purifiée au point d’être réunie à sa CAUSE, il peut – mais qui dira s’il le veut en réalité – avoir une lueur de la Vérité Eternelle. Jusqu’à ce moment, ne nous élevons pas d’idoles à notre propre image, et n’acceptons pas les ombres à la place de la Lumière Eternelle.
Le plus grand tort de notre siècle a été de vouloir comparer les mérites relatifs de toutes les anciennes religions, et de tourner en ridicule les doctrines de la Cabale et autres superstitions.
Mais la vérité est plus étrange encore que la fiction ; et cet adage, ancien comme le monde, s’applique parfaitement au cas en question. La « sagesse a des âges archaïques ou la « doctrine secrète » incorporée dans la Cabale Orientale, dont, nous l’avons déjà dit, celle des Rabbins n’est qu’un abrégé, n’est pas morte avec les Philalethéens de la dernière Ecole Eclectique. La Gnose plane encore sur la terre et ses fidèles, bien qu’inconnus, sont nombreux. Les fraternités secrètes de cette catégorie ont été mentionnées avant l’époque de Mackenzie, par plus d’un grand auteur. Si on les a tenues pour des fictions de romanciers, cela n’a fait qu’aider les « frères adeptes » à garder plus aisément leur incognito. Nous en avons personnellement connu quelques-uns, qui avaient vu l’histoire de leurs loges, les communautés dans lesquelles ils vivaient et les merveilleux pouvoirs qu’ils exerçaient depuis de longues années niés et tournés en ridicule par des sceptiques qui ne soupçonnaient pas à qui ils avaient affaire. Quelques-uns de ces frères appartiennent au groupe peu nombreux des « voyageurs ». Jusqu’à la fin de l’heureux règne de Louis-Philippe, les garçons d’hôtel parisiens et les commerçants leur donnaient pompeusement le titre de « nobles étrangers » et on les prenait innocemment pour des « Boyards », des « Hospodars » valacques, des « Nababs » hindous et des « Margraves » hongrois, qui affluaient à la capitale du monde civilisé pour admirer ses monuments et jouir de ses plaisirs. Il y en eut, toutefois, d’assez fous pour croire que la présence de certains mystérieux hôtes à Paris, avait une relation quelconque avec les événements politiques qui eurent lieu par la suite. Ceux-là rappellent, du moins comme de curieuses coïncidences, la Révolution de 1793, le scandale des Mers du Sud, immédiatement après l’arrivée des « nobles étrangers » qui avaient révolutionné Paris plus ou moins longtemps soit par leurs doctrines mystiques, soit par leurs « dons surnaturels ». Les Saint-Germain et les Cagliostro de notre siècle ayant appris d’amères leçons à la suite des diffamations et des persécutions du passé, adoptent aujourd’hui une tactique différente.
Mais nombre de ces fraternités mystiques n’ont rien du tout à faire avec les pays « civilisés », et c’est au sein de leurs communautés ignorées, que se cachent les squelettes du passé. Ces « adeptes », s’ils le voulaient, pourraient revendiquer d’étranges ancêtres, et exhiber des documents authentiques qui fourniraient l’explication de plus d’une page mystérieuse de l’histoire profane et sacrée. Si la clé des écritures hiératiques, et le secret des symbolismes égyptien et hindou avaient été connus des Pères chrétiens, ils n’auraient pas laissé debout un seul monument antique. Et cependant, si nous sommes bien informés – et nous avons la prétention de l’être – il n’en existe pas un seul dans toute l’Egypte, dont les annales secrètes et les hiéroglyphes n’aient pas été soigneusement enregistrés par la caste sacerdotale. Ces annales existent encore aujourd’hui, bien « qu’inexistantes » pour le public en général, et bien que les monuments eux-mêmes aient peut-être à jamais disparu.
Sur quarante-sept tombeaux de rois, près de Gornore, mentionnés par les prêtres égyptiens sur leurs registres sacrés, dix-sept seulement sont connus du public, suivant Diodore de Sicile, qui visita l’emplacement, environ soixante ans avant J.-C. Malgré cette preuve historique, nous affirmons que le nombre entier existe encore à ce jour, et le tombeau royal découvert par Belzoni, dans les montagnes de grès de Biban-el-Melook (Melech ?) n’en est qu’un faible spécimen. Nous ajouterons, en outre, que les Chrétiens arabes, les moines, disséminés dans leurs pauvres couvents désolés, sur les confins du désert de Lybie, connaissent l’existence de ces reliques ignorées. Mais ce sont des Coptes, seuls survivants de la véritable race égyptienne, et les Coptes, d’une nature plus prédominante que celle des moines chrétiens, gardent le silence ; pour quelle raison ? ce n’est pas à nous à le dire. Il y en a qui croient que leur vêtement monacal n’est qu’un masque, et qu’ils ont choisi leur demeure dans ces déserts arides et désolés, entourés de tribus musulmanes, dans un but futur tout spécial d’eux seul connu. Quoi qu’il en soit, les moines grecs de Palestine les tiennent en haute estime ; il court même une rumeur parmi les pèlerins chrétiens de Jérusalem, qui accourent en grand nombre à Pâques au Saint-Sépulcre, que le feu sacré du ciel ne descend jamais aussi miraculeusement que lorsque ces moines du désert sont là pour le faire descendre par leurs prières (86).
« Le royaume des Cieux est violenté, et les impétueux le prennent de force. » Les candidats sont nombreux qui assiègent la porte de ceux qui ont la réputation de connaître le chemin qui conduit aux confréries secrètes. La grande majorité s’en voit refuser l’entrée, et ils s’en vont en interprétant le refus comme une preuve de la non-existence de ces sociétés secrètes. Sur la minorité qui est acceptée, plus des deux tiers échouent aux épreuves. La septième règle des anciennes confréries de Rose-Croix, qui est universelle pour toutes les véritables sociétés secrètes : « On devient un Rose-Croix, on ne le fait pas« , est plus que la généralité des hommes est capable d’endurer.
Mais n’allez pas supposer qu’aucun candidat ayant échoué, osera divulguer au monde même le peu qu’il a appris, ainsi que c’est le cas pour beaucoup de Francs-Maçons. Nul ne sait mieux qu’eux combien il est improbable qu’un néophyte révèle ce qui lui a été communiqué. Ces sociétés continueront à laisser nier leur existence sans dire un mot, jusqu’au jour où elles abandonneront leur réserve et feront voir jusqu’à quel point elles sont maîtresses de la situation.


