ISIS DÉVOILÉE – DEVANT LE VOILE – partie 8

Blavatsky – Isis Dévoilée – Volume 1 – Introduction – DEVANT LE VOILE

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ESPRITS ÉLÉMENTAUX – Les créatures évoluant dans les quatre règnes de la terre, de l’air, du feu et de l’eau, et appelées par les cabalistes : gnomes, sylphes, salamandres et ondines. On peut les appeler les forces de la nature ; ils agissent, soit comme agents serviles des lois générales, soit comme agents employés par les esprits désincarnés, purs ou impurs, et par les adeptes vivants de la magie et de la sorcellerie, pour produire des phénomènes déterminés. Ces êtres ne deviennent jamais des hommes (34).

Sous la désignation générale de fées et de nymphes des bois, ces esprits des éléments apparaissent dans le mythe, la fable, la tradition ou la poésie de toutes les nations anciennes ou modernes. Les noms qu’on leur donne sont légion : péris, devs, djins, sylvains, satyres, faunes, elphes, nains, kohigans, farfadets, kobolds, ondines, dryades, goblins, goules, dames blanches, etc. Ils ont été vus, redoutés, bénis, chassés et invoqués dans toutes les parties du globe et dans tous les temps. Devons-nous donc admettre que tous ceux qui en ont rencontré étaient des hallucinés ?

Ces élémentaux sont, en spiritisme, les principaux agents des esprits désincarnés, mais jamais visibles dans les séances spirites, et ce sont eux qui y produisent tous les phénomènes, sauf les subjectifs.

ESPRITS ÉLÉMENTAIRES – À proprement parler, les âmes désincorporées des hommes dépravés ; ces « âmes » s’étant séparées finalement avant la mort, de leur esprit divin, ont ainsi perdu toute chance d’immortalité. Éliphas Levi et quelques autres Cabalistes ne font guère de distinction entre les esprits élémentaires, qui furent des humains, et les êtres qui peuplent les éléments et sont les forces aveugles de la nature. Séparées de leur corps, les âmes (que l’on nomme aussi « corps astrals »), de personnes purement matérielles sont irrésistiblement attirées vers la terre, où elles ont une existence temporaire et limitée, parmi les éléments en affinité avec leur nature grossière. Pour n’avoir jamais cultivé leur spiritualité pendant leur vie naturelle, mais toujours subordonné celle-ci à ce qui est grossier et matériel, elles sont maintenant impropres à la carrière plus élevée des êtres purs désincarnés, pour lesquels l’atmosphère terrestre est étouffante et méphitique et qui aspirent à la fuir. Après un laps de temps plus ou moins long, ces âmes matérielles se désagrègent et, finalement, se fondent, atome par atome, comme une colonne de nuée, dans les éléments environnants.

ESSÉNIENS – De Asa, le guérisseur, secte juive que Pline dit avoir vécu près de la Mer Morte, « per millia seculorum », pendant des milliers de siècles. Quelques auteurs ont supposé qu’ils étaient des ultra-Pharisiens ; d’autres, qui pourraient être dans le vrai, supposent que ce sont les descendants des Benim Nabim de la Bible et qu’ils étaient des « Kénites » et des Nazarites. Ils avaient beaucoup d’idées et de pratiques bouddhiques ; il est aussi à remarquer que les prêtres de la Grande Mère à Ephèse, de Diane-Bhavani aux nombreuses mamelles, étaient également désignés de la même façon. Eusebe, et, après lui, De Quincey, déclare que ce sont les premiers chrétiens, ce qui est plus que probable. Le titre de « frère » usité dans l’Église primitive était une appellation Essénienne : Ils formaient une fraternité, un koinobion ou communauté, comme celle des premiers convertis. Or, il faut remarquer que, seuls, les Saducéens ou Zadokites, la caste sacerdotale et leurs partisans, ont persécuté les chrétiens. Les Pharisiens étaient généralement scholastiques et doux et prenaient souvent parti pour eux. Jacques le Juste demeura Pharisien jusqu’à sa mort ; par contre, Paul ou Aher était tenu pour schismatique.

