Il n’y a pas de petites choses. Ce qui est petit est grand ; ce qui est grand est petit. « Tous les oiseaux qui volent ont à la patte le fil de l’infini. La germination se complique de l’éclosion d’un météore et du coup de bec de l’hirondelle brisant l’œuf, et elle mène de front la naissance d’un ver de terre et l’avènement de Socrate. Où finit le télescope, le microscope commence. Lequel des deux a la vue la plus grande ? Choisissez. Une moisissure est une pléiade de fleurs ; une nébuleuse est une fourmilière d’étoiles.1 »
Il n’y a aucune hauteur que la pureté ne puisse atteindre, et pour chaque hauteur il y a une profondeur correspondante dans laquelle la pureté peut être perdue. La vie est « une ». Il y a dans ceux que nous haïssons la même vie qu’en ceux que nous aimons. Pourquoi nous haïr nous-mêmes ? « L’électricité de la sympathie universelle, ou l’action et la réaction, imprègne tout, des planètes aux minuscules grains de poussière présents dans un rayon de soleil.2 » Une minuscule graine donne un arbre puissant. Une seule pensée a fait tomber une dynastie. Un point de lumière invisible peut devenir une âme, une race ou un monde d’êtres.
D’un point de vue politique, il n’y a qu’un seul principe, la souveraineté de l’homme sur lui-même. Cette souveraineté du « Soi » sur le « moi » s’appelle « liberté ».
Personne n’est digne de conduire les autres tant qu’il n’a pas appris à se gouverner lui-même, son discours, sa pensée et ses gestes. Lorsque deux souverainetés ou plus s’associent, un État naît qui, s’il est fondé sur des principes éternels, aura l’égalité à sa base et la liberté à son sommet.
L’égalité ne signifie pas couper tous les arbres à hauteur des arbustes, pas plus qu’elle ne désigne une société formée de gros brins d’herbe exigeant d’être reconnus comme arbres : ce ne serait que jalousies de voisinage, chacun dévitalisant l’autre. Le cosmos est construit sur une échelle graduée. Bien qu’il n’ait ni haut ni bas, la planète ne peut pas fonctionner comme un soleil avant d’être un soleil. L’homme à la bêche a en son âme la possibilité de l’artiste, du poète, de l’homme d’État, mais il ne peut pas fonctionner avec ces qualités avant que des millénaires n’aient développé la machinerie de son mental et de sa nature extérieure jusqu’à ce degré d’expression.
La véritable égalité signifie en réalité que toutes les aptitudes doivent avoir chance égale sur le plan civil, que tous les votes doivent avoir poids égal sur le plan politique et que toutes les consciences possèdent des droits égaux sur le plan religieux.
Le « cube » est le symbole de la perfection. Il possède six côtés égaux, et il est le symbole approprié de la force du peuple exprimée dans la Constitution et les lois de l’État. Dessinez un cube sur une surface plane. Les trois faces visibles représentent les trois aspects extérieurs de l’État : l’exécutif, le législatif et le judiciaire. Les trois faces invisibles représentent les forces de Liberté, d’Égalité et de Fraternité – l’âme triple de l’État, sa vie spirituelle, vitale et mentale.
Qui n’est pas aveugle doit voir que les gens ordinaires s’éveillent au fait qu’ils sont l’État. Les ouvriers sont maintenant aussi bien organisés que ceux qui détiennent les capitaux. Le « bœuf » (le travail) et le « lion » (le capital) sont engagés dans une lutte à mort. Mammon est impuissant à sauver les siens. Les grands seigneurs de la finance, exposés aux regards et couverts de honte, sont pris à leurs propres pièges. Diane continue de les pourchasser jusque dans leur tanière ! La gravité de la situation est claire : le jour approche où la propriété nationale et municipale de tous les services publics utilisés en commun par les gens sera un fait au lieu qu’ils soient comme maintenant entre les mains de quelques favorisés.
Le socialisme ! dites-vous ? Et après ? En autant que le principe impliqué soit aussi fondamental que les lois éternelles sur lesquelles l’univers, tout comme l’âme et le corps, est construit. La réalité d’un « Commonwealth » coopératif se dessine devant vous et votre âme ne niera pas sa justice.
1 – N.D.É. Victor Hugo, Les Misérables, Troisième partie, L’idylle rue Plumet et l’épopée rue Saint-Denis, chapitre III, Foliis ac frondibus.
2 – N.D.É. Albert Pike, Morals and Dogma of the Ancient and Accepted Scottish Rite of Freemasonry, page 44).
HILARION - Temple 3 - Leçon 462


