Hérésies chrétiennes primitives et sociétés secrètes – Partie 12

Blavatsky – Isis Dévoilée – Volume 2 – Chapitre VII - Hérésies chrétiennes primitives et sociétés secrètes

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Dans les notes recueillies par un voyageur – dont nous avons mentionné ailleurs l’épisode avec les moines du Mont Athos – nous voyons que, pendant sa jeunesse, Jésus eût de fréquentes relations avec les Esséniens appartenant à l’école Pythagoricienne, et connus sous le nom de Koïnobi. Nous estimons que Renan s’avance trop en affirmant aussi dogmatiquement qu’il le fait, que Jésus ignorait jusqu’aux noms de Bouddha (Gautama), de Zoroastre et de Platon ; « qu’il n’avait jamais lu un livre grec ou bouddhique », bien qu’il eût, en lui, plus d’un élément, qui, à son insu, procédait de la sagesse Bouddhiste, des Parsis et des Grecs (858) ». En cela, il ne fait que concéder un demi-miracle, et laisse autant à la chance et aux coïncidences. C’est un abus de privilège, lorsqu’un auteur, qui prétend donner des faits historiques, tire des déductions appropriées de prémisses hypothétiques, et l’intitule ensuite une biographie – une Vie de Jésus. Renan, pas plus qu’aucun autre compilateur de légendes relatives à l’histoire problématique du prophète Nazaréen, n’a de terrain ferme sur lequel se baser ; on ne peut pas non plus affirmer le contraire, sauf par voie de déduction. Néanmoins, bien que Renan n’ait pas un seul fait à avancer pour prouver que Jésus n’avait jamais étudié les doctrines métaphysiques du Bouddhisme et du Parsisme, ou qu’il ait entendu parler de la philosophie de Platon, ses contradicteurs ont les meilleures raisons pour supposer tout le contraire. Lorsque nous croyons que :

  • toutes ses maximes portent le cachet pythagoricien, quand elles ne sont pas des citations ;
  • que son code d’éthique est du pur Bouddhisme ;
  • que son mode de vie et ses actes sont ceux des Esséniens ; et
  • que sa manière mystique de s’exprimer, ses paraboles, et ses habitudes sont celles d’un initié, soit grec, chaldéen ou mage (car les « Parfaits » qui discouraient de la sagesse occulte appartenaient tous à la même école archaïque, dans le monde entier)

il est difficile de se soustraire à la conclusion logique, qu’il faisait partie du même groupe d’initiés. C’est un pauvre compliment à faire à l’Etre Suprême, que de Lui imposer quatre Evangiles, dans lesquels, contradictoires comme ils le sont souvent, il n’y ait pas une seule phrase, un seul récit, une seule expression particulière qui ne se retrouve dans une doctrine ou une philosophie plus ancienne. Certes, le Tout Puissant – n’était-ce que pour épargner aux générations futures les embarras actuels – aurait pu apporter avec Lui, en sa première et unique incarnation sur la terre, quelque chose d’original, quelque chose qui aurait tracé une ligne de démarcation entre Lui et les nombreux autres dieux païens incarnés, qui, tous, sont nés de vierges, tous ont été des sauveurs, tous ont été tués ou qui se sont sacrifiés pour le bien de l’humanité.

Trop de concessions ont déjà été faites aux côtés émotionnels de l’histoire. Ce dont le monde a besoin est un portrait moins exalté et plus fidèle du personnage, en faveur duquel presque la moitié de la Chrétienté a détrôné le Tout Puissant. Ce n’est pas le savant érudit et célèbre, que nous critiquons au sujet de ce que nous trouvons dans la Vie de Jésus ; nous n’en voulons pas non plus à ses affirmations historiques. Nous ne contestons que quelques affirmations injustifiables et insoutenables que le narrateur émotionnel a laissé échapper dans les pages, autrement fort belles de son ouvrage – une vie échafaudée sur de simples probabilités, de celui, qui accepté comme un personnage historique, a de bien plus grands droits à notre amour et à notre vénération, faillible comme il l’est, malgré toute sa grandeur, que si nous nous le représentons comme un Dieu tout puissant. Ce n’est qu’à ce dernier point de vue que tout esprit révérencieux taxera Jésus d’insuccès.

Malgré le nombre restreint des ouvrages philosophiques encore en existence aujourd’hui, nous n’en finirons pas de présenter de nombreux exemples d’identité entre les maximes pythagoriciennes, hindoues, et les dires du Nouveau Testament. Les preuves ne font pas défaut à cet égard. Ce qu’on voudrait, c’est un public Chrétien qui veuille bien examiner les preuves offertes, et qui serait sans parti pris dans son verdict. Le fanatisme a eu son heure, et a fait le pis qu’il pouvait faire. « Il ne faut pas nous effrayer », dit le professeur Muller, « si nous découvrons des traces de vérité, voire même de vérité Chrétienne, parmi les sages et les législateurs d’autres nations (859). »

Après lecture des aphorismes philosophiques suivants, quel est celui qui croira que Jésus et saint Paul n’avaient pas lu les philosophes Grecs et Hindous ?

MAXIMES DE SEXTUS, LE PYTHAGORICIEN ET AUTRES PAIENS.

VERSETS DU NOUVEAU TESTAMENT (860c).

1- « Ne possédez pas de trésors sinon ces choses que nul ne peut vous ravir (861) ». 1- « Ne vous amassez pas des trésors sur la terre, où la gerse et tout ce qui ronge détruit, et où les voleurs font effraction et dérobent » (Matthieu(), VI, 19).
2- « Il vaut mieux qu’une partie du corps qui contient de la matière purulente et menace d’infecter le tout, soit brûlée, que de continuer ainsi dans un autre état et il vaut aussi mieux qu’un homme dépravé meurt au lieu de vivre (862) ». 2- « Si ta main est pour toi une occasion de chute, coupe-la ; il te vaut mieux entrer manchot dans la vie, que d’avoir deux mains et d’aller dans la Géhenne », etc. (Marc() IX, 43).
3- « Vous avez en vous quelque chose de semblable à Dieu ; par conséquent considérez-vous comme le Temple de Dieu (863) ». 3- « Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? » (I. Corinthiens III, 16).
4- « Le plus grand honneur que vous puissiez faire à Dieu, c’est de connaître et d’imiter sa perfection (864) ». 4- « Afin que vous soyez le fils de votre Père qui est dans les cieux. Soyez, donc, parfaits comme votre Père céleste est parfait » (Matthieu() V, 45-48).
5- « Ce que je ne voudrais pas que les hommes me fassent, je ne désire pas le leur faire » (Analects of Confucius, p 76 ; Voir The Chips, par Max Muller). 5- « Faites aux autres ce que voudriez qu’on vous fît ».
6- « La lune brille même dans la maison du méchant » (Manou). 6- « Car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il répand sa pluie sur les justes et sur les injustes » (Matthieu() V, 45).
7- « On donne à ceux qui donnent ; et il est retenu à ceux qui retiennent » (Ibidem). 7- « Car on donnera à celui qui a ; quant à celui qui n’a pas, on lui ôtera même ce qu’il a » (Matthieu() XIII, 12).
8- Les purs d’esprit seuls, contemplent Dieu » (Ibidem) – est encore aujourd’hui un dicton populaire aux Indes. 8- « Heureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu » (Matthieu() V, 8).
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