ÉVOLUTION – C’est le développement des ordres supérieurs d’animaux issus des inférieurs. La science moderne, dite exacte, s’en tient à une évolution physique unilatérale, évitant prudemment et ignorant l’évolution spirituelle plus élevée, ce qui obligerait nos contemporains à reconnaître la supériorité des philosophes et psychologues anciens. Les sages de l’antiquité, en remontant à l’INCONNAISSABLE, prenaient pour point de départ la première manifestation de l’invisible, l’inévitable, et, par un raisonnement de logique stricte, l’absolue nécessité de l’Etre Créateur, le Démiurge de l’Univers. Pour eux, l’évolution commençait avec le pur esprit, qui, descendant de plus en plus bas, prenait finalement une forme visible et compréhensible, et devenait matière. Arrivés à ce point, ils spéculèrent suivant la méthode de Darwin, mais sur une base bien plus étendue et bien plus large.

Dans le Rig-Veda-Sanhita, le livre le plus ancien du monde (35), auquel les plus prudents des Indianistes et des Sanscritistes assignent une antiquité de deux à trois mille ans avant Jésus-Christ), il est dit dans le premier livre « Hymnes aux Marouts » :

« Le Non-Être et l’Être sont au plus haut des Cieux, dans le lieu de naissance de Daksha, dans le sein d’Aditi. »

« Dans le premier temps des Dieux, l’Être (la Divinité compréhensible) était né du Non-Être (celui que nulle intelligence ne peut comprendre) ; après lui, naquirent les Régions (l’invisible), et d’elles naquit Outtanapada ». « D’Outtanapada naquit la Terre et de la Terre naquirent les Régions (visibles). Daksha naquit d’Aditi, et Aditi de Daksha. »

 (Mandala, 1 soukta 166 et suiv.)

Aditi, c’est l’Infini, et Daksha est daksha-pitarah dont le sens littéral est les pères des dieux, ce que Max Muller et Roth traduisent par les pères de la force, « conservant, possédant et accordant des facultés ». Il est donc facile de constater que « Daksha né d’Aditi et Aditi née de Daksha » signifie ce que les modernes appellent « la corrélation des forces » d’autant plus que nous trouvons les lignes suivantes dans ce passage (traduit par Prof. Muller) :

« Je fais d’Agni la source de tous les êtres, le père des forces »(III, 27, 2). C’est l’idée claire et identique qui prévalait dans les doctrines des Zoroastriens, des Mages et des philosophes de la fin du moyen âge. Agni est dieu du feu, de l’Ether Spirituel, la substance même de l’essence divine du Dieu Invisible présent dans chaque atome de Sa création et appelé par les Rose-croix le « Feu Céleste ». Si seulement nous comparons soigneusement les versets de ce même Mandala dont l’un dit : « Le ciel est votre père, la terre votre mère, Soma votre frère, et Aditi votre sœur » (1, 191, 6), avec l’inscription qui figure sur les Tables d’Émeraude d’Hermès, nous y trouvons la même base de philosophie métaphysique, des doctrines identiques !

« Comme toutes choses furent produites par la médiation d’un seul être, toutes choses dérivèrent de cette seule chose, par adaptation : Son père est le soleil, sa mère est la lune, etc. Sépare la terre du feu, le subtil du grossier. Ce que j’avais à dire sur l’opération du soleil est complété ».

Table d’Émeraude (36)

Le professeur Max Muller voit dans ce Mandala » enfin une sorte de théogonie, quoique remplie de contradictions (37) ». Les alchimistes, cabalistes et adeptes de la philosophie mystique y trouveront un système parfaitement défini de l’évolution dans la Cosmogonie d’un peuple qui vivait des milliers d’années avant notre ère. Ils y trouveront en outre une parfaite identité de pensée, et même de doctrine, avec la philosophie Hermétique et celle aussi de Pythagore et de Platon.

Dans l’Évolution, telle qu’on commence maintenant à la comprendre, on suppose la matière douée d’une tendance à prendre une forme plus élevée – hypothèse clairement exprimée par Manou et les autres philosophes Indous de la plus haute antiquité. L’arbre des philosophes en est une illustration dans le cas de la solution de sels de zinc (38). La controverse engagée entre les partisans de cette école et les Émanationnistes peut être brièvement exposée ainsi : l’Évolutionniste arrête toute recherche aux frontières de l’ « Inconnaissable », l’Émanationniste croit que rien ne peut évoluer, ou, pour être plus clair, il suppose que rien ne peut sortir de la matrice et naître, à moins que ce phénomène n’ait été précédé d’une phase d’involution, ce qui montre que la vie vient d’une puissance spirituelle qui est au dessus de tout.

